Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

25/02/2008

Tout est dans tout, qu'ils disent

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

« Tout est dans tout », « Il n’y a d’accord sur rien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout ! » Ces deux phrases sont revenues comme une antienne tout au long du week-end. Sur le trottoir, devant la résidence du Premier ministre, les négociateurs du budget, faute de pouvoir dire quelque chose de significatif, répétaient à l’envi ces truismes de notre dictionnaire politique. Car nous avons vécu une des ces fins de semaine que nos dirigeants affectionnent. Le grand Guy, cette fois, s’était pris les pieds dans son agenda. Alors qu’il croyait pouvoir parler gros sous, voilà que le communautaire s’était invité à la table sans prévenir. « Tout est dans tout », vous dis-je. Plus question de gérer le contenu du porte-monnaie sans connaître la langue que l’on utiliserait pour la rédaction des chèques. Du coup le citoyen a eu droit aux inévitables montées d’adrénaline et de température, à un mini climat de crise, à des caucus secrets, à des négociations communautaires de jour et de nuit, à l’annulation de la négociation budgétaire. Le grand cirque, quoi ! Et puis, abracadabra !, le lapin sort du chapeau. Le magicien Verhofstadt peut annoncer un accord. Les sages ont bouclé un paquet de matières à régionaliser. Un paquet léger, ont-ils précisé. Et ils ont dressé les contours d’un deuxième paquet, plus lourd, de compétences à distribuer, en juillet, entre les Régions et les Communautés. Ils présenteront tous ça demain aux membres de l’Octopus, dont on finit par se demander à quoi ils peuvent bien servir. Il ne sera pas question de changer une virgule à l’accord de cette nuit sous peine de tout faire sauter. En attendant, les francophones du sud pourront toujours aller se baigner dans la mer du Nord pas encore devenue « Vlaamse zee » Bref, la vieille technique du « tout est dans tout » a, une fois de plus porté ses fruits. Budget, communautaire, pomme, poire, prunes, oranges, fruits rouges, …, ils ont tout mis dans le grand chaudron : on ne connaît pas encore la couleur et le goût de la confiture. Ils se remettront donc ce matin autour de la table, comme si de rien n’était. Et, c’est promis, ils vont vous le trouver en deux coups de cuillère à pot ce gros milliard d’euros qui manque à l’équilibre budgétaire. Allez, si l’unité du pays est en question, la méthode belge, vrai ciment entre le Nord et le Sud du pays, a encore de beaux jours devant elle.

 

22/02/2008

Le gouvernement doit avancer

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Le gouvernement patine dans son agenda. Pour la deuxième fois la séance de l’Octopus, la version grand messe, a du être reportée. Alors le gouvernement a quelque peu habillé la réalité.

 

Officiellement, les experts  n’ont pas eu le temps de couler en textes les propositions faites par le groupe des sages, le mini groupe composé de ceux qui décident vraiment. En réalité, il n’y a pas, pour l’instant, d’accord au sein de ce mini groupe. Le re-financement de Bruxelles et la gestion de la Mer du Nord n’ont pas fait consensus. Et comme à l’habitude, tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien.

 

Du moins peut-on estimer positif le truc langagier gouvernemental préférant parler du retard des experts plutôt que du désaccord des sages. Une manière volontariste de dire : la volonté d’aboutir existe bel et bien.

 

L’inactivité étant la mère de tous les vices Guy Verhofstadt en  profite, pour ne pas laisser son gouvernement intérimaire se tourner les pouces, pour finaliser ce week-end le budget. Objectif, trouver quelque 3,5 milliards d’euros pour que les comptes de l’état soient plus ou moins à l’équilibre. On saura donc bientôt si, vraiment, le gouvernement a renoncé aux trucs et ficelles pour boucler son porte-monnaie ou si au contraire il n’y a rien de nouveau sous le soleil, si socialistes et libéraux ont dépassé les clivages idéologiques.

 

Quoiqu’il en soit, il devient urgent de faire des avancées significatives : dans moins d’un mois, Verhofstadt remettra son tablier. Les dossiers vont s’accumuler dans l’entonnoir : budget, institutionnel, négociation du programme gouvernemental, désignation du Premier ministre – Leterme, Reynders ou quelqu’un d’autre, composition du futur gouvernement – avec ou sans la NV.A  avec ou sans les socialistes flamands…

 

Tout reste à faire. Allez, à partir d’aujourd’hui on arrête de faire du surplace et on essaye d’avancer. Qu’ils disent.

 

 

21/02/2008

Merci, Soeur Emmanuelle

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Les occasions ne sont pas si fréquentes de commenter une actualité positive. Alors ne boudons pas le plaisir de commencer cette journée sur une note optimiste

 

Ce soir, à Louvain-la-Neuve. Hommage sera rendu à Sœur Emmanuelle. Cette petite femme d’apparence si fragile physiquement et pourtant si forte dans son action entre dans sa centième année.

 

Une vie dédiée aux autres, aux plus pauvres, dans l’un des plus bidonvilles les plus crasseux du Caire, à l’ombre des pyramides. Au milieu des petits chiffonniers elle a rempli sa vie du bonheur d’aimer les enfants et à travers eux, Dieu.

 

« Fends le cœur de l’homme et tu y trouveras le soleil ». Armé de ses seuls mots elle a sillonné les pays nantis du nord. Elle a forcé toutes les portes, convaincu tous ceux qu’elle rencontrait de donner et de donner encore pour que là-bas, où il n’y a rien, il y ait un peu plus.

 

Sa foi en Dieu lui a donné la foi dans les autres : la solidarité est le pivot de sa vie. Elle vit aujourd’hui dans le sud de la France. Et si son corps est aujourd’hui fatigué son esprit, inlassablement, répète que le bonheur c’est les autres. Que la richesse n’est rien si elle ne sert pas les autres. « Quand on met beaucoup de force dans cet amour et qu’on abandonne le futile, l’accessoire, les détails, la vie devient comme du champagne ».

 

Pour nous avoir appris que l’essentiel est dans le regard, dans le sourire d’un enfant, bon anniversaire Sœur Emmanuelle. Et que votre sourire éclaire longtemps encore nos vies et que votre rire égaye nos esprits. Longue vie, Emmanuelle et merci.