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14/02/2008

Budget, carton rouge de la BNB

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

L’année 2007 a été une bonne année pour l’économie belge. C’est le gouverneur de la Banque nationale qui le dit dans son rapport annuel. Mieux, le pouvoir d’achat des belges a progressé même si, de l’aveu même du Gouverneur de la banque, la nouvelle peut paraître étonnante. Et puis Guy Verhofstadt qui a finalement tenu son pari. Il a bien créé un peu plus de 200.000 emplois au cours de sa dernière législature.

Voilà pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, c’est le constat de carence. La Banque nationale donne un carton rouge au gouvernement.

L’inflation, d’abord. Elle a repris vigueur et il s’agit de mener, avec l’ensemble de l’Union européenne, une action énergique pour éviter la spirale infernale «montée des prix-montée des salaires » qui a lourdement déstabilisé nos économies dans les années 70 avec les conséquences que l’on sait.

Le budget, ensuite. La Banque nationale le dit sans ambages : le gouvernement, malgré la croissance économique meilleure que prévue, n’a pas, élection et crise politique obligent, atteint ses objectifs. Au lieu d’un boni, il laisse un déficit pour 2007. Le Gouverneur appelle la future coalition à tout mettre en œuvre pour dégager des excédents, notamment pour rencontrer le défi du vieillissement de la population. Il va plus loin. Il demande au gouvernement de pratiquer l’orthodoxie budgétaire la plus rigoureuse. L’équilibre budgétaire doit être atteint en prenant des mesures structurelles. Il faut, recommande-t-il, abandonner les trucs et ficelles, tels les ventes de bâtiments et autres mesures non récurrentes.

Dans le climat préélectoral actuel on peut douter, hélas, que les hommes politiques entendent cet appel dont la mise en oeuvre réclame du courage politique.

Mais la mise en garde ne pouvait mieux tomber : le gouvernement peine à boucler le budget 2008 dans un climat économique devenu plus morose.

 

13/02/2008

Les singuliers colloques de Leterme

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Au terme de longues et minutieuses investigations, nos confrères du "Standaard" ont reconstitué la face cachée des mois de crise politique. Un travail remarquable à maints égards.

Un volet de l'enquête porte sur le rôle joué par le Palais durant les phases critiques de la négociation. Pratiquement, le lecteur dispose là du verbatim des conversations que le Roi a eues avec les leaders des partis politiques. Ces échanges, tenus en tête-à-tête, relèvent de ce que l'on nomme le "colloque singulier". La tradition veut qu'ils soient couverts par le secret et que nul n'en révèle la teneur.

Et ce n'est qu'en de très rares occasions que cette règle n'a pas été observée et jamais au plus fort d'une crise politique majeure. Le Palais, et les huit mois de crise en témoignent, est, en ces circonstances, le dernier refuge pour des hommes politiques déboussolés, incapables de réaliser entre eux les nécessaires consensus qui peuvent mener à la constitution d'un gouvernement.

Nous sommes là au coeur du pouvoir de la monarchie parlementaire. C'est en ces circonstances que le Roi peut et doit jouer un rôle pour dénouer le noeud gordien de négociations qui s'enlisent. Il choisit les hommes, il leur confie des missions (formateur, informateur, explorateur, démineur...). Au sens quasi philosophique du terme le Roi pratique la maïeutique, cette méthode par laquelle Socrate disait accoucher les esprits des pensées qu'ils contiennent sans le savoir.

C'est à l'issue de ces nombreuses consultations, au cours desquelles il sonde les coeurs et les âmes, que le Roi tente de trouver les convergences qui permettront au pays d'être gouverné.

Pour ce faire, ces conversations doivent se dérouler dans le secret absolu. Quel homme politique irait confier ses aspirations intimes s'il n'avait la garantie que celles-ci ne seront jamais répandues sur la place publique ? Quel homme politique oserait encore prendre des risques si ceux-ci sont exploités contre lui ?

C'est ce secret qu'Yves Leterme - mais pas seulement lui - a trahi. Il, et avec lui tous ceux et celles qui ont raconté par le menu leurs conversations avec le Souverain, met ainsi en péril l'un des rouages essentiels du système politique belge.

Ce n'est pas digne de la part de quelqu'un qui se pose en futur Premier ministre. C'est irresponsable. Qu'il prenne donc Verhofstadt pour modèle : il est le seul à avoir refusé de parler.

Colloques singuliers

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

A n’importe qui, mais pas à un homme politique, si vous avez un secret à confier ! Ils sont d’incorrigibles bavards. Voilà donc qu’un nouveau pas a été franchi. De nombreux négociateurs, au plus haut niveau, parmi lesquels Yves Leterme, candidat Premier ministre, n’ont pas hésité à briser le secret qui entoure le « colloque singulier », entendez les conversations en tête-à-tête qu’ils ont eues avec le Souverain durant les négociations de l’Orange bleue.

 

Le Standaard raconte par le menu la teneur de ces entretiens. C’est un tabou qui est tombé. Et le fait n’est pas anodin. Les motivations de ceux qui ont ainsi porté sur la place publique sont sans doute diverses : se mettre en valeur, dissimuler derrière la personne du Roi leur échec, ou plus simplement une insondable bêtise.

 

On pensera du système politique belge et de la fonction royale ce que l’on voudra. Mais l’incident touche au cœur même de nos pratiques politiques. Les crises et la formation du gouvernement sont, par excellence, les moments ou le Roi peut déployer son influence et toutes les ressources de la médiation pour doter le pays d’un gouvernement. Huit mois de crise illustrent à suffisance l’incapacité des partis à se mettre d’accord pour œuvrer ensemble. Le dernier endroit où des secrets peuvent s’échanger avec la garantie de la discrétion la plus totale, c’est lors de ces rencontres entre quatre z’yeux.

 

Toutes et tous jurent ce matin qu’ils ont gardé le silence. Mais

 

nos confrères du Standaard assurent que toutes et tous ont parlé, fors Guy Verhofstadt. Il ne faudrait pas qu’il soit le dernier homme d’Etat de ce pays. Il s’en va le 23 mars.