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05/12/2007

Pas encore unis et déjà divisés

Édito



Mis en ligne le 05/12/2007
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Par Michel Konen


Que leur faudra-t-il donc pour comprendre ? C'est avec des années de retard que les francophones se décident, enfin, à réfléchir à leur avenir dans l'Etat Belgique. Une réflexion menée de longue date par les Flamands. Avec l'efficacité que l'on constate chaque jour depuis six mois.

Hier, donc, a été installé le groupe de travail Wallonie-Bruxelles. Il doit tracer les lignes directrices d'un projet commun des francophones de Bruxelles et de Wallonie. Il s'agit de définir la place des francophones dans un Etat fédéral; la façon de créer une dynamique plus positive en matière économique et sociale et les interdépendances qui peuvent exister entre les francophones de Bruxelles, de Wallonie et de la périphérie; les moyens pour améliorer le fonctionnement de l'espace francophone; les synergies avec la Flandre ou encore la place des francophones en Belgique et dans le monde.

L'ambition de ce groupe n'est pas d'être l'interlocuteur francophone de la Convention appelée à se mettre en place au niveau fédéral. Mais les délégués ne seront pas sourds et aveugles à ce qui se négociera sous les lustres de la Convention fédérale. Pas plus que les Conventionnels francophones ne pourront ignorer les acquis du groupe Wallonie-Bruxelles.

L'agenda sera chargé tant il est vrai qu'à ce jour les compétences des diverses institutions sont éparses, contradictoires, embrouillées, coûteuses et souvent inefficaces. Dans un espace où chaque euro doit être utilisé avec le souci de la plus grande transparence et la volonté de maximiser les effets de chaque dépense, il était plus que temps de porter le fer dans cette jungle politico-administrative.

Il faut le redire ici : le travail qui débute n'est pas, ne doit pas être, une arme contre un adversaire extérieur. Ce doit être l'expression d'une volonté d'un avenir partagé, commun, qui transcende les clivages politiques.

C'est mal parti. La compétition entre libéraux et socialistes pollue déjà les esprits. Cette fois c'est au PS que revient la carte rouge. Le ministre-Président wallon Rudy Demotte n'a rien trouvé de mieux que ce jour pour inviter ses homologues bruxellois et communautaires (une sorte de club exclusif où l'on se retrouve entre disciples de la Charte de Quaregnon) à venir, ce jeudi, discuter de synergies économiques entre Bruxelles et la Wallonie.

Jolie torpille. Le chemin à parcourir est encore long. Surtout dans les esprits !

15:43 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2)

Enseignement : la panne !

Editorial 

Ciel Radio 

 par Michel Konen

 

 

 

Hélas, trois fois hélas ! Pour la troisième fois de suite le Programme pour le suivi des acquis des élèves, l’enquête Pisa, décerne un mauvais bulletin à l’enseignement de la Communauté française de Belgique. Globalement, les élèves francophones se classent loin dans la mauvaise partie du tableau, largement sous la moyenne obtenue dans les 27 pays concernés par cette enquête.

 

Ce n’est pas qu’il n’existe pas de bonnes écoles. Au contraire, le fossé entre les plus forts et les plus faibles est le plus élevé de l’ensemble de l’échantillon.  

 

Depuis des années, les réformes succèdent aux réformes et l’enseignement francophone reste en panne. Contrairement à ce qu’a réussi la Pologne, nous ne parvenons pas à élever le niveau moyen des élèves. Les écoles, les plus faibles accueillent un public d’élèves socio économiquement très défavorisés.

La Flandre, elle, se classe dans le top cinq du classement.

 

On a dit et redit et il faut le répéter sans cesse, que la qualité de l’enseignement est une des conditions sine qua non du redressement économique de la Wallonie et de Bruxelles. Et l’on ne peut que constater que cette évidence n’est pas suffisamment prise en compte. Il faut investir massivement dans les établissements défavorisés, créer de vrais programmes de remédiation, accentuer les efforts sur les cours de base, en finir avec les multiples options au profit de tronc commun plus long, rendre à tous les enseignements, surtout  professionnels, leur dignité.

 

Tout le monde sait cela. Tout le monde le dit. Dans les discours. Dans les actes, on continue à privilégier l’idéologie où les mesures spectacle : le contenu des distributeurs de boisson ou des décrets inscription. Ce n’est pas ainsi que l’on améliorera la situation.

04/12/2007

Les dents de la chance pour la Belgique

Édito

La Libre Belgique


Par Michel Konen

Ironie de l'histoire : le grand vainqueur des élections, Monsieur 800 000 voix, Yves Leterme, se prend une claque magistrale en rendant son tablier de formateur au Roi. Et pendant ce temps, le grand vaincu au soir du 10 juin, le "Numero uno", le "Grand bleu", Guy Verhofstadt est remis en selle par le Palais.

Tout oppose les deux hommes : au style tâcheron et buté de Leterme répond le côté brouillon mais flamboyant et créatif de Verhofstadt.

Un point les unit pourtant : dans son jeune âge politique, Guy Verhofstadt n'était pas moins revendicatif sur le plan communautaire que l'ex-formateur. C'est la fonction ministérielle et même primo ministérielle qui en a fait le "sage" qu'il est aujourd'hui. Autant dire que les crises institutionnelles, il connaît. Bruxelles-Hal-Vilvorde avait d'ailleurs failli lui coûter son gouvernement en 2005.

Revoici donc le "grand Guy", l'homme aux "dents de la chance" à pied d'oeuvre. Sa désignation a été accueillie presqu'avec un "ouf !" de soulagement par l'ensemble des partis. Il est vrai qu'il ne risque pas de gêner par la suite. Il a lui même prévenu qu'il avait beaucoup hésité et qu'il ne tenait pas à repiquer au truc. Il a, de son propre aveu, assez donné au cours des huit années écoulées.

Guy Verhofstadt sera-t-il le magicien tant attendu ? Il a en tout cas de nombreux atouts pour mener à bien une mission qu'il veut "très temporaire et limitée". Mais ambitieuse !

Il situe d'emblée le noeud gordien qu'il faudra trancher : le communautaire. On peut le croire quand il dit "qu'il ne sera pas possible de former un gouvernement stable sans une réforme de l'Etat profonde, sérieuse et équilibrée". Il ne veut pas mener lui-même les discussions mais créer les conditions qui permettront de lancer le débat. C'est exactement sur ce point que Leterme a échoué.

Rusé, Guy Verhofstadt, qui s'ennuie un peu au 16, va aussi tenter d'obtenir un "cadre qui permet de résoudre un certain nombre de problèmes qui dépassent le cadre des affaires courantes". Il cite notamment l'élaboration d'un budget 2008 en équilibre, la mise sur pied d'un plan national de sécurité, répondre à certains problèmes que connaissent les entreprises, répondre à l'inquiétude des citoyens en panne de pouvoir d'achat. Après ça, les autres pourront toujours discuter, lui gouvernera !

Verhostadt, c'est la botte secrète du Roi. Avec sa légendaire baraka, il est capable de gagner ce pari. Et de sortir en beauté. Sur une dernière victoire.