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11/12/2007

Reynders, la dernière carte ?

Ciel Radio

Editorial

par Michel Konen

 

Ainsi donc la mission confiée par le Roi à Guy Verhofstadt serait sur le point d’aboutir. Les prémices d’un accord pour la formation d’un gouvernement transitoire auraient été trouvées.

 

A Guy Verhofstadt le poste de Premier ministre pour les affaires urgentes. A Yves Leterme le poste de Premier ministre définitif vers mars - avril, quand les choses se seront décantées et que la discussion sur la réforme de l’état pourra commencer. Entre janvier et avril 2008 Yves Leterme se contentera d’un poste de ministre des Affaires institutionnelles ou quelque chose d’approchant. Ce serait un gouvernement Verhofstadt - Leterme.

 

La majorité serait composée du CD&V/NV.A et de l’Open VLD au nord et du MR, du PS, du CDH et Ecolo au sud. En tout : 109 voix, soit la majorité des deux tiers recherchée.

 

Sur papier, ça colle. C’est beau. Trop beau même pour être vrai. Ou bien alors on ne nous a pas tout dit. Vu tel quel, l’accord semble avoir été fait sur le dos de Didier Reynders. L’homme qui rêvait d’être roi se retrouverait tout nu. Au terme de six mois de crise durant laquelle il n’a cessé de revendiquer, de brandir son tout nouveau leadership francophone, le président des bleus aurait été déshabillé. Lui qui proclamait que le centre de gravité de la politique avait basculé à droite aurait trébuché dans sa stratégie. Et, humiliation suprême il se retrouverait au pouvoir avec ces socialistes qu’il a matraqué tout au long de la campagne électorale. Et il se résignerait sans plus ? Ce n’est pas son genre. D’ailleurs tous savent que c’est au tour de Didier Reynders d’être mathématiquement indispensable pour une réforme de l’état. Le prix qu’il demanderait alors pour s’associer à la réforme de l’état serait bien trop élevé.

 

La partie de poker n’est pas terminée. Les joueurs en sont toujours à faire monter les enchères et à bluffer. Reynders n’a pas encore joué sa dernière carte.

 

 

Belgique cherche psychanalyste

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

On n'est pas sorti de l'auberge. L'opération commando de Guy Verhofstadt pour obtenir un gouvernement en affaires courantes aux pouvoirs élargis aux affaires urgentes a fait long feu.

Le concept était pourtant suffisamment compliqué et flou pour avoir toutes les chances de passer le cap. Mais, pour une fois, faisant fi des traditions politiques belges qui veulent qu'un compromis soit incompréhensible pour le commun des mortels, les politiques ont décidé de s'en tenir à l'arithmétique sortie des urnes le 10 juin dernier : il s'impose donc que les battus passent la main aux vainqueurs. Il faut comprendre par là que le CD & V/NV.A veut en être et pas pour jouer les utilités.

Le Roi a donc chargé le Premier ministre sortant, et désormais sorti, d'une mission : l'informer sur les possibilités de la mise sur pied rapide d'un gouvernement intérimaire, chargé des affaires urgentes et entamer des négociations qui doivent conduire à une réforme des institutions. Beau Challenge pour le créatif Guy Verhofstadt.

A ce stade, sa mission relève davantage de la psychanalyse que de la science politique. Car si les choses ont évolué - les francophones acceptent de parler réforme de l'état, le CD & V/NV.A se rend compte qu'il faudra une majorité des deux tiers - la situation ne s'en trouve pas simplifiée pour autant.

Jusqu'il y a trois jours les partis, certains plus que d'autres, il est vrai, s'excluaient joyeusement les uns les autres de la future négociation. Le réalisme a fini par prendre le dessus : il s'agit tout de même, que diable, de former un gouvernement jouissant d'une très large majorité. A force de s'exclure ils allaient finir par n'avoir que des hypothèses de gouvernements minoritaires.

Aujourd'hui, ce ne sont plus les partis qui posent problèmes : plus aucune formation n'en exclut une autre. Officiellement du moins. Les réticences portent à présent sur les personnalités.

Pour s'en tenir au côté francophone, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet comptent bien faire payer cash à Didier Reynders l'un la campagne féroce menée à leur égard par les libéraux, l'autre le mépris bleu subi pendant des mois.

Verhofstadt doit confesser tout ce petit monde sur son divan pour voir s'il est possible de faire passer l'intérêt collectif avant la satisfaction des ego personnels.

Un sac de noeuds

CIEL RADIO

EDITORIAL

par Michel Konen

 

 

Même Guy Verhofstadt ne sait plus à quels saints se vouer. Tout paraissait devoir aller vite, pourtant, après l’échec de l’orange bleue. C’est raté. Pas question de faire un gouvernement des affaires urgentes avec les battus du 10 juin !

 

Le Roi, qui n’a plus tellement le choix dans les circonstances actuelles, a cependant confirmé son choix. Il demande à présent au Premier démissionnaire de l’informer sur les possibilités d’un gouvernement transitoire chargé et de lancer les négociations qui doivent aboutir à une réforme de l’état.

 

Et c’est la quadrature du cercle. Si les exclusives sont devenues rares, les positions en présence n’en sont pas moins inconciliables. La manière de dire non est devenues plus subtile : exemple grossier, les socialistes flamands disent oui si ce gouvernement à un programme de gauche. Ce qui veut dire non. Ou le MR ouvert désormais à toute forme de coalition, qui ne dit pas non à un gouvernement d’union nationale à condition que cette formule soit appliquée dans les deux communautés. Ce qui est une manière de refuser la formule puisque le SP.A ne veut pas monter dans un gouvernement. D’ailleurs Didier Reynders veut avant tout parler contenu. Mais avec qui ? Sachant que les accords socioéconomiques conclu sous l’orange bleue seront rendus caducs par l’arrivée de nouveaux partenaires.

 

A cela, il faut ajouter les dissensions personnelles entre les différents acteurs. Il faudra donc encore du temps pour que les esprits se calment, que les rancunes s’estompent.

 

Le cabinet de Guy Verhofstadt prend des allures de cabinet de psychanalyste.

 

Cerise sur le gâteau, le gouvernement transitoire ou intérimaire ou provisoire pourrait bien être du provisoire qui dure, autre spécialité de notre pays. Il faut donc qu’il ait déjà la couleur d’un vrai gouvernement, avec les partenaires définitifs de la réforme de l’état. Joli sac de nœuds mais difficile à démêler dans l’urgence.