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12/02/2008

L'échec au bout du chemin ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

A moins de six semaines de l’échéance, le 23 mars, on reste perplexe sur les chances de réussite de la formation d’un « vrai » gouvernement. Car, moins que jamais, on n’ose qualifier de gouvernement la coalition hétéroclite et intérimaire dirigée par Guy Verhofstadt. Elle fait acte de présence, sans plus.

 

Pour le reste, les batailles de chiffonniers tiennent le haut du pavé. La coalition violette, socialiste-libérale, avait été considérée comme un mariage contre-nature. Que dire de celle qui tente – mais le veut-elle vraiment ? – de se mettre en place. Les candidats jouent au divorce avant même d’avoir convolé. Les noms d’oiseau ont pris la place des billets doux. Et pour ce qui concerne la liste de mariage chaque fiancé à son idée concernant la porcelaine et les couverts. A les regarder se disputer avec entrain, on à l’impression qu’ils ne sont mis d’accord que sur une chose : les couteaux. Ils devront être longs et acérés.

 

Ni sur le budget, ni sur l’institutionnel les points de vue ne semblent se rapprocher de manière décisive. A l’entame du neuvième mois de crise, à quarante jours de Pâques, le pays reste immobile. Les cris font figure d’action.

 

Est-il donc, messieurs-mesdames, si difficile de mettre vos ego au vestiaire. De penser, au-delà de vos destins personnels, au bien commun.

 

Qu’il faille réformer l’Etat est aujourd’hui une évidence puisque sa structure actuelle le rend ingouvernable. Qu’il faille faire un budget sérieux, en équilibre, avec des réformes structurelles est une autre évidence : chaque jour qui passe rend les choses plus difficiles. Fin des années ’70 la gestion erratique du budget a plongé la Belgique dans une crise financière dont nous ne sommes pas encore sortis. Les efforts demandés à la population ont été importants. Il ne faudrait pas que le pays replonge et que tous ces efforts été vains. Il est temps, mesdames-messieurs, de vous ressaisir. A manœuvrer comme vous le faites, c’est l’échec qui vous attend au bout du chemin.

 

 

 

31/01/2008

Prudence et sagesse d'Albert II

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Hier, le Roi recevait au Palais les Corps constitués pour la cérémonie des vœux de nouvel an. L’occasion pour Albert II de revenir, en ces temps politiquement troublés, sur les sujets qui fâchent sans fâcher plus encore ?

 

Il y a deux ans, le Roi avait clairement mis en garde contre les visées autonomistes. Son discours d’hier montre le chemin parcouru. Albert II a fait le constat d’une progression de l’Union européenne vers plus d’intégration et d’unité et, par ailleurs, le phénomène de la décentralisation qui s’exprime un peu partout. Et de relever qu’en Belgique ce mouvement était plus manifeste encore car aux différences régionales s’ajoutent encore des différences de langue et de culture.

 

Le Roi a mis deux mots en exergue : la subsidiarité qui doit permettre d’attribuer à chaque niveau de pouvoir les compétences qu’il est à même de gérer le plus efficacement et la solidarité sans laquelle l’espace européen devient un champs de bataille des égoïsmes.

 

De son côté, le Premier ministre Guy Verhofstadt a répété son credo : la réforme institutionnelle qui se prépare sera différente des autres. Pour une raison toute simple : il n’y a plus d’argent. Plus question donc, comme par le passé, d’échanger des compétences contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Les ministres régionaux présents faisaient grise mine.

 

Au total, une cérémonie tout en prudence. Le Roi, le Premier ministre marchaient sur des œufs. Rien n’est acquis. L’échec est toujours possible. Aussi s’agissait-il de ne cabrer personne mais au contraire d’apporter un peu de sérénité aux débats. C’est ce que le Roi a fait en plaidant pour la mise en place d’un Etat fédéral moderne mais solidaire dans une Europe forte.

 

Bel objectif. Reste à l’atteindre !

 

 

30/01/2008

Enseignement, état d'alerte

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Le tableau de bord de l’enseignement en Communauté française vient de paraître. Un thermomètre essentiel pour nos décideurs politiques et les enseignants. Il retient 32 indicateurs qui permettent de mieux cerner la population scolaire, les parcours des élèves, leurs résultats, les caractéristiques du personnel enseignant.

 

L’objectif est de doter, dans l’avenir, chaque école d’un tableau de bord. La volonté est d’améliorer, la qualité de l’enseignement. Il est donc essentiel, pour en augmenter le niveau que chacun sache où il se situe.

 

On sait que la qualité de l’enseignement ainsi que son efficacité est l’un des enjeux primordiaux pour sortir la Wallonie et Bruxelles de l’impasse. Les enquêtes internationales sont sévères avec l’enseignement de la Communauté française : elle végète, hélas, dans la deuxième moitié du peloton quand la Flandre caracole en tête du classement.

 

On ne s’étonnera donc pas que thermomètre publié hier montre que le malade a la fièvre et qu’il faut agir. Quelques exemple, 40 % des élèves souffrent d’un important retard scolaire et n’ont pas quitté le secondaire à l’âge de 19 ans ; un élève sur 5 rate sa 3ème secondaire ; les écoles à discrimination positive ne permettent pas de compenser l’impact de l’écueil socio-économique ; les redoublements coûtent quelques 335 millions d’euros chaque année.

 

Finalement, ce sont les filles, bien mieux que les garçons, qui tirent leur épingle du jeu.

 

Ce tableau de bord est un indicateur de plus sur l’état de la francophonie belge. Comme les autres, il indique le chemin à parcourir et la nécessaire volonté qu’il faudra mettre en œuvre pour rattraper le retard. C’est à une course de fond qu’il faudra se livrer. Toutes les énergies doivent se mobiliser. Ce n’est qu’en pariant sur l’intelligence intellectuelle, technique et manuelle et sur l’éducation que l’on donnera aux jeunes un sens et de la confiance en l’avenir.