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07/03/2008

Les assassins rodent toujours rue de la Loi

EDITORIAL

Ciel Radio

par Maichel KONEN

 

 

C’était couru d’avance. A la question : élargir ou pas élargir la bonne réponse était, évidemment, on n’élargit pas. Les Ecolo ont passé une espèce d’entretien d’embauche pour un emploi qui n’existait pas. On n’aura jamais perdu qu’une semaine de plus en vaines gesticulations politiques. Sur neuf mois de crise, qu’est-ce qu’une semaine ? Mais si les élus se demandent encore pourquoi les citoyens se désintéressent de la chose publique qu’ils le sachent, c’est parce que le spectacle qu’ils offrent est mauvais. Donc, ils étaient cinq. Cinq ils resteront. Pour faire quoi ? Eh bien il faudra attendre encore un peu parce qu’eux-mêmes ne semblent pas encore très bien le savoir. C’est que les cinq mettent un bel enthousiasme à répéter qu’ils se détestent toujours autant entre eux. Exemple, Didier Reynders qui le clame urbi et orbi : avec le PS ça va encore être gai de gouverner. Il ne parle même plus de Joëlle Milquet qui le met en transe. A se demander ce qu’ils font ensemble. Yves Leterme, lui est hanté par l’image de Verhofstadt qui avait remis un semblant d’ordre dans le ménage. Le grand bleu avait tout réussi pour faire du provisoire. En quinze jours. Monsieur 800.000 voix revient et patatras tout s’effondre comme aux plus beaux jours de l’Orange bleue. Il va finir par croire que son score électoral lui apporte la poisse. L ’obsession du moment, pour lui, c’est la date du 20 mars. C’est ce jour-là que le formateur qui ne dit pas son nom doit devenir Premier ministre. Il lui reste moins de quinze jours pour définir un programme socio-économique et pour peaufiner un calendrier de réforme de l’état. Comme au soir du 10 juin en somme. On lui promet bien du plaisir. Didier Reynders a le couteau entre les dents. Puisqu’il a raté ses objectifs – devenir Premier ministre, reléguer les socialistes dans l’opposition – il reporte ses ambitions sur un programme estampillé libéral. Et justement Elio Di Rupo veut , lui, des accents socialistes. Et, côté communautaire, le CD&V, aiguillonné par la NV.A toujours très présente, veut du concret et du solide pour le deuxième paquet. Ce dont le CDH ne veut pas entendre parler. Allez, la paix des braves n’est pas pour demain. Les assassins rodent toujours rue de la Loi.

 

06/03/2008

Perdre la notion du sens commun

Édito

La Libre Belgique 

Par Michel Konen

Dans notre beau pays tout, décidément, fait eau au moulin lorsqu'il s'agit d'embêter l'adversaire politique. Si cela n'était que bête et méchant, on pourrait encore en rire. Quand cela risque de saper la crédibilité des lois qui règlent la vie économique, on se prend à trembler.

C'est des intérêts notionnels qu'il s'agit. Comme on sait, cette mesure fiscale qui permet aux entreprises de conforter leurs fonds propres et donc de mieux résister à la crise et, par voie de conséquence, de préserver, voire de créer de l'emploi, fait débat. Le gouvernement intérimaire, lors de la discussion budgétaire, a décidé de maintenir telle quelle la loi en vigueur depuis deux ans. Il a prévu de poursuivre activement les fraudeurs qui abuseraient de la loi. Quoi de plus normal !

Les entreprises ont été nombreuses à utiliser ces dispositions pour réduire leur ardoise fiscale. Voilà qui n'a pas plu aux tenants du socialisme planifié version préhistoire. Pour eux, il s'agit là d'abus auxquels il convient de mettre fin. Didier Reynders, père spirituel d'une mesure à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux, a donc demandé aux contempteurs des intérêts notionnels de lui donner des exemples concrets d'abus.

Un socialiste flamand, atteint manifestement de sérieux troubles de la mémoire - son parti a largement contribué à mettre cette législation en place - a cru trouver l'exemple qui tue.

Cet irresponsable a dénoncé la Banque Nationale de Belgique, société anonyme comme chacun sait. "La BNB, a-t-il dit, a utilisé les intérêts notionnels pour économiser 17 millions d'euros. Et elle n'a pas créé un seul emploi !" Résultat : l'action de la BNB a dû être suspendue à la Bourse de Bruxelles.

Le ministre des Finances a réagi : "Dire qu'appliquer la loi constitue un abus représente un vrai dérapage." Didier Reynders, qui est un homme poli, aurait pu dire : "relève de l'imbécillité".

Les intercommunales, les entreprises publiques n'ont aucune raison de ne pas utiliser les ressources de la loi pour améliorer leurs résultats. C'est leur devoir. Comme ce l'est pour les entreprises privées. Et comme peuvent le faire aussi les particuliers.

Si certains pensent encore que l'emploi se décrète, qu'ils changent la loi. Mais que dans l'intervalle, ils cessent de harceler et d'"insécuriser" les entreprises qui ne font que leur boulot. La situation économique, même en Flandre, est suffisamment fragile.

Elargir ou ne pas élargir ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Elargir ou ne pas élargir ? Telle est la question. Les acteurs de la pentapartite – PS, MR, CDH, cartel CD&V-NV.A et OpenVLD – n’en finissent pas avec leur valse hésitation. Hier les cinq se sont réunis chez Yves Leterme sans pouvoir conclure. Ils ont remis la partie à aujourd’hui. Mais avant de retrouver Yves Leterme, le formateur de fait va refaire un tour de piste auprès des candidats putatifs.

 

En fait l’actuelle majorité ne sait pas vraiment si elle a envie de s’élargir. Et les membres de l’actuelle opposition ne savent pas vraiment s’ils ont envie d’y aller. En réalité c’est un grand jeu d’échec qui se joue et chaque joueur masque par des coups de diversion sa véritable stratégie.

 

Le plus clair : les socialistes flamands. Par leur exigence d’un gouvernement à gauche toute, ils se sont mis hors-jeu. Ils refusent d’ailleurs l’invitation de rencontrer Leterme. Groen, pour sa part, a une manière de ne pas dire oui qui équivaut à un non.

 

Reste Ecolo. Les verts ne sont pas pressés : l’opposition leur va si bien. Ils savent qu’ils pourront s’y refaire une santé sans problème avec un champ de tir exceptionnel, particulièrement contre le PS et le CDH.

 

Le MR, qui ne peut pas leur dire non, n’a pas envie de leur dire oui. Leur arrivée coûterait encore un siège aux libéraux et Didier Reynders ne sait pas comment caser ses obligés.

 

Elio Di Rupo est prêt à tout pour embarquer les verts : même à leur céder un siège ministériel. Prétexte invoqué : la future réforme de l’état à venir nécessite le plus large consensus possible. En réalité l’homme au noeud papillon craint comme la peste un tir de barrage nourri et efficace contre son parti si Ecolo reste dans l’opposition.

 

Et le CDH qui partage les mêmes craintes que le PS confirme son appel aux verts lancé il y a sept mois déjà. Afin, explique Joëlle Milquet, de marginaliser le poids des séparatistes flamands de la NV.A.

 

Quant aux flamands, déjà minoritaires dans cette majorité, ils ne voient pas vraiment d’un bon œil leur poids se réduire encore face aux francophones.

 

Et Ecolo dans tout cela ? Il laisse venir et prépare, à tout hasard, une liste de revendications, histoire de bien montrer que s’ils montent, ce ne sera pas pour jouer les utilités.

 

Il serait peut-être temps de cesser de jouer aux Machiavel de salon et de se mettre au travail, sérieusement et sur un tempo plus rythmé. Le 20 mars c’est dans 14 jours