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18/12/2007

L'Arménienne

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Deux doses de bleu, une dose de rouge et, selon le goût une ou deux doses d’orange : voilà le secret de ce nouveau cocktail politique mis au point par le barman de service Guy Verhofstadt. Son nom : l’Arménienne, un dérivé de la célèbre composition dite « tripartite », déjà bien connue. La difficulté, ici, est dans le dosage. Pour certains l’excès d’orange rend le breuvage trop amer.

 

La question est donc : ira, ira pas ? Le CDH n’est manifestement pas le bienvenu autour de la table. Pas , en tout cas pour Didier Reynders , qui a toujours un compte à régler et quelqu’un à exclure. Le Parti socialiste, lui, voit les choses autrement et exige la présence de Joëlle Milquet et souhaite même la présence d’Ecolo.

 

Surtout, le CD&V/NV.A fait lui aussi pression pour que les humanistes participent au gouvernement intérimaire. C’est qu’ils ne voient pas d’un bon œil la seule famille libérale être représentée au sud et au nord du pays. Voilà qui donnerait trop de poids à Didier Reynders.

 

L’Arménienne paraît néanmoins être sur les rails, avec ou sans le CDH à qui certains ont imaginé de donner une espèce de sous-ministre. Formule que les humanistes francophones devraient refuser : ou bien ils sont partenaires à part entière, ou bien ils n’en seront pas.

 

Quoiqu’il en soit Verhofstadt trois devrait voir le jour sous le sapin de Noël et disparaître avec les cloches de Pâques le 23 mars. Entre-temps c’est un gouvernement de plein exercice qui assurera la gestion du pays avec un programme minimum portant sur les urgences telles que le budget ou la hausse des prix de l’énergie.

 

Le premier trimestre 2008 devrait donner un répit pour mettre au point un programme socioéconomique – on parlera donc enfin contenu – et un projet de réforme des institutions. Puis, c’est déjà acquis, Yves Leterme reprendra la main pour mener un attelage un peu hétéroclite vers un port encore mystérieux.

 

En attendant, les francophones continuent d’offrir le spectacle de leurs divisions.

 

 

17/12/2007

Le citoyen veut l'orange bleue

EDITORIAL

CIEL RADIO

17.12.07

par Michel KONEN

 

 

Le baromètre politique de La Libre Belgique publié ce matin confirme en tous point les résultats du scrutin du 10 juin. Six mois de crise n’ont pas usé les partis de l’orange bleue. En léger recul, les MR reste le premier parti francophone alors que le CDH renforce ses positions en Wallonie et à Bruxelles et que Joëlle Milquet fait un bond considérable en terme de popularité. En Flandre, le CD&V/NV.A et l’Open VLD dominent le paysage. Ecolo progresse et Groen recule. Significatif : la famille socialiste stagne au nord et perd encore un peu plus d’influence au sud du pays. Les électeurs confirment ainsi leur volonté de sanctionner les « rouges ». Guy Verhofstadt casse la baraque dans tout le pays : il est quasi vécu comme l’homme providentiel. Devant ces résultats limpides, on ne comprend pas pourquoi la négociation devrait durer encore, pourquoi les partis s’enferrent dans la recherche de combinaisons byzantines. La solution la plus évidente, la plus démocratique consiste à relancer l’orange bleue, seule coalition qui corresponde aux vœux de l’électeur pour mener une politique socioéconomique cohérente. Autre enseignement : notre sondage indique qu’à une très large majorité personne, au nord comme au sud, ne souhaite la disparition de la Belgique. Il montre aussi que l’opinion flamande, pratiquement au deux tiers, réclame une autonomie approfondie. C’est donc via une Convention ou un comité des sages qu’il faudra œuvrer. Et là, c’est l’ensemble des partis démocratiques qui doit être associé à la définition de la nouvelle architecture institutionnelle du pays. .Il faut donc que les partis cessent de faire des « combinaziones » et que les hommes politiques cessent de jouer les « machiavels » de seconde zone. Si Joëlle Milquet doit faire clairement son choix en faveur de l’orange bleue dont plus de 80 % du programme socioéconomique est écrit, il faut aussi que Didier Reynders cesse d’apparaître comme le diviseur des francophones. On attend de lui, puisqu’il se proclame leader des francophones, qu’il joue un rôle de rassembleur et mette la communauté Wallonie-Bruxelles en état de négocier sinon en position de force, du moins en bon ordre, la Belgique nouvelle. D’ici là  tout gouvernement, quel qu’il soit, verra son action entravée par le communautaire et ne sera qu’un gouvernement intérimaire.

 

16/12/2007

Pour le retour de l’orange bleue

Édito

La Libre Belgique

17.12.07

Par Michel Konen

 

 

Le "Baromètre politique" tombe à point nommé pour éclairer les décideurs sur ce que souhaitent les citoyens.

Premier enseignement : les rapports de force apparus au lendemain du scrutin sont confirmés voire confortés. Le MR reste en tête à Bruxelles et en Wallonie. Le CDH progresse nettement partout. Le PS en recul sur tous les fronts n’est pas une alternative attendue . Ecolo est lui aussi en progrès et devrait être appelé à jouer un rôle plus actif. Au nord du pays, même constat les familles chrétienne et libérale tiennent le haut du pavé. Le SP.A stagne.

Deuxième enseignement : Verhofstadt fait un malheur. En Wallonie, à Bruxelles, en Flandre il surpasse la concurrence et jouit d’un capital de confiance exceptionnel. Il peut, il doit aider à sortir de cette crise par le haut.

Troisième enseignement : l’opinion publique interrogée sur l’avenir du pays est sans ambiguïté. Flamands, Bruxellois et Wallons veulent que la Belgique perdure. Mais, et là encore sans la moindre ambiguïté, les citoyens flamands veulent, à une très large majorité, une plus grande autonomie en matière d’emploi, de fiscalité ou de sécurité sociale. Les francophones, en ce domaine, se montrent plus que réservés.

Notre "Baromètre" est ainsi l’exact reflet de la crise que nous vivons depuis 190 jours.

Conclusions : Didier Reynders a parfaitement raison lorsqu’il veut un programme socio-économique clairement de centre droit. L’électeur ne donne aucun mandat au PS. Les négociateurs, au sein de l’orange bleue ont déjà parcouru, disent-ils, plus de 80 % du chemin. Le CDH doit dire avec clarté qu’il souhaite mener ce programme à son terme.

Joëlle Milquet avait parfaitement raison d’être ferme sur le terrain communautaire. Sans majorité des deux tiers, les francophones étaient démunis face au front flamand au sein de l’orange bleue.

Aujourd’hui, l’ensemble des francophones sont disposés à réformer l’Etat. Cette discussion doit se faire à l’extérieur du gouvernement par exemple dans la Convention à ranimer d’urgence. Et cette convention doit rassembler un maximum d’acteurs démocratiques. Son enjeu dépasse, de très loin, les intérêts particratiques.

Ce n’est qu’en réussissant cette réforme qu’un gouvernement fédéral retrouvera sa pleine liberté d’action. Didier Reynders doit faire l’effort et se montrer rassembleur des francophones.

L’Orange bleue est la mailleure base pour redémarrer.