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14/12/2007

Nouvelle fausse note en périphérie

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

En adaptant l'adage : "On peut plaisanter de tout mais pas avec tout le monde", on pourrait dire, pour ce qui est de la politique : "On peut voter n'importe quel décret, mais pas à n'importe quel moment".

Et le moment que vient de choisir le Parlement flamand pour voter le décret inspection scolaire dans l'enseignement francophone de la périphérie n'est pas le bon.

Venant après le vote sur la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde en commission de l'Intérieur de la Chambre, venant après la décision du ministre flamand de l'Intérieur de ne pas nommer trois bourgmestres francophones de la périphérie, voilà le Parlement flamand qui impose l'inspection scolaire dans les écoles francophones de la périphérie par l'administration flamande.

Quand bien même les leaders politiques flamands se sont voulus rassurants - à l'exception, évidemment du Vlaams Belang qui propose l'interdiction pure et simple de l'enseignement francophone - la méfiance s'est installée. Et on ne peut manquer de voir dans ce geste à haute valeur symbolique un pas supplémentaire vers la flamandisation totale de la périphérie. Un geste, après bien d'autres, qui n'a, sinon pour but, du moins comme seul effet que de rendre plus désagréable la vie des habitants du cru.

Ce vote laisse, à nouveau, la désagréable impression que là où la Flandre ne veut pas de consensus, elle s'impose par la force. Il est mille manières de multiplier les tracasseries et rendre de plus en plus difficile, voire impossible un enseignement de qualité. Et l'on sait combien les responsables flamands peuvent se montrer tatillons en la matière.

Un seul homme, il faut le dire, Jef Tavernier, de Groen !, a fait entendre une voix discordante. Il n'a pas approuvé le texte parce que le "climat du moment n'est pas serein", a-t-il dit. Et de demander la recherche d'un nouveau protocole d'accord entre les deux communautés.

Il n'a, faut-il le dire, pas été entendu ! C'est pourtant la voie du bon sens. D'autant qu'il n'y a aucune urgence, aucun motif même, de changer le système actuel si ce n'est la volonté d'affirmer que sur le "Vlaamse grond" la Flandre a monopole absolu et sans partage de la décision.

Une telle démonstration de force brutale relève presque de l'aveu de faiblesse.

Têtes à claques

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

La Flandre n’attendra pas. Il faut se rendre à l’évidence, la Flandre n’attendra pas qu’un accord intervienne au niveau fédéral pour réformer l’Etat. La Flandre va de l’avant. Tout de suite. Sans état d’âme.

Après le vote unilatéral sur la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, après le refus de nommer les trois bourgmestres francophones de la périphérie, voilà que la Flandre s’approprie, au mépris de toute négociation préalable,  l’inspection scolaire dans les établissements francophones de la périphérie bruxelloise. La Communauté française peut bien user de toutes les ficelles procédurières pour retarder l’échéance, la machine à flamandiser est en route. Elle s’accélère même. Comme s’il s’agissait d’engranger un maximum de mesures dans un minimum de temps histoire de ne laisser aucune miette à négocier sur la table.

On sait à quel point l’administration flamande, sur instruction des mandataires politiques, sait se montrer tatillonne et mettre tout en œuvre pour empêcher les francophones de mener une vie normale en périphérie : cela augure bien mal de l’avenir. Il ne fait plus de doute sur les intentions de la Communauté flamande : transformer la périphérie en enfer linguistique pour les francophones.

Les partis francophones protestent. Qu’ils protestent. Mais on n’a jamais vu des protestations arrêter un train lancé à vive allure. Après la gifle de BHV, après la gifle des trois bourgmestres, voici la gifle scolaire. Peut-être bien que les francophones, après tout, ont des têtes à claques.

 

12/12/2007

Reynders, une stratégie perdante ?

Édito 

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Ainsi donc, la mission confiée par le Roi à Guy Verhofstadt serait sur le point d'aboutir. Les prémices d'un accord pour la formation d'un gouvernement transitoire auraient été trouvées. A Guy Verhofstadt le poste de Premier ministre pour les affaires urgentes. A Yves Leterme le poste de Premier ministre définitif vers la fin mars début avril, le temps de mettre en place le dispositif qui permettra de démarrer les négociations sur la réforme de l'Etat.

Ce gouvernement serait soutenu au Nord par le CD & V/N-VA et l'Open VLD. Au Sud le MR, le PS, le CDH et Ecolo monteraient en ligne. En tout, donc, 109 voix, soit la majorité des deux tiers tant recherchée. Cerise sur le gâteau, la N-VA ne serait pas même indispensable, en cas de problèmes.

Sur le papier, ça colle. C'est beau. C'est même trop beau pour être vrai. A vrai dire le MR la trouve mauvaise. Très mauvaise. Didier Reynders se tait dans toutes les langues et laisse à ses lieutenants le soin de manifester la mauvaise humeur des bleus. Tout juste a-t-il fait savoir que le contenu lui importait plus que les partenaires. Autrement dit, il a levé son exclusive à propos de la tripartite traditionnelle.

Tel que présenté, l'accord paraît s'être conclu sur le dos de l'homme qui rêvait d'occuper le poste de "primus inter pares" après 25 ans d'absence d'un francophone à la tête d'un gouvernement fédéral.

Au terme de six mois de crise durant laquelle il n'a cessé de revendiquer, de brandir son tout nouveau leadership francophone, Didier Reynders aurait été déshabillé. Lui qui proclamait que le centre de gravité de la politique avait basculé à droite en Wallonie et à Bruxelles aurait trébuché dans sa stratégie et, humiliation suprême, se retrouverait au pouvoir avec ces socialistes qu'il a matraqués tout au long de la campagne. A défaut de passer sous les fourches caudines de ses adversaires, il ne resterait au MR que la voie de l'opposition.

C'est un scénario impossible ! Le MR serait en mesure de bloquer la réforme de l'Etat. Et même un dégel des socialistes flamands ne permettrait pas de compenser numériquement l'absence des libéraux francophones.

La partie est loin d'être terminée. Didier Reynders n'a pas dit son dernier mot. Autour de la table, comme au poker, il faut savoir bluffer et garder ses nerfs.