Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/01/2008

Convergences, misunderstanding à la belge

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

En déposant, hier, entre les mains du Roi sa vision de la future réforme de l’Etat, Guy Verhofstadt veut introduire un nouveau mot fétiche dans le vocabulaire politique belge. Le mot « convergences ».

 

Entendez par là que, pour le Premier ministre, il faut créer la possibilité pour l’Etat de mettre en place un cadre dans lequel les différentes Régions et Communautés ont une marge de manœuvre autonome.

 

Exemple : l’Europe avec son  Pacte de stabilité : c’est le cadre de convergence à l’intérieur duquel les différents pays de la zone euro évoluent. Bel exemple en effet, qui illustre à merveille la définition que donne le dictionnaire du mot convergence : « action de tendre vers un but commun ».

 

D’un côté donc l’Europe et 27 pays qui harmonisent leurs politiques en vue d’améliorer le vivre ensemble. De l’autre côté la Belgique qui veut se doter de 3 ou 4 politiques autonomes pour survivre. Du côté européen, on recherche les synergies. Du côté belge on tente d’éviter le bordel.

 

Le seul point commun dans les deux démarches c’est d’aboutir à un nouvel équilibre.

 

Mais parler, comme le fait Guy Verhofstadt, de « convergences » à propos de son plan de réforme de l’Etat est un parfait contresens. Evidemment parler de divergences organisées ou de divergences harmonisées cela fait moins joli.

 

« Convergences » : un nouveau misunderstanding, un quiproquo, de notre dictionnaire politique. Ce ne serait pas le premier. Il y a quelques années Wilfried Martens avait bien inventé le concept de « fédéralisme d’union ». Allez, ce n’est pas le dernier malentendu de notre belgitude.

 

 

07/01/2008

Sans tambour ni trompette...

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

C'est une rentrée politique placée sous le signe de la morosité que nous avons vécue. Aves un gouvernement qui ne sait trop lui-même ce que veut dire exactement le terme "intérimaire" ni ce qui se passera au juste le 23 mars prochain quand Guy Verhofstadt, il l'a promis, prendra ses invalides. On prend les mêmes et on poursuit ? On change une partie de l'équipage et on recommence pour de bon ? On retombe dans les grandes disputes et le "vrai" gouvernement reste dans les limbes ?

Bref, rien de bien enthousiasmant. On sent bien que le coeur n'y est pas encore. En présentant le compte du budget 2007, les duettistes Reynders et Leterme avait la mine un peu dépitée. C'est sans surprise qu'ils venaient confirmer que, eh oui, 2007 se clôturait, comme prévu, sur un déficit. Une manière de retomber dans les mauvaises habitudes des années '90. Un déficit dont le pays, toujours lourdement endetté, se serait bien passé.

Allez, c'est promis, pour 2008 on fera mieux. A voir ! Car, pour l'instant, on ne voit pas, justement ! Au déficit structurel, il faudra ajouter le coût des promesses faites : amélioration des allocations, réforme fiscale, et tutti quanti. Des dépenses nouvelles ! Et cela à un moment où, même Yves Leterme s'en inquiète, le financement des politiques fédérales devient problématique.

Verhofstadt III est là pour gérer les urgences. Parmi celles-ci, la sécurité. Le pays s'est retrouvé en alerte maximale, privé de feu d'artifice pour le nouvel an à Bruxelles. Nous avons vécu une super-opération policière qui a tourné à l'eau de boudin et nul ne sait réellement quel est le danger qui menace dès lors que, faute d'éléments tangibles, tous les suspects ont été libérés.

Urgence aussi pour la hausse des prix de l'énergie. Ceux qui ont froid, maintenant, devront encore s'emmitoufler quelque temps. Pour ceux qui en doutaient encore, c'est confirmé, un gouvernement belge ne peut rien contre l'augmentation du baril. Le frais émoulu Paul Magnette n'a rien trouvé de mieux que de ressortir une vieille mesure idéologique de l'époque de la charte de Quaregnon : si les capitalistes du pétrole belge ne se calment pas, il bloquera les prix. On croit rêver.

Verhofstadt III n'est pas Sarkozy Ier, d'accord ! Mais de là à la jouer sans tambour ni trompette...

Sans filet

EDITORIAL

CIEL RADIO

Par Michel Konen

 

Il y avait donc urgence. Et donc, après six mois de tergiversations diverses, c’est sous le sapin que les belges ont découvert, dans l’emballage surprise, Verhofstadt III, premier gouvernement autodestructible du pays. Né avec le petit Jésus, il s’en ira avec les cloches de Pâques le 23 mars prochain. En principe !

 

Entre-temps, Didier Reynders est censé mettre au point un programme socioéconomique et Yves Leterme, futur Premier ministre tentera de mettre sur pied une réforme des institutions.

 

L’étrange équipage n’a pas encore quitté le port que l’on s’interroge déjà sur ses capacités à naviguer.

 

Prenons la maîtrise des coûts de l’énergie, par exemple. Avec un baril durablement installé dans la zone des 100 dollars, c’était l’urgence de l’urgence. Et ça l’est toujours. Il y aura sans doute un petit élargissement du fond mazout. Et c’est tout ! Un sparadrap sur une jambe coupée. Du coup, certains, Paul Magnette en tête, rêvent de mesures idéologiques que l’on croyait définitivement rangées dans les archives socialistes : le blocage des prix. Pas moins. Les discussions promettent d’être rugueuses entre socialistes et libéraux.

 

De toute manière, il n’y a pas d’argent, répète Guy Verhofstadt. Et c’est vrai que le budget 2007 se clôture sur un déficit, renouant avec les mauvaises habitudes des années ’90. Et l’exercice d’élaboration du budget 2008 sera périlleux. Au déficit structurel viennent s’ajouter les promesses de mise à niveau des allocations sociales ou encore la diminution de la pression fiscale.

 

Le décompte a commencé : il reste 76 jours pour trouver l’équilibre. Les jongleurs de la rue de la Loi travaillent sans filet.