Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

10/12/2007

Il y a urgence pour les francophones

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen



 

 

Malgré les apparences, l'horizon politique tarde à s'éclaircir. Il faudra quelque temps encore pour dégager une vision claire de ce qui est possible et souhaitable.

Certains points paraissent désormais acquis. D'abord, il y aura bel et bien une large réforme des institutions. Ensuite, cette réforme fera partie du programme du gouvernement. Enfin, la future majorité disposera de la majorité des deux-tiers.

Au-delà, il faudrait être cartomancienne pour se risquer à prédire l'avenir tant les scénarios possibles sont nombreux.

Premier casse-tête à résoudre : comment doter le pays, rapidement, d'un gouvernement chargé de gérer les "affaires urgentes". Guy Verhofstadt y travaille. Mais il est difficile, sauf à tordre l'esprit des lois, de le charger de cette mission alors qu'il a perdu les élections.

Si ce n'est Verhofstadt, qui d'autre ? Avec quelle majorité ? Pour quoi faire exactement puisque la négociation institutionnelle risque, elle, de prendre un certain temps, pour ne pas dire un temps certain.

Il faut aussi que les acteurs pansent les plaies après six mois de rudes combats au sein de l'Orange bleue. Et qu'ils repositionnent leurs discours et stratégies. L'exemple le plus frappant est celui du MR. Didier Reynders déclarait au lendemain des élections que mettre les socialistes dans l'opposition était déjà une victoire institutionnelle. Il se réjouissait de pouvoir, enfin, mener une politique socio-économique cohérente. Pas comme du temps de la "violette", ce mariage "contre nature". Aujourd'hui, il n'enterre pas encore l'Orange bleue, lève son veto contre Elio Di Rupo, lance des exclusives contre le CDH en cas de tripartite traditionnelle et déclare vouloir toujours donner la priorité au social et à l'économie. Un exercice de repositionnement qui relève de la haute stratégie électorale.

De toute manière, plus il y aura de partenaires autour de la table et moins, forcément, les axes sociaux et économiques seront forts et nets. De ce côté-là, la bataille est mal engagée.

Une priorité devrait en tout cas retenir les énergies francophones : dessiner d'urgence les contours de la communauté Wallonie-Bruxelles. L'heure n'est plus à tergiverser. Le grand débat communautaire qui s'annonce et la nouvelle Belgique qui en résultera réclament cette vision commune. Il est du devoir des responsables politiques de faire taire leur ego et de mettre leur créativité au service des citoyens auxquels ils prétendent construire un avenir.

Six mois déjà...

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel Konen

 

 

10 juin – 10 décembre : 6 mois tout juste que la Belgique se débrouille sans gouvernement. Six mois et l’on n’ose pas prendre le pari que des éclaircies sont en vue. On vit ici cette notion inventée en Belgique : celle de la « durée raisonnable » à durée indéterminée.

 

Guy Verhofstadt, le sortant, croyait avoir trouvé la voie qui permettrait de doter le pays d’un minimum de gouvernement indispensable. C’est raté. Le CD&V/NV.A veut que le sortant soit sorti et que le poste de « numero uno » abandonne la couleur bleue pour revêtir une tenue orange. Le vainqueur, en Flandre, après tout, c’est lui. D’ailleurs Leterme repointe le bout du nez et revendique le poste.

 

Incontournable Leterme ce week-end : il s’est prononcé pour une large coalition, avec, pourquoi pas, les socialistes, afin de mener une large réforme de nos institutions. Incontournable aussi par ces déclarations qui comparent la RTBF à « Radio Mille Collines »,  la radio génocidaire rwandaise. Une déclaration stupide, injurieuse et vulgaire. Pas seulement une erreur mais une faute qui ne laisse pas d’inquiéter sur la vraie personnalité de Monsieur 800.000 voix. Une déclaration qui a été désavouée par l’ensemble des représentants des partis politiques, y compris flamands.

 

Côté francophone, c’est la bouteille à l’encre. Le MR reste, pour l’heure, le seul à dire qu’il croit encore dans les chances de l’orange bleue et à pratiquer une politique d’exclusive dirigée, cette fois, contre le CDH. Les socialistes sont, soudainement, redevenus fréquentables.

 

A l’aube de négociations institutionnelles qui s’annoncent ardues, Didier Reynders ferait bien d’endosser sa casaque de premier parti francophone et de rassembler autour de lui un front francophone laissé des années durant en déshérence. Jamais le besoin d’une vision commune de l’avenir pour l’espace Wallonie-Bruxelles n’a été aussi nécessaire.

 

 

08/12/2007

Le Leterme nouveau dérape

EDITORIAL

Ciel Radio

Michel KONEN

 

 

Il a  un peu de retard sur le beaujolais, mais, c’est certain, l’Yves Leterme nouveau est arrivé. L’image de lui qu’il a donnée sur les antennes de RTL-TVI ce midi contraste avec celle qui lui collait aux basques depuis sa calamiteuse interview au quotidien français Libération, quelques semaines avant le 10 juin. Depuis, tout avait tourné de travers pour lui avec, en point d’orgue, sa Marseillaise confondue avec la Brabançonne. Sec , cassant, le regard fuyant, Leterme avait raté son opération séduction à l’égard des francophones. Et le fait d’être supporter du Standard de Liège n’y avait rien changé.

 

Un homme nouveau donc, du moins dans l’apparence. Plein d’allant, sûr de lui il a confirmé qu’il restait, fort de ses 800.000 voix, plus que jamais candidat au poste de Premier ministre.

 

Il a définitivement enterré l’orange bleue, rappelant au passage que c’est Reynders qui s’accrochait à une bipartite reléguant les socialistes dans l’opposition. Une défaite personnelle l’échec  après 180 jours de négociations ? Que nenni. Il a même, dit-il, gagné : tout le monde est d’accord aujourd’hui pour entamer le processus qui conduira à une profonde réforme de l’état. Y compris du côté de ceux, francophones, qui ne voulaient pas en entendre parler.

 

Qui est responsable de l’échec ? Leterme ne veut pointer personne du doigt. Un peu tout le monde, sans doute. Avec qui demain ? Pas d’exclusive. En tous cas avec une coalition qui réunit les deux tiers nécessaires et donc, pourquoi pas, avec les socialistes.

 

Bref un Leterme tout revigoré, qui n’entend pas laisser la main à Guy Verhofstadt.

 

Un bémol, et de taille, à cette rentrée en fanfare : Yves Leterme s’est payé un gros, gros dérapage. Il a accusé la RTBF d’être l’équivalent de la sinistre radio rwandaise qui appelait au génocide « Radio mille collines ». La RTBF, crache-t-il est une radiotélévision de propagande au bénéfice de Joëlle Milquet. Allez, on ne nous l’a pas tout à fait changé notre Yves Leterme. Rancunier il peut rester. Car ce jugement est injuste, grossier, injurieux et minable. Puisque Leterme est en veine d’excuses pour ses maladresses passées, il devrait s’excuser aussi pour cette attaque indigne d’un homme qui se veut d’état.