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17/03/2008

Ils sont condamnés à s'entendre !

Edito

La Libre Belgique

Par Michel KONEN

Trois grandes leçons à tirer du "Baromètre politique" de "La Libre" : 1) un retour aux urnes, dans les circonstances actuelles, ne changerait en rien le rapport des forces en présence; 2) le capital-confiance que les Belges accordent aux différents modes de gouvernement belge confirme une fracture entre Flamands et francophones; 3) Yves Leterme ne convainc pas les Belges dans le rôle de Premier ministre.

Le retour aux urnes ? Notre sondage montre à quel point les opinions publiques restent figées. Si les électeurs avaient été convoqués dans les isoloirs durant la période de notre sondage, le résultat qui serait sorti des urnes ne serait guère différent de ce qu'il était le 10 juin 2007. Le MR reste, en Wallonie comme à Bruxelles, le premier parti francophone. Le CDH de Joëlle Milquet se refait une santé, comme Ecolo. Le parti socialiste continue à perdre des plumes. Au nord du pays, le CD&V/NV.A fait la course en tête, l'Open VLD, malgré Verhofstadt, reste à la traîne. De Decker poursuit sa progression. Mais pas de remise en cause des équilibres issus des urnes il y a neuf mois déjà.

Les Belges et leurs institutions ? Faut-il s'en étonner, les francophones font d'abord confiance à l'Etat fédéral pour résoudre leurs problèmes. Régions et Communautés occupent la dernière place, après les communes et l'Europe. En Flandre, Communautés et Régions sont plébiscitées, loin devant l'Etat fédéral qui occupe la troisième place, après les communes et devant l'Europe. Ainsi, même en retournant aux urnes les partis flamands maintiendraient leur priorité : l'approfondissement de la régionalisation.

Yves Leterme ? C'est le paradoxe. L'homme le plus populaire de Flandre - 800 000 voix, ce qui n'est pas rien - peine à convaincre dans le rôle de futur Premier ministre. En Wallonie comme à Bruxelles, le rejet est sans appel : respectivement 92 et 86 pc de "non". En Flandre, plus étonnant, 55 pc des électeurs ne font pas confiance à Yves Leterme comme nouveau Premier ministre. Ses échecs successifs comme formateur ont laissé des traces dans l'opinion.

A 72 heures de l'intronisation de Leterme, alors que les négociations achoppent sur des points fondamentaux, les négociateurs savent, eux, qu'ils sont condamnés à s'entendre. Il n'y a pas d'alternative.

Trois jours pour conclure, pour convaincre

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

A 72 heures de son sacre, Yves Leterme doit être particulièrement nerveux. Le baromètre politique de La Libre révèle en effet qu’il ne jouit pas de la confiance d’une majorité de Belges pour exercer la fonction de Premier ministre. En Wallonie et à Bruxelles le rejet tourne autour de 90 p.c., en Flandre il atteint les 55 p.c.. Il a beau rester retrouver sa première place en terme de notoriété devant Guy Verhofstadt en Flandre, rien n’y fait, neuf mois de négociations et ses échecs successifs comme formateur ont sapé la confiance. Il devra rapidement démontrer que les apparences sont trompeuses et qu’il est en mesure d’être le Premier ministre de tous.

 

Challenge quasi impossible car les attentes sont contradictoires. L’enquête de La Libre confirme, si besoin était,  la différence de perception entre le Nord et le Sud. Alors que les flamands accordent leur confiance aux institutions régionales et communautaires, les francophones, eux, comptent sur l’Etat fédéral pour résoudre leurs problèmes. La quadrature du cercle en quelque sorte.

 

La mission relève de l’impossible car il n’y a pas d’alternative à la majorité actuelle. C’est le troisième enseignement du Baromètre politique de La Libre. Si les électeurs se rendaient aujourd’hui aux urnes, l’équilibre des forces resterait en gros ce qu’il est aujourd’hui. Le MR, malgré un léger tassement reste en tête côté francophone, le PS poursuit son effritement, CDH et Ecolo confirment leur redressement. En Flandre, le CD&V/NV.A caracole toujours en première position. L’OpenVLD reste enlisé sans que le SPA puisse en profiter. Seule la liste De Decker tire son épingle du jeu.

 

Le retour aux urnes apparaît donc inutile, voire même dangereux tant il risquerait de radicaliser encore les positions rendant ainsi tout dialogue impossible.

 

Les partenaires actuels sont donc condamnés à s’entendre. Pour le meilleur comme pour le pire. Il reste 3 jours pour conclure et pour convaincre.

 

 

14/03/2008

Zaventem : dormir sur ses deux oreilles

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel KONEN

 

« Le bruit, c’est de l’emploi » : c’est José Happart qui l’affirme. Il sait de quoi il parle : il est président de l’aéroport de Bierset. Yves Leterme ne dit rien d’autre lorsqu’il propose une courte nuit, d minuit à 4 heures du matin sauf, et la restriction est importante, sauf si cela compromet les activités économiques du principal opérateur nocturne de Zaventem, DHL. Et le transporteur aérien de courrier a déjà fait connaître son point de vue : il a besoin de faire voler ses avions pendant cette tranche horaire. Faute de quoi, laisse-t-il entendre, il remettra en cause le maintien de son hub régional à Bruxelles. En clair, l’opérateur allemand, DHL est une filiale de la Deutsche Post , menace de partir avec armes et bagages sous des cieux nocturnes plus accueillants. Des paroles à prendre au sérieux. Ce ne sont pas des propos en l’air. On se souvient qu’en 2004 ce lancinant problème des vols de nuit, indispensables à l’activité industrielle de DHL ,s’était conclu de manière douloureuse pour l’emploi. Faute d’accord, DHL a purement et simplement déménagé ses installations principales vers Leipzig, laissant sur la carreau la moitié de ses 3000 employés. Ironie du sort, la mise en service des installations de Leipzig aura lieu le 1er avril prochain. Le spécialiste du courrier express a maintenu cependant à Bruxelles un centre régional qui occupe encore 1.500 personnes. Ce qui fait de lui le principal employeur de Zaventem. L’enjeu est donc d’importance. Yves Leterme, dont chacun loue les efforts dans ce dossier, a consulté tout le monde. Sauf DHL. Qui n’a pas apprécié. Et qui ne s’est pas privé de le faire savoir. Et qui dispose avec l’aéroport de Vatry, en France, d’un plan B. Faute ou erreur d’Yves Leterme ? A-t-il brûlé les étapes pour accrocher d’urgence une plume à son chapeau. Si l’opération avait réussi, la victoire eut été plus que symbolique. Mais voilà : au lieu d’habileté on parle aujourd’hui de maladresse. Le dossier des vols nocturne vient à nouveau de s’engluer dans le fourre-tout des négociations interminables. Et on sait que les négociations qui durent ne portent pas chance à Monsieur 800.000 voix. Ce n’est pas demain que les riverains de Zaventem dormiront sur leurs deux oreilles.