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20/02/2008

Victor Hissel, l'usurpateur

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

L’inimaginable a donc bien eu lieu. Victor Hissel, l’avocat des familles Russo, Lejeune et Marchall est en aveu. Il fréquentait des sites à caractère pédopornographique et y achetait photos et films.

 

Cet avocat qui fut, durant de longues années le porte-voix des parents de Julie, Melissa, An et Eefje, cet homme qui formait, avec le procureur Bourlet et le juge Connerotte le trio des « chevaliers blancs » de l’affaire Dutroux, cet imprécateur qui dénonçait sans relâche les dysfonctionnements de notre société, Victor Hissel, donc, était comme un loup dans la bergerie.

 

Il n’y a aucune mesure entre les actes de Dutroux et les faits reprochés à Victor Hissel. Mais il n’empêche : le lien entre les deux sont évidents. C’est parce qu’il existe des clients comme l’avocat liégeois qu’il existe des meurtriers pervers pédophiles. Pour assouvir les fantasmes des uns, les autres n’hésitent pas à briser des vies d’enfants. En dénonçant, à l’époque, les réseaux pédophiles, Maître Hissel savait de quoi il parlait. Hier, le tribunal correctionnel de Gand a condamné à 10 ans de prison un homme qui avait abusé de ses filles de 9 et 11 ans et avait diffusé ces images sur internet. L’homme avait été repéré lors d’une opération de police internationale de lutte contre la pédophilie en Australie. L’opération Koala. C’est cette même enquête qui a abouti à l’inculpation de maître Hissel.

 

Cette affaire vient-elle ternir la mémoire de Julie, Melissa, An, Eefje ? Elle jette le trouble dans les esprits bien sûr. Mais, et c’est un paradoxe, l’affaire Dutroux, par la mobilisation des esprits qu’elle a provoqué et dans laquelle Victor Hissel n’est pas pour rien, a aussi accéléré les actions policières en Belgique et dans le monde. Que l’un des hérauts de la marche blanche soit aujourd’hui mis hors d’état de nuire est d’une certaine manière une victoire : l’usurpateur, fût-il un symbole, ne restera pas impuni.

 

 

15/02/2008

Yves Leterme indisponible

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Yves Leterme a du être hospitalisé d’urgence. Le vice-premier ministre souffre d'une hémorragie interne du système gastro-intestinal. Il restera sous contrôle médical à l’hôpital universitaire de Louvain dans les prochains jours. Pour l’instant, pas de détails sur l’origine de cette hémorragie. Et par conséquent pas de précisions sur la durée de l’absence du vice-premier ministre.

 

L’indisponibilité temporaire d’Yves Leterme tombe au plus mauvais moment. L’homme fort du CD&V est en effet en charge de deux dossiers clé : le budget et la réforme des institutions.

 

 Le budget, le gouvernement est en plein dedans et devrait conclure d’ici une dizaine de jours. Pour les arbitrages, c’est Jo Vandeurzen, l’ancien président du CD&V et actuel ministre de la Justice qui prendra le relais de Leterme. C’est une béquille mais sans doute suffisante pour parer au plus pressé.

 

Le gouvernement s’en est tenu là. Il a surtout voulu confirmer l’agenda actuel et notamment le départ de Guy Verhofstadt à la date prévue, c’est-à-dire le 23 mars prochain. Yves Leterme sera-t-il en mesure de lui succéder à cette date pour former un gouvernement définitif ? Trop tôt pour le dire.

 

Mais les choses s’engagent mal. En effet, au budget va succéder la réforme des institutions. Et Yves Leterme doit piloter l’Octopus et le groupe des sages. Ces groupes de travail peuvent-ils avancer en son absence ? Yves Leterme en a fait « son »dossier et a recueilli 800.000 voix en Flandre sur la promesse d’une nouvelle Belgique. Si son hospitalisation et sa convalescence devaient l’éloigner durablement de la table de négociation le gouvernement, déjà si difficile à mettre en place, souffrirait d’un handicap supplémentaire. L’expérience montre que la mise en œuvre par un homme d’un programme décidé par d’autres conduit au mieux à l’immobilisme, au pire à l’échec.

 

 

14/02/2008

Budget : rappel à l'ordre !

Édito

La Libre Belgique

Michel Konen

Le rapport de la Banque nationale tombe à point nommé. Il vient rappeler au gouvernement qui peine à confectionner son budget quelles sont les priorités, quels sont les objectifs que le gouvernement se doit de rencontrer. La période est propice en effet pour voir les partis politiques, emportés par les enthousiasmes des doctrines et des joutes politiques, perdrent le sens des réalités.

Le constat pour 2007 est sévère et sans appel, même si les choses sont dites en termes diplomatiques : "2007 est une année perdue au point de vue des finances publiques". L'objectif d'un excédent budgétaire s'est transformé en déficit alors même que la croissance économique était meilleure que prévue. Bref, une catastrophe.

En cause la campagne électorale suivie de la crise, qui dure toujours. L'absence de vrai gouvernement durant pratiquement un an a bel et bien eu des effets pervers. Les périodes électorales riment rarement avec courage politique : c'est le temps du "on rase gratis !"

L'exercice 2008 sera ardu. La croissance n'est plus au rendez-vous. Le gouvernement Verhofstadt II a mangé tout le pain blanc. Et pas de manière orthodoxe. Il n'a fait aucune réforme d'économies structurelles sur le fonctionnement de l'Etat. De ventes de bâtiments en reprises de fonds de pensions il a, en quelque sorte, maquillé les chiffres pour rendre la mariée plus belle.

La banque nationale rappelle qu'il est temps de redevenir sérieux. Non seulement il faut un budget en équilibre, mais il faut dégager des excédents. Et sans recourir à des mesures "one shot". Non les économies doivent être récurrentes. Cela promet bien du plaisir aux négociateurs. Les élections régionales et européennes de 2009 pointent le nez. Et peut-être des élections fédérales. Les circonstances ne sont guère propices à voir les partis prêts à faire preuve de courage politique.

Les remèdes préconisés par la BNB relèvent de l'évidence : poursuivre une politique active en faveur de l'emploi - Verhofstadt a, finalement, réussi son pari de 200 000 emplois nouveaux créés sous sa législature - et améliorer le pouvoir d'achat des plus faibles. Le large consensus sur la réforme fiscale en faveur des plus bas revenus est une promesse de solution.

Oseront-ils faire ce dont le pays à vraiment besoin ?