Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

04/12/2007

La botte secrète du Roi

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen 

C’est la botte secrète du Roi. Le grand bleu, l’homme aux dents de la chance, Guy Verhofstadt revient dans la lumière le temps du mission qu’il espère express.

 

L’homme est brouillon mais créatif. Mais il n’a plus d’ambition personnelle : comme il le dit lui-même : non merci, j’ai déjà donné pendant plus de huit ans. Il a débuté sa carrière comme flamand très politiquement correct. Entendez très revendicatif sur le plan communautaire. Ses maroquins ministériels divers, et surtout ses deux mandats de Premier ministres l’ont transformé en homme d’Etat capable de se placer au-dessus de la mêlée. Il est sans doute, aujourd’hui celui qui est le mieux placé pour refroidir les esprits échauffés par six mois de guerre des tranchées.

 

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Guy Verhofstadt a déjà fait son analyse de la situation. « Il ne sera pas possible, dit-il, de former un gouvernement stable sans une réforme de l’Etat profonde sérieuse et équilibrée ». Il ne la négociera pas lui-même cette réforme. Mais il va vérifier que chacun a bien compris qu’elle est incontournable et, si c’est le cas, créera les conditions qui permettront de relancer le débat.

 

Avec qui ? Mystère. Mais l’homme est pressé, on devrait rapidement connaître ses préférences : la poursuite de l’orange bleue ou une coalition  inédite.

 

Au passage l’homme en profitera pour obtenir des pouvoirs élargis pour répondre aux urgences nées de la longueur de la crise. Car il reste Premier ministre expédiant les affaires courantes

 

Belle revanche en tous cas pour le grand battu du dernier scrutin. Il remplace son ennemi numéro un en politique : Yves Leterme sorti sans gloire après six mois d’enlisement

03/12/2007

Si Bart De Wever...

Edito

Ciel Radio

par Michel Konen 

 

 

 

 

 

Tout le monde y gagnerait, évidemment, si Bart De Wever, le communautairement sectaire président de l’aile séparatiste du cartel CD&V/NV.A, devenait officiellement le négociateur principal au sein de l’Orange bleue. Voilà qui éviterait de longues séances de nuit et d’inutiles suspenses. Chacun, autour de la table, saurait, tout de suite, sur quoi il y a accord ou non.

Yves Leterme n’est pas, en effet, le leader attendu de sa propre formation politique. Pour la troisième fois Monsieur 800.000 voix s’est fait déshabiller par son parti.

 Au 176ème jour de crise, après bientôt six mois de négociations, le pays se trouve déchiré comme jamais auparavant. Le fossé entre les communautés s’est transformé en abîme. Deux conceptions différentes de l’avenir de l’Etat Belgique s’affrontent.

A l’heure qu’il est et en attendant l’initiative royale de ce lundi, on ne voit pas quelle sortie de crise est possible. Après les exclusives répétées tout au long de week-end, il apparaît néanmoins que l’orange bleue, mathématiquement indispensable dans tous les cas de figure, garde le vent en poupe. Avec quel démineur, formateur, explorateur ou autre réconciliateur pour sortir de l’impasse ? Les libéraux francophones devraient venir à la manœuvre. Mais Reynders est devenu prudent dans ses ambitions et ne tient pas à se faire tirer comme un vulgaire pigeon de haut vol par un CD&V/NV.A revanchard.

Reste l’hypothèse Verhofstadt qui pourrait tenter de recoller la porcelaine, voire prolonger, en l’aménageant, son équipe actuelle en attendant les élections de 2009.

Quelle que soit la manière dont on envisage l’avenir, il ne fait aucun doute qu’un grand chambardement institutionnel est inscrit désormais à l’ordre du jour. C’est à cela que les francophones doivent se préparer prioritairement. Pour l’instant, on est encore loin du compte. Et, dans l’ambiance actuelle, c’est tragique !

02/12/2007

Du fossé à l’abîme

 

édito
La Libre Belgique
O3.12.2007
Par Michel Konen
On attendait un grand capitaine, on a eu droit à un tout petit marin sachant à peine louvoyer. Yves Leterme ne sort pas par la grande porte. En une manœuvre désespérée il a tenté de faire porter à d’autres – à Joëlle Milquet, en particulier – la responsabilité de son échec. S’il en est un qui n’a pas eu de rendez-vous avec l’histoire, c’est bien lui !
C’est une victoire à la Pyrrhus que Monsieur 800 000 voix a obtenue le 10 juin dernier. Trop chèrement payée ! Il a porté sur les fonds baptismaux le cartel CD & V/NV.A. On le croyait patron de cette alliance. Erreur. Le vainqueur, c’est le petit parti nationaliste flamand. Il a tout gagné. Le boss du cartel, c’est Bart De Wever. Sans lui, Leterme n’est rien. Et sans la NV.A le CD & V n’est plus qu’un parti comme les autres : parfaitement contournable. Leterme le sait, De Wever aussi. Raison pour laquelle il peut jouer, à l’envi, à l’irréductible Ménapien : il veut tout. Et tout de suite ! Il sait que le cartel, pour être mathématiquement indispensable, a besoin de lui. Pour lui, c’est maintenant ou jamais : les chrétiens démocrates flamands n’ont pas le choix. Ils doivent suivre ou mourir. De Wever est d’autant plus à l’aise qu’il sait que la défunte Volksunie a essaimé dans l’ensemble des partis démocratiques flamands, y compris Groen, et qu’il trouvera là, en toutes circonstances, des alliés objectifs pour réaliser ses ambitions séparatistes.
Laissons à Leterme le bénéfice de ses déclarations quand il dit qu’il ne veut pas la mort de la Belgique (même si ses prises de position préélectorales – “La Belgique n’est pas une valeur ajoutée” – permettent de douter). Désormais elles importent peu. En six mois, le fossé entre les communautés s’est creusé de manière irrémédiable : aujourd’hui c’est un abîme qui les sépare. De Wever, puisqu’il apparaît désormais clairement qu’il est l’homme qui était à la manœuvre a bien travaillé en vue d’atteindre son but.
Qui sera à la barre demain et pour faire quoi ?
Qui : l’Orange bleue n’est peut-être pas encore blette. Mais de quel crédit dispose-t-elle encore ? Un gouvernement d’union nationale ou une prolongation de l’équipe, aménagée, du gouvernement Verhofstadt ? Pourquoi pas ?
Pour quoi faire ? Répondre aux besoins socio-économiques pressants des citoyens et des entreprises. Négocier au sein d’une large convention un avenir institutionnel tout neuf pour la Belgique. Et pour cette négociation-là, les francophones ne sont pas encore prêts. Hélas !