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03/03/2008

La poltique autrement

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Yves Leterme signe aujourd’hui son grand retour après 18 jours d’hospitalisation. Samedi déjà, via son site Internet, un média devenu décidément incontournable en matière de communication, le futur Premier ministre s’était adressé à, comment dire ?, osons le mot, à la Nation. En néerlandais et en français. Pour remercier tous ceux qui lui avaient envoyé des messages de sympathie. Pour dire aussi combien son repos forcé l’avait changé. Yves Leterme qui se dit toujours aussi déterminé à œuvrer au bien du pays se dit aujourd’hui plus ouvert et qu’il espérait bien pouvoir « faire de la politique autrement ».

 

On lui souhaite de réussir. Il apporterait ainsi un vrai bol d’air frais. Car son retour à l’avant-scène démontre que si lui a, peut-être, changé, ses petits camarades de jeux eux sont restés les mêmes. Il retrouve un monde où les pompiers côtoient les pyromanes. Et les acteurs, pour pimenter le tout et brouiller les cartes, changent régulièrement de rôle.

 

Monsieur 800.000 voix revient aux affaires à un moment où l’on ne sait toujours pas si les membres de la majorité pressentie ont vraiment envie de faire un bout de route ensemble. Le retour d’Yves Leterme s’opère donc à un moment crucial. Il lui reste 17 jours pour assurer son leadership. Et les écueils sont nombreux : Yves Leterme doit négocier le volet institutionnel et, de son côté, Didier Reynders doit mettre en place le volet socio-économique. Il s’agit donc, ni plus ni moins, de réussir à rédiger, en deux semaines, un programme de gouvernement qui se refuse aux auteurs depuis 267 jours. Avec toujours, et la liste n’est pas exhaustive, BHV, les bourgmestres de la périphérie, l’élargissement de l’actuelle majorité aux verts et/ou aux socialistes flamands, la circonscription électorale unique, la sortie du nucléaire, etc.

 

Il n’y a pas d’alternative à la coalition pressentie. Mais pourront-ils faire contre mauvaise fortune bon cœur ? Cela        reste à démontrer.

 

 

29/02/2008

Reynders monte à l'assaut

Édito

LA LIBRE BELGIQUE 

Par Michel Konen

On reconnaîtra à Didier Reynders qu'il a de la suite dans les idées. Dès le soir du 10 juin 2007, les urnes à peine fermées, il a fixé son objectif : après trente-quatre ans d'absence, être le premier francophone à réinvestir le 16 rue de la Loi.

Comme un général de corps d'armée qui monte au combat, il a disposé ses troupes. Et depuis six mois, il manoeuvre. Il sait que gagner une bataille ce n'est pas gagner la guerre.

Six mois de coups de mains, de coups de force, de coups de gueule. Et toujours cette conviction, cette obstination : le poste de Premier ministre est, doit rester l'objectif.

Depuis juin il vit avec cette ambition et met tout en oeuvre pour la réaliser. Il ruse s'il le faut, il pilonne sans pitié quand il le juge nécessaire. Il ne ménage personne - si ce n'est Guy Verhofstadt - au risque de se mettre tout le monde à dos. Cette opération-là, en tout cas, a parfaitement réussi. Les rancoeurs accumulées à son égard le privent, dans sa quête, du soutien des partis francophones.

Avec l'avènement du gouvernement intérimaire Verhofstadt, on le croyait battu, défait en rase campagne, vaincu par sa victoire. Songez donc : l'orange bleue définitivement blette, le retour des socialistes, la tripartite tant vomie et, surtout, le poste de Premier promis à Yves Leterme, le rival aux 800 000 voix.

Le Liégeois ne désarme pas pourtant. Au contraire, il retrouve toute son agressivité politique. Il fait monter en ligne ses grognards. Olivier Maingain, Sabine Laruelle, Charles Michel, Serge Kubla tirent à vue sur tout ce qui bouge.

Avec la complicité du grand Guy, il "profite" de l'hospitalisation de Leterme pour boucler un mini-accord communautaire et le budget. Et il ne se prive pas de dire, il le clame même, que cet accord institutionnel n'est qu'anecdotique. Au point de semer le trouble dans les rangs du cartel CD&V/N-VA. Les séparatistes de Bart De Wever n'y résisteront pas : ils prennent leurs distances et le CD&V est en passe d'être un parti comme les autres, miné par le doute, hanté par la perspective d'une défaite annoncée.

Comme les autres, pas plus que les autres. Et Reynders de concéder aujourd'hui que Leterme, au soir du 20 mars, ne sera qu'un formateur. Pas plus. Que le poste de Premier se jouera au mérite. Et qu'Yves Leterme n'est pas le plus méritant, lui qui, jusqu'ici, ne peut aligner que des échecs.

Reynders, le couteau entre les dents

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Didier Reynders y va fort, très fort. Dans l’interview qu’il a donnée à La Libre Belgique ce matin, le président des bleus francophones fait brutalement monter les enchères. Haut, très haut.

 

Yves Leterme, tout juste sorti de l’hôpital, aura bien besoin des trois jours de convalescence prévus pour se remettre d’aplomb.

 

S’il croyait enfiler tranquillement les habits de Premier ministre le 20 mars prochain, eh bien c’est raté. Il revient en pleine tourmente, comme aux plus beaux jours de l’orange bleue. Et c’est lui qui est la cible.

 

Didier Reynders le dit sans détour : la NV.A, qui fait bande à part en ne soutenant pas les accords institutionnels noués il y a moins de 5 jours, a fragilisé son partenaire de cartel le CD&V. Les 800.000 voix d’Yves Leterme n’y changeront rien : sans la NV.A le premier parti flamand est redevenu un parti comme les autres. A peine un siège de mieux que le MR, et donc proportionnellement plus petit. Et au sein de la coalition pentapartite, les francophones sont largement majoritaires, en chiffres absolus.

 

Et Reynders d’en tirer les conclusions : Yves Leterme sera, au mieux, formateur. A lui de démontrer qu’il est capable, cette fois, de former un gouvernement. Sinon, le jeu est ouvert…. En clair, Didier Reynders renonce moins que jamais à s’installer au 16 rue de la loi après 34 années d’absence francophone. Et de toute manière, prévient-il, il conviendra d’accorder aux francophones, enfin au MR, des postes et des compétences ministérielles supplémentaires.

 

Les appels au calme de Guy Verhofstadt, hier à la Chambre n’ont pas été entendus : le leader des libéraux a le couteau entre les dents. Il veut se débarrasser de l’image de perdant que lui avaient valu l’échec de l’orange bleue et le retour des socialistes aux affaires.

 

Il a choisi l’attaque frontale, prenant tous les risques. Cela promet bien du plaisir.