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21/12/2007

Verhofstadt veut laisser sa trace

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Avec lui, pas de funestes atermoiements. Il expédiait les affaires courantes hier, il expédiera les affaires urgentes demain, et même plus que les urgentes.

Expédier ! C'est le mot exact.

Sabre au clair et clairon à la bouche, le Premier intérimaire monte à la hussarde aux barricades institutionnelles. Yves Leterme, qui s'est payé un somptueux surplace communautaire pendant six mois, n'a pas encore eu le temps de dire bonjour aux 12 sages qui doivent, sous sa direction, discuter de la réforme de l'Etat début janvier. Et voilà que le "Grand bleu" proclame "urbi et orbi" qu'il va déposer "un pacte pour un Etat fédéral renouvelé".

Le CD&V/NV-A, qui tenait bureau ce jeudi, n'en est pas encore revenu. Ils avaient cru comprendre, eux, que leur champion aux 800.000 voix allait pouvoir oeuvrer tranquillement pendant les 9O jours qui viennent. Raté !

Ceux qui prédisaient à Yves Leterme qu'il risquait fort de se faire déshabiller par Verhofstadt n'ont peut-être pas tort.

Le Gantois précise bien qu'il ne s'agit que d'une note personnelle. Mais la manoeuvre ne trompera personne. Il coupe bel et bien l'herbe sous les pieds d'Yves Leterme et de son cartel CD&V/NV-A.

Verhofstadt estime qu'au cours des six derniers mois, le pays a perdu trop de temps et que la méthode Leterme a montré ses limites et ses insuffisances. Lui y va fort. Et directement. En homme pressé.

Il veut, ni plus ni moins, présenter d'entrée de jeu les contours d'une réforme de l'Etat. Il s'attaque tout de suite au gros oeuvre. Les détails, les finitions, ce sera pour après, pour les autres.

Il avait déjà, en janvier dernier, esquissé sa vision devant les corps constitués : cohérence régionale, renforcement fédéral, réforme du Sénat, BHV. Exactement ce sur quoi a buté l'orange bleue.

Et, s'il ne s'agit que d'une note personnelle à "casser" (ça, c'est pour la pommade), Guy Verhofstadt précise au passage que sa note fera partie de son rapport au Roi (ça, c'est pour enfoncer le clou).

Guy Verhofstadt, qui a si bien cadenassé le communautaire pendant huit ans, s'offre ainsi une dernière pirouette. Il partira dans trois mois ? Certes ! Mais il aura laissé une trace inattendue dans l'histoire.

Verhofstadt met le feu aux poudres

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Solstice d’hiver. Dès demain les jours rallongent. On verra si ce changement de saison est de nature à modifier la météo politique.

 

Guy Verhofstadt dont l’équipe est à présent au grand complet ne tient plus en place. Il agit. En homme pressé. Et il vient de frapper dur, là ou ça fait mal. Yves Leterme et son cartel CD&V/NV.A  ne sont pas encore remis de leur surplace de six mois que le Grand bleu met le feu au poudre et se la joue personnelle.

 

Sans doute Monsieur 800.000 voix est-il spécifiquement désigné pour piloter le groupe des 12 sages qui sera chargé de discuter de la réforme de l’Etat. Mais Guy Verhofstadt estime, lui, que la méthode Leterme a prouvé son inefficacité et que le temps des tranchées est dépassé. Vive la guerre de mouvement.

 

Et voilà donc que sans prévenir ses petits copains il annonce qu’il dépose « un pacte pour un Etat fédéral renouvelé ».

 

Il y sera question de compétences régionales,  de renforcement fédéral, de réforme du Sénat, de BHV. Cela ressemble fort à un bulletin qui énumérerait les échecs de l’élève Leterme.

 

Hier soir, le CD&V et la NV.A n’en croyait pas leurs oreilles et s’étranglaient d’indignation contre le Premier intérimaire.

 

Une note personnelle que celle de Verhofstadt ? Oui, da ! Mais il la joindra à son rapport au Roi.

 

C’est ce qu’on appelle couper l’herbe sous le pied de l’adversaire. Décidément, Verhofstadt est toujours là où on ne s’y attendait pas, lui qui durant huit années avait maintenu  fermement le couvercle sur la casserole communautaire  Une manière pour le Gantois de faire une dernière pirouette et de tenter de laisser une trace dans l’histoire institutionnelle belge.

 

 

20/12/2007

Les choses sérieuses vont commencer

Édito

La Libre Belgique 

Par Michel Konen

Le "coup" de Guy Verhofstadt est tellement joli que chacun veut, de la gauche à la droite, s'en attribuer les mérites. Laissons au "Grand bleu" la paternité de cette coalition "arménienne" si nouvelle dans notre dictionnaire politique. Chacun a sans doute apporté ses idées. Mais le grand art du Premier a été de trouver la ligne de synthèse et persuader les uns et les autres que sa solution était sinon la meilleure, du moins la seule praticable.

Verhofstadt III, en piste pour trois mois (seulement ?), va donc s'occuper des problèmes les plus urgents comme la nécessité d'augmenter le pouvoir d'achat des citoyens, d'aider les ménages à faire face à l'augmentation du prix de l'énergie et de l'inflation qui reprend vigueur, l'approbation du plan national de sécurité ou le fait de résoudre la problématique des nuisances sonores à Zaventem.

Mais l'essentiel n'est pas là. Deux hommes vont avoir la responsabilité de négocier le "vrai" programme de cette coalition et d'aboutir d'ici le 23 mars.

D'un côté, Didier Reynders sera en charge du volet socio-économique; de l'autre Yves Leterme mènera les discussions institutionnelles.

Côté communautaire, le dossier reste explosif. La majorité des deux tiers - obtenue grâce aux voix francophones - est trop juste : les séparatistes N-VA du cartel gardent intacts leurs moyens de pression. Il faudra donc élargir, sans doute au SP.A.

Au Sud, il faudra gérer la course de vitesse à laquelle se livrent Elio Di Rupo et Didier Reynders pour prendre le leadership du front des francophones. Et définir la position commune que prendront l'ensemble des partis démocratiques - MR, PS, CDH et Ecolo - pour aborder ce chapitre qui comptera dans l'histoire du pays. Yves Leterme a intérêt à avoir bien assimilé la méthode Verhofstadt pour aboutir.

Le socio-économique ! Didier Reynders sera à la manoeuvre. La présence socialiste et l'entrée en force de ministres CD & V et CDH proches du Mouvement ouvrier chrétien ne va pas lui simplifier la tâche. Mais il ne part pas sans biscuits. Une très large part (80 pc) de ce programme a été négociée au cours des six mois d'orange bleue. On veut croire qu'aucun des ex-négociateurs chrétiens et humanistes ne reviendra sur ces acquis. Le "baromètre politique" de "La Libre" confirme clairement que ce n'est pas sur ce terrain-là que les socialistes sont attendus. Ce sera l'occasion pour Joëlle Milquet de montrer, dans l'action, que ceux qui la disent en cartel avec le PS ne sont que de mauvaises langues.