Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

20/12/2007

Centre droit, centre gauche ou centre mou ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

Voilà donc Verhofstadt III presque prêt à entrer en piste. Ce sera le cas dès dimanche prochain. Un gouvernement presque vrai, si ce n’est qu’il s’euthanasiera lui-même le 23 mars prochain. Son véritable objectif : donner du temps au temps au temps.

 

Oh, bien sûr, pendant tout un trimestre, il exercera pleinement ses pouvoirs pour régler des affaires urgentes. Et cela avec les prérogatives d’un gouvernement disposant d’une majorité parlementaire. Mais cette « arménienne » ne dispose pas vraiment d’un programme. Tout au plus d’une vague liste qui s’allongera plus ou moins en fonction des circonstances.

 

Non, la vraie raison d’être de ce gouvernement à durée de vie limitée est d’offrir trois mois de plus aux négociateurs politiques pour réaliser ce qui s’est avéré impossible en six mois : un programme socio-économique et un projet de réforme de l’Etat.

 

Deux hommes vont jouer un rôle clef : Didier Reynders et Yves Leterme.

 

Le second remettra, une nouvelle fois, l’ouvrage sur le métier et devra chercher un élargissement d’une majorité des deux tiers aujourd’hui trop courte et qui laisse en tout cas à son encombrant allié séparatiste de la NV.A son pouvoir de nuisance.

 

Au sud, les francophones verront s’affronter Didier Reynders et Elio Di Rupo dans la course au leadership du front des francophones en gestation. Bref le dossier communautaire est toujours aussi explosif.

 

Didier Reynders conduira lui la confection du programme socio-économique. Il veut laisser sa marque. Mais l’arrivée du PS et l’entrée en force d’hommes proches du Mouvement ouvrier chrétien, tant au CD&V qu’au CDH, va lui compliquer la tâche.

 

Son principal atout : les acquis de l’orange bleue. 85 p.c. du chemin avait déjà été accompli. Ce sera l’occasion pour Joëlle Milquet de montrer qu’elle n’est pas scotchée au PS, contrairement à ce que prétendent les mauvaises langues.

 

Les actes, durant les prochaines semaines, diront mieux que les déclarations, si ce gouvernement est de centre-droit, de centre-gauche ou de centre mou. Et s’il a un avenir.

 

 

19/12/2007

Verhofstadt impose sa marque

Édito

La Libre Belgique

par Michel Konen

Finalement le bon sens semble, à l'heure d'écrire ces lignes, avoir pris le dessus. Empêtré dans les exclusives de Didier Reynders, Guy Verhofstadt a dû écouter, intégrer et imaginer des solutions. C'est dans ce domaine qu'il excelle.

Naturellement, la solution trouvée pour sortir de la crise est d'une nature tellement belge qu'elle défie toutes les analyses des politologues les plus avertis. C'est du "ex nihilo", comme on dit en langage savant, entendez du jamais vu dans l'histoire politique du pays.

Pour que cette solution se concrétise, il aura fallu plusieurs facteurs. A commencer par l'exaspération de Guy Verhofstadt lui-même devant l'attitude de Didier Reynders. Aussi par la conscience de chacun qu'un échec de Verhofstadt approfondirait la crise de manière irrémédiable. Enfin par les pressions conjointes du CD & V/NV-A et du PS pour voir le CDH participer de manière active à la future coalition.

Le MR se trouvait, de facto, acculé dans le coin. Certains commençaient à évoquer à mots couverts l'hypothèse d'un olivier côté francophone qui aurait mis les libéraux, pourtant vainqueurs des élections, dans l'opposition.

Il est vrai que la stratégie du président du MR devenait illisible. Son discours se concentrait sur le socio-économique, important, certes, mais où, qu'il le veuille ou non, il devra lâcher du lest alors que le vrai rendez-vous, celui qu'il importe de ne pas manquer, sera celui de la réforme institutionnelle.

Il importe donc, pour l'avenir de la communauté Wallonie-Bruxelles, que Didier Reynders intègre cette nécessité forte de rassembler les francophones pour définir un vivre ensemble commun. Les électeurs lui ont accordé la faveur d'en faire le premier parti de Wallonie. Il doit s'en montrer digne et conduire, sans jeux partisans médiocres, les Wallons et Bruxellois vers un destin partagé. Gagner les élections ne lui donne pas tous les droits et surtout pas celui de mépriser ses indispensables partenaires. On peut le déplorer, mais le système électoral est ce qu'il est. Etre le premier parti ne dispense pas de devoir négocier avec ceux qui sont nécessaires à constituer une majorité.

L'heure n'est pas à la division. Elle est au rassemblement, c'est ce dont Didier Reynders doit se persuader. Il faut, maintenant, qu'il assume ce rôle. Sans ambiguïté !

Il est né le Verhofstadt III

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Le bon sens a triomphé. Sous la pression conjointe du CD&V/NV.A, du PS et de Guy Verhofstadt lui-même, Didier Reynders a fini par céder et a rangé ses exclusives dans le placard. Le CDH s’était mis en réserve à midi, il rentrait dans la coalition arménienne à minuit. Par la grande porte.

 

Verhofstadt III peut donc entrer en piste. Il aura fallu, pour en arriver là, que les acteurs politiques jouent une pièce aux allures de tragédie avec toute la panoplie des armes meurtrières propres à la politique. Pas de morts à l’arrivée mais des ego en miette. Des situations que Guy Verhofstadt adore, dans lesquelles il excelle. Mission réussie donc pour le grand bleu qui met en place une nouveauté dans le paysage politique : un gouvernement minimum de 14 ministres, avec deux vice-premiers seulement, une tripartite au sud et une orange bleue au nord : bref une arménienne.

 

Dès ce week-end ce gouvernement sera adoubé par le Parlement et c’est sous le sapin que nous aurons une équipe opérationnelle. Pour trois mois. Enfin, ça, on verra. Tant de choses peuvent se passer en 90 jours.

 

Dans l’immédiat, Verhofstadt III aura pour mission de s’occuper de tous ces dossiers urgents rester en jachère durant six mois. Avec, comme plat de résistance, le budget. Et aussi des prix de l’alimentation et de l’énergie qui s’emballent.

 

Parallèlement, Yves Leterme – qui n’aurait sans doute jamais imaginé se retrouver vice-premier ministre de Verhofstadt – tentera de mettre sur pied la réforme de l’état.

 

La messe est-elle dite ? Pas sûr. Il faudra voir quelles traces la partie qui vient de se jouer aura laissé. Il ne suffit pas d’un chant de Noël pour effacer les rancoeurs accumulées depuis tant de mois. Mais gare à celui qui jouera au pyromane. L’opinion publique ne pardonnera pas à l’incendiaire de faire passer ses ambitions partisanes avant l’intérêt général.