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11/03/2008

Projet de déclaration de Leterme Ier

Édito

La Libre Belgique 

Par Michel Konen

La méthode, évidemment, peut paraître bizarre : voilà un gouvernement qui prépare sa déclaration gouvernementale avant même d'avoir négocié son projet de gouvernement. On supposera donc que ladite déclaration servira de programme. Voilà une vraie innovation !

Autre sujet d'étonnement : à la lecture de ces 22 pages, on se demande bien pourquoi l'orange bleue a sombré dans les abysses politiques ? Le projet de déclaration gouvernementale tel qu'il apparaît s'inspire directement des acquis de la négociation qui a capoté en décembre 2007.

A dire le vrai, voilà un texte un peu fourre-tout dans lequel chacun pourra reconnaître les siens. Mais qui porte aussi en lui de futures empoignades. Un moment donné, il faudra passer des bonnes intentions aux actes concrets. Et c'est là, sans doute, que les romains s'empoigneront. Le flou artistique qui entoure certaines des mesures proposées sera, à chaque fois, une occasion de tirer les épées du fourreau.

Autre sujet d'étonnement, l'institutionnel est expédié en peu moins d'une page et demie. Et le ton est super-consensuel, confirmant les déclarations télévisées du week-end. Une bonne percée régionale dans le domaine de l'emploi, ce serait très bien surtout qu'il n'est pas question de remettre en cause la solidarité interpersonnelle, en particulier la sécurité sociale. Et le reste ? Et bien on abordera, on examinera, on clarifiera, on négociera,..., quoi ? Les sujets qui fâchent pardi : santé, famille, fonction publique, Bruxelles-Hal-Vilvorde, la circonscription unique. A lire la note, tout cela paraît facile et devrait, dans le fond, si l'on comprend bien, passer comme une lettre à la poste. Et si ça cale ? Eh bien personne n'en ferait une maladie, apparemment.

Le volet socio-économique, très cohérent, porte la patte de Didier Reynders. On sent que le Ministre des finances entend compenser dans le programme du gouvernement ses ambitions déçues de premier ministrable. C'est sur ce chapitre, sans doute, que l'on entendra les socialistes d'Elio Di Rupo qui veulent eux aussi marquer de leur empreinte l'action de ce gouvernement Leterme Ier.

Yves Leterme avait intitulé son premier pensum "La force des gens". C'était il y a longtemps déjà, en juillet 2007. On attend avec curiosité et impatience le titre de son nouvel opus !

Les patrons régionalisent

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Les patrons bougent. Tous les patrons. Ceux de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles. Ils viennent de signer un pacte visant à créer 500.000 emplois d’ici 2020.

 

Les recettes proposées sont connues, pour la plupart : diminution du coût salarial, baisse de l’impôt des sociétés, limitation dans le temps des allocations de chômage, annualisation du temps de travail, diminution du coût des administrations.

 

Jusque là, rien de bien original.

 

Et pourtant cet accord est historique. Pas tant par l’objectif qu’il se donne ni par les mesures qu’il propose. Non, ce qui le rend si original, c’est la personnalité des signataires et les conséquences qui en découlent.

 

Les signataires d’abord : ce sont les organisations patronales régionales qui ont pris l’initiative. L’Union wallonne, les bruxellois de la Beci et les flamands du Voka. La FEB et les unions des classes moyennes ne font que parrainer cet accord.

 

Les conséquences sont spectaculaires : alors que les politiques s’enlisent dans les négociations, les patrons vont de l’avant sans état d’âme dans le domaine sensible de la régionalisation. Ils estiment que le temps est venu de tenir compte des besoins différenciés des entreprises dans les régions. Ils veulent que les régions soient responsabilisées financièrement. Autrement dit qu’elles soient récompensées pour les résultats positifs et supportent les conséquences de l’absence de résultats. Elles réclament aussi une part de régionalisation de la fiscalité et une plus grande autonomie dans la gestion du chômage et de l’emploi. De même elles reconnaissent l’urgence de refinancer la fonction internationale de Bruxelles.

 

Bref, pour les patrons le fonctionnement de la structure institutionnelle actuelle n’est pas optimal.

 

On veut parier qu’en mettant, ce week-end, l’accent sur la régionalisation de l’emploi Yves Leterme savait ce qu’il faisait. Cet accord patronal n’a rien d’innocent et tombe on ne peut mieux pour le formateur. Ce front commun des patrons belges ne manquera pas d’avoir une influence majeure sur la négociation gouvernementale en cours, et donc, sur l’architecture future du pays.

 

 

10/03/2008

Leterme omniprésent

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Il fallait être aveugle pour échapper à Yves Leterme ce dimanche. Le futur Premier ministre était omniprésent à la télévision. Côté francophone comme côté néerlandophone il a trusté les antennes pour enfiler son habit de chef du futur gouvernement.

 

Et, manifestement, Yves Leterme a cherché, cette fois, à se situer au-dessus de la mêlée tout en prenant ses responsabilités. Côté RTBF et RTL le message était consensuel. Il laissait même entendre qu’une « bonne » régionalisation de l’emploi suffirait à son bonheur, et donc à celui de la Flandre. Et que, certes, s’il n’ignorait pas que le cartel CD&V/NV.A exigeait davantage, il saurait, le cas échéant, prendre ses responsabilités.

 

Côté flamand, Monsieur 800.000 voix a directement interpellé la NV.A : « elle aurait tort de ne pas soutenir ce gouvernement. Le premier paquet – celui que les francophones qualifient d’anecdotique - contient des choses très intéressantes pour les flamands », a-t-il jugé. Le leader social-chrétien met la pression sur son ami séparatiste. Bart De Wever, gêné aux entournures, laisse déjà entendre que son parti pourrait revoir sa position si…..

 

Cela dit le club des cinq ne serait pas ce qu’il est si, malgré les appels au sang-froid lancés par Leterme, quelques disputes n’avaient émaillé le week-end. Un  proche d’Yves Leterme s’en est pris à Didier Reynders en lorgnant sur le département des fiances. De quoi irriter le bouillant liégeois.

 

La semaine qui vient sera consacrée à la rédaction d’une déclaration gouvernementale. Le texte qu’Yves Leterme a envoyé ce week-end à ses petits camarades fait un peu fourre-tout et donnera l’occasion aux futurs partenaires de se disputer pour voir leurs priorités prises en compte. Un chapitre socio-économique rédigé par l’équipe Reynders en fait partie. Celui-là par contre, est fort clair.  Puisque Reynders n’obtiendra pas le poste de Premier ministre, c’est dans la politique gouvernementale que l’on trouvera l’empreinte libérale. Réduction et simplification de la fiscalité, consolidation des intérêts notionnels, incitants fiscaux, etc., sont au rendez-vous Le menu est copieux. Reste à savoir s’il intéressera tous les invités au banquet.

 

Yves Leterme devra sortir le grand jeu pour s’imposer. La partie n’est pas gagnée d’avance.