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14/01/2008

Front bas et regard timide

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Le week-end a été riche en déclarations et prises de positions  diverses. Elles n’ont pas nécessairement aidé le citoyen à y voir plus clair dans le jeu politique.

 

Dans le domaine socio-économique, les responsables ont répété, comme une antienne, qu’il n’y avait pas d’argent dans les caisses, que 2008 ne serait pas un grand cru budgétaire. Bref que les promesses seraient revues à la baisse. Quand à la manière de s’y prendre pour réaliser les objectifs, elle relève de la cacophonie plutôt que du ballet bien régler. L’euphorie de Noël est bien passée : décidément Verhofstadt III est bien un gouvernement de transition. Il a bel et bien oublié de rédiger un programme avant de reprendre les rênes avec une équipe plus que jamais hétéroclite.

 

Côté communautaire, c’est la proposition – ou la menace – d’Elio Di Rupo de réclamer un recensement linguistique dans les communes proches de l’agglomération bruxelloise qui met le feu aux poudres. Provocation ?  – comme l’affirment les flamands – ou bien positionnement stratégique du parti socialiste ? Si tel est le cas, cela voudrait dire que les francophones, enfonçant le clou de l’extension territoriale de la région bruxelloise, négocieront avec la conviction que la tendance séparatiste flamande a le vent en poupe et qu’il faut se préparer au pire. Y compris à un tracé de frontières qui ne soit pas que virtuel. Début de réponse aujourd’hui déjà avec une nouvelle réunion du Front des francophones et du groupe Wallonie-Bruxelles. Et demain, lors de la première réunion  du groupe des 12 chargés de préparer, sous la houlette d’Yves Leterme, la réforme de l’Etat.

 

Les francophones, cette fois, ne se rendent pas à la négociation le front bas et le regard timide.

 

 

11/01/2008

Front des francophones, enfin

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Pour la première fois, depuis des mois, les responsables francophones semblent avoir pris la mesure de l’enjeu qui les attend dans les prochains mois : réécrire l’architecture des institutions belges. Et, les choses étant ce qu’elles sont, de l’impérieuse nécessité de définir une position commune face au rouleau compresseur flamand.

La note de Guy Verhofstadt y est sans doute pour quelque chose. Les derniers espoirs de ceux qui pensaient que la structure institutionnelle actuelle pourrait encore être améliorée ou modifiée à la marge ont été balayés par le document personnel du Premier ministre. C’est d’une révision de fond en comble de la maison Belgique qu’il sera question.

On sait peu de choses, pour l’instant, de ce qu’on décidé les francophones réunis hier à l’invitation de Didier Reynders. « Mais, a reconnu l’un des participants, c’est la première fois depuis des mois qu’on est arrivé à se parler aussi calmement et avec du fond ». Des groupes d’experts seront mis en place et chargés de dresser le catalogue des revendications francophones. Et, c’est une première, les leaders ont décidé de ne parler que d’une seule voix autour de la table de négociation.

Paradoxalement, la discrétion des présidents de parti à l’issue de la rencontre d’hier est cette fois de bonne augure et semble indiquer que les questions de personne ont été réglée au profit du bien commun.

Dans ce contexte, les travaux de la commission Wallonie-Bruxelles co-présidée par Antoinette Spaak et Philippe Busquin prennent une dimension nouvelle. Car si, avec les Flamands les francophones discuteront avenir du pays, c’est dans cette enceinte que doivent se dessiner les contours de la société dans laquelle Wallons et Bruxellois veulent vivre.

 

09/01/2008

Pour qui sonne le glas

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Guy Verhofstadt vient de nous jouer « Pour qui sonne le glas ». La messe est dite. Ceux qui s’accrochaient au «Grand Bleu comme le pendu à sa corde en sont pour leur frais. Ils s’imaginaient qu’après huit années à la tête du gouvernement fédéral l’homme qui avait mis le communautaire sous le boisseau allait « sauver » la Belgique dans sa structure actuelle. C’est raté.

 

Sa note au Roi démontre, si besoin était encore, qu’il existe, au nord, une unanimité sur l’objectif : donner à la Flandre une très large autonomie. Sa note est une espèce de feuille de route pour les dix quinze ans qui viennent. Ce n’est pas une critique, c’est un constat.

 

Les réactions à la note personnelle de Guy Verhofstadt sont révélatrices de la fracture actuelle : les flamands estiment cette note intéressante, les francophones expriment plus que des réserves.

 

Mais cette note a le mérite d’exister. Plus personne ne doute aujourd’hui que, par la porte ou par la fenêtre, une négociation fondamentale pour le pays va s’ouvrir. Elle durera de longs mois.

 

On regrettera une fois de plus l’incapacité des francophones à présenter un front uni, l’incapacité à présenter un projet d’avenir pour les Wallons et les Bruxellois, l’incapacité à présenter une vision commune de la Belgique de demain.

 

Les francophones ont déjà perdu six mois dans des jeux partisans stériles. Il est urgent que Didier Reynders sonne le rassemblement, puisque telle est sa responsabilité en tant que président du premier parti francophone. C’est pour bientôt. Paraît-il !