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19/03/2008

Accord gouvernemental : prudence et vérité ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Yves Leterme a beau parler de vérité et de transparence, son accord tient davantage du tract électoral que du programme de gouvernement.

La vérité tient dans l’affirmation des vœux que le nouveau gouvernement entend mettre en œuvre. La prudence dans l’aveu que rien de tout cela n’a été chiffré et que tout cela ne se réalisera, peut-être, qu’ en fonction des moyens budgétaires disponibles, s’il y en a.

Le seul objectif incontournable est de finir la législature en 2011 avec un budget en boni de 1pc. Il n’y a pas la moindre ligne sur la méthode que le gouvernement utilisera pour y parvenir. Par contre, en ce qui concerne les dépenses nouvelles, les négociateurs n’ont pas lésiné.

La performance est d’autant plus surprenante qu’en neuf mois les négociateurs et leurs experts ont largement eu le temps de se pencher sérieusement sur les chiffres. Mais non. Tout se passe comme si la date des élections régionales de 2009 était le point de chute inéluctable de la nouvelle majorité. Et qu’il convenait, par conséquent, de flatter l’électeur plutôt que mettre en œuvre des mesures pas nécessairement populaires.

En entretenant le flou sur les mesures promises et leur financement, Leterme Ier a posé autant de mines sous ses pas. Et comme le déminage n’est pas la première compétence de cette équipe on peut s’attendre à de joyeuses déflagrations dans les semaines et les mois à venir.

Et puis, il y a ces dossiers dont on ne dit mot dans l’accord : Zaventem, le dossier institutionnel, Bruxelles-Hal-Vilvorde, par exemple. Yves Leterme a arrêté le compteur sur 282 jours de crise. Un autre compteur vient de se mettre en route : celui qui décompte le  nombre de jours, 123, qui le sépare du 20 juillet. Son propre parti menace déjà de quitter le gouvernement si la moisson régionale n’est pas importante et significative.

Leterme Ier a tout d’un gouvernement définitivement provisoire.

 

18/03/2008

Leterme premier, “no future” ?

édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

Après 282 jours de négociations Leterme a enfin réussi à mettre tout le monde d’accord autour de la table. Ce n’est pas trop tôt. On s’en réjouit. Voilà un compteur qui a fini de tourner. Et nous voilà avec un gouvernement définitif sur les bras.

Enfin, c’est ce qu’ils disent tous la bouche en coeur : le texte fondateur de Leterme Ier serait, dixit Didier Reynders, “un bon programme pour travailler dans la stabilité et la durée”. Et la présidente du CDH, Joëlle Milquet cache mal son enthousiasme : “Cet accord reprend 90 pc du programme du CDH”, ne craint-elle pas d’affirmer.

Décidément, après de telles déclarations on ne peut qu’applaudir. Leterme a réussi la quadrature du cercle, il a su marier l’eau et le feu. Un talent de magicien qui, jusqu’à présent, avait échappé aux observateurs les plus sagaces.

Sans vouloir jouer les rabat-joies, on ne partagera pas, cependant, l’enthousiasme des négociateurs.

D’abord, il est excessif de parler de programme à propos de cet accord. Parlons plutôt de catalogue de bonnes intentions. Juste de quoi faire une déclaration gouvernementale à destination de parlementaires qui n’ont pas envie de faire des misères à leurs ministres frais émoulus.

Il est vrai que les promesses sont nombreuses. Pour avoir des idées de dépenses, ils ont eu des idées de dépenses. Ils en ont eu tellement qu’ils n’ont pas eu le temps de chercher les économies qu’il faudra faire pour les mettre en oeuvre. Faute de quoi ils deviendront les rois du déficit budgétaire. Ce qu’ils ne veulent être, disent-ils, à aucun prix.

Le truc tient en un mot “phasage”. “Phasage !” un mot que les ministres répètent comme une incantation, une parole magique capable d’opérer un sortilège. “Phasage”, de “phase”, mot qui désigne chacun des aspects que présente la lune à un observateur terrestre selon son éclairement par le soleil. “Phasage !” : on fera ce qu’on pourra quand on pourra. Promettre la lune, en somme.

Leterme n’a pas mis les problèmes non résolus au frigo, selon l’antique technique belge. Il les a repoussés à plus tard, aux semaines et aux mois à venir. Il a pavé son avenir de chausse-trapes qui seront autant d’occasion de disputes pour des hommes et des femmes qui n’ont pas démontré jusqu’ici leur profond désir de faire équipe ensemble. Leterme Ier, “no future” ?

LETERME I

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

A l’aube du deux cent quatre-vingt troisièmes jours de crise l’accord était au rendez-vous. Yves Leterme l’a annoncé il y a un  peu plus d’une heure : les négociateurs ont réussi à se mettre d’accord sur un programme de gouvernement.

 

Jeudi, le nouveau Premier ministre lira sa déclaration gouvernementale à la Chambre après que la nouvelle équipe aura prêté serment entre les mains du Roi. D’ici là les cinq partis vont encore devoir négocier la répartition des compétences entre les ministres qui feront partie de Leterme Ier. Une opération qui permettra aux négociateurs de pratiquer quelques exercices de musculation.

 

Ils sont donc d’accord. Il faudra attendre quelque peu pour voir sur quoi porte exactement le programme de ce gouvernement qui s’est tant fait attendre. Mais, sur le trottoir, les négociateurs avaient, manifestement, chacun leur lecture : pour Didier Reynders , c’est la réforme fiscale qui est au cœur du texte. Pour Elio Di Rupo c’est le pouvoir d’achat qui est le point d’arrimage de l’accord. Chacun, déjà, tire la couverture à lui. Ce qui n’a rien d’anormal en soi. Mais au vu de neuf mois de disputes incessantes cela n’augure rien de bon.

 

Il faudra voir jusqu’à quel point les négociateurs ont repoussé les sujets qui fâchent à plus tard et si, réellement, ce gouvernement se fixe un horizon qui va au-delà du 20 juillet.

 

Yves Leterme, après trois tentatives ratées, a, enfin, réussi. L’accouchement a été long et difficile. Il lui reste donc maintenant à gouverner.