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01/09/2008

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Édito

Par Michel Konen

 

Que ceux qui ont profité des vacances pour décrocher de la saga politique de l'année n'aient aucun regret : ils n'ont rien raté. Les choses sont restées en l'état. Au 21 juillet on n'était nulle part. Eh bien nous en sommes au même point : nulle part !

Le triumvirat des sages après avoir inventé, en juillet, un futur dialogue "interinstitutionnel" qui veut tout dire et ne rien dire est parti en congé et ne reprendra le collier qu'après le 8 septembre. Ils se sont, comme il se doit, montré d'un optimisme de bon aloi, persuadés néanmoins que le grand soir institutionnel n'est pas pour demain. Voilà qui nous promet des moments passionnants pour le premier jour de l'automne, date à laquelle la N-VA tient congrès. Son sémillant leader Bart De Wever a fait le plein d'oxygène dans les Alpes autrichiennes. Et il n'en démord pas : il faut une grande réforme pour cette date. Et le CD&V sera à la fête deux jours plus tard. Lui aussi tient congrès. Sur le même thème. Et Kris Peeters, le président du gouvernement flamand, vient de le répéter sans détour : il faut un dialogue de communauté à communauté. Sans Bruxelles ! Vous ajoutez, en guise de cerise sur le gâteau, les dernières déclarations d'Yves Leterme : "Le cartel c'est mon enfant. Pas question de le sacrifier", et la boucle est bouclée.

Côté francophone, on fait dans les universités d'été. On étudie, quoi ! Le CDH renvoie Peeters au diable vauvert et réclame une priorité pour les "sujets qui intéressent les gens"; le PS itou. Les Ecolo daubent l'action de Leterme Ier et vantent leurs liens avec Groen ! qui, soit dit en passant, n'ont pas permis aux verts de faire des propositions dans le domaine communautaire. Rien donc n'a changé.

Si, pourtant ! Les choses vont encore un peu plus mal encore.

Didier Reynders, ministre des Finances, vient de reconnaître qu'on pouvait faire son deuil de l'équilibre budgétaire pour 2008 : ce qui, à vrai dire,n'étonne pas grand monde mais est, hélas, tragique pour le pays.

L'exceptionnelle inflation qui sévit en Belgique est due, tous les experts sont d'accord là-dessus, à l'absence de gouvernement qui gouverne. La récession qui s'annonce, en l'absence de gouvernement digne de ce nom, pourrait bien avoir des effets surmultipliés chez nous.

Les autres dossiers sont eux aussi en cale sèche. Ils sont de retour ! Et l'avenir s'écrit sous forme de point d'interrogation.

31/08/2008

IRE, une cascade de défaillances

Édito

Mis en ligne le 30/08/2008

Par Michel Konen

Dans n'importe quelle autre industrie l'incident n'aurait sans doute pas fait une ligne dans les journaux : songez donc, une petite fuite de rien du tout. Pas de quoi s'émouvoir, en somme !

Et personne, d'ailleurs ne s'en est ému. Pendant 48 heures, du moins ! Depuis, l'affaire fait couler beaucoup d'encre. Et en fera couler beaucoup encore. Car l'incident s'est produit dans un site qui traite des éléments irradiés, du nucléaire : l'Institut des Radios Eléments de Fleurus (IRE).

Prononcez ces deux mots : "nucléaire" et "incident" et vous provoquez, inévitablement une explosion émotionnelle. Cette industrie, à tort ou à raison, charrie une somme de fantasmes - Hiroshima, Tchernobyl,... - irrationnels. C'est la raison pour laquelle cette industrie est soumise à des contrôles sévères, à des procédures de sécurité rigoureuses. Et, cela va de soi, il convient qu'une transparence totale, de l'industrie et des pouvoirs publics, soit observée à l'égard des citoyens en cas d'incidents. Cela, c'est la théorie !

Le cas de l'IRE nous montre que la pratique peut être, hélas, bien différente. Car ici rien n'a été respecté. Une semaine après que la fuite d'Iode 131 a été détectée, on ne sait toujours quasiment rien : ni l'importance de la fuite, ni ses causes, ni le degré de contamination et c'est un peu au petit bonheur la chance que des mesures prophylactiques ont été prises : ne pas boire l'eau des puits, ne pas boire de lait, ne pas manger de légumes du potager. Le tout dans une sinistre pagaille, chacun agissant, seul, dans son coin.

L'affaire serait risible, à l'image d'un pays qui ne prend jamais rien au sérieux, s'il ne s'agissait ici de santé publique. Et l'on tremble à l'idée de ce qui se serait passé si les cochonneries qui se sont répandues à Fleurus avaient été d'une nature plus virulente.

L'affaire en fait est d'autant plus scandaleuse que l'audit dont nous révélons l'existence (voir en page 4) montre que ce qui s'est produit était en quelque sorte inévitable. Les mesures de sécurité prises par l'IRE étaient inexistantes sur le plan matériel comme sur le plan humain. On y ajoutera des relations personnelles exécrables avec l'Agence fédérale de sécurité nucléaire (AFSN) et vous comprendrez pourquoi l'incident survenu il y a tout juste une semaine a été traité sur base du plus mauvais scénario possible : celui de l'improvisation ! Il est des légèretés qui sont insoutenables !

25/08/2008

Pékin 2008, médaille de plomb

Édito

Par Michel Konen

La flamme s'est éteinte à Pékin.

Les héros de ces jeux sont les sportifs. Au nom de Pierre de Coubertin qui disait : "l'important n'est pas de gagner mais de participer", c'est l'ensemble des compétiteurs, célèbres ou inconnus, qu'il convient de féliciter pour les efforts consentis, durant de longues années souvent, avec ferveur, obstination et abnégation. Ils se sont d'abord battus pour eux-mêmes, contre eux-mêmes. Qu'ils aient remporté une des précieuses médailles ou non, qu'importe au fond. Les uns ont battu des records du monde, d'autres des records nationaux, d'autres leur record personnel et d'autres, enfin, ont fait de leur mieux, tout simplement. Et c'est bien ainsi.

Les stars, Michael Phelps en natation, Usain Bolt en sprint, et chez nous Tia Hellebaut ou Kim Gevaert, Elodie Ouedraogo, Olivia Borlée et Hanna Mariën, parce qu'elles brillent au firmament du sport ont désormais une responsabilité particulière à l'égard de la jeunesse du monde : elles doivent être des exemples. Lourde tâche, comme on sait !

Les Jeux. "Exceptionnels", a dit Jacques Rogge, le président du Comité olympique international. Et, sur le plan de l'organisation et des infrastructures, ils le furent en effet. Sur le plan politique aussi. Dans la Grèce antique déjà, les Jeux étaient l'occasion pour les Cités de montrer, par athlètes interposés, leur puissance. La Chine a fait de même. Elle a affirmé au long de cette quinzaine qu'elle faisait partie du cercle restreint des super-puissances. Mais elle a montré aussi qu'il lui reste bien du chemin à parcourir, pour autant qu'elle en ait envie, avant d'être membre du club des démocraties.

Et nos hommes politiques à nous ? Un brin médiocres ! Aucun ne voulait y aller officiellement. Et puis, finalement c'est une noria ministérielle qui s'est donné rendez-vous sur le périmètre olympique. Une photo avec Tia, Olivia ou les Diablotins, c'est toujours bon à prendre, n'est-ce pas ? Ils auront du moins eu l'occasion de constater - mais c'était déjà le cas à Athènes il y a 4 ans - que le sport en Belgique va mal. Manque de crédits, manque d'infrastructures, manque d'esprit de compétition : notre compatriote Jacques Rogge, Président du CIO, a décerné à nos politiques une médaille de plomb.

Si tous les ministres présents prennent conscience de cette faillite, nous n'aurons pas tout perdu ! Mais le doute est permis. Hélas !