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21/03/2008

Elio Di Rupo a joué un super-banco

Édito

Par Michel Konen

La Libre Belgique 

On se doutait bien que les dernières chamailleries autour de la composition du gouvernement Leterme Ier relèveraient davantage de l'arrière-cuisine que de la haute stratégie politique. Puisque des promesses avaient été faites - surtout par Didier Reynders - il fallait bien caser les fidèles parmi les fidèles ou les "emmer..." potentiels.

On se doutait bien que les dernières chamailleries autour de la composition du gouvernement Leterme Ier relèveraient davantage de l'arrière-cuisine que de la haute stratégie politique. Puisque des promesses avaient été faites - surtout par Didier Reynders - il fallait bien caser les fidèles parmi les fidèles ou les "emmer..." potentiels. D'où le côté plantureux et parfaitement inutile de ce gouvernement : ils seront donc 22 sous les ors et les lambris. On ne sait pas exactement pour quoi faire en ce qui concerne certains. Leur futilité est telle qu'il n'a même pas été jugé utile de leur attribuer une compétence, fut-elle de façade. Ils seront donc adjoints. Point, c'est tout !

Les autres secrétaires d'Etat n'étaient absolument pas nécessaires au bon fonctionnement de l'Etat. La seule curiosité est la compétence attribuée à Wathelet Jr : le budget. Curieux puisque ce poste stratégique - et décrit comme tel par la nouvelle majorité - est habituellement attribué à un ministre de plein exercice quand ce n'est pas à un vice-Premier. Ici la compétence revient à un novice qui ne fera pas partie du saint des saints et auquel on promet bien du plaisir lorsqu'il devra maîtriser les envies de dépenses des gros bras. La prestation de serment de Leterme Ier relève quasiment de l'anecdote. Le mot marchandage étant largement suffisant pour qualifier les derniers épisodes de la négociation. L'événement, en fait, s'est déroulé en dehors du palais de Laeken. Elio Di Rupo, c'est de lui qu'il s'agit, a profité de la confusion ambiante pour jouer un coup digne du super-banco. Temps un : Marie Arena, présidente du gouvernement de la Communauté française, monte au gouvernement fédéral. Temps deux : Rudy Demotte, président de l'exécutif wallon, prend en plus la présidence de l'exécutif communautaire. Il chapeaute désormais l'ensemble francophone. Ce n'est pas la fusion des institutions. Mais c'est l'affirmation forte de l'existence de la communauté Wallonie-Bruxelles, d'une communauté romande, comme disent les Suisses.

Elio Di Rupo crée ainsi les conditions pour qu'enfin les francophones wallons et bruxellois puissent définir entre eux et pour eux un avenir commun. Ce n'est pas d'un front contre la Flandre que les francophones ont besoin mais d'une vision commune de leur destin. Un premier pas, important, vient d'être franchi. Enfin ! On l'attendait depuis trop longtemps.

Di Rupo marque un point

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

 

22, v’là Leterme. Ce n’est pas encore un gouvernement des 36 chandelles, mais on est sur la bonne voie. Il aura donc encore fallu une nuit blanche aux négociateurs pour ajouter à 15 ministres 7 secrétaires d’Etat ! Pour un gouvernement qui prêche la prudence budgétaire c’est un bon début. Vraiment. A part satisfaire des promesses à des amis, n’est-ce pas Monsieur Reynders, on ne voit pas la raison de cette création d’emploi inutiles. C’est tellement vrai qu’on a oublié de donner des compétences à Bernard Clerfayt. Il fallait un FDF. C’est fait : il est simplement adjoint au ministre des Finances. Sans plus !

 

Plus significatif, et plus inquiétant, le budget n’est plus ministériel. Un simple secrétaire d’Etat se chargera du portefeuille gouvernemental. Navrant et mauvais signal donné par une équipe qui s’est surtout distinguée jusqu’ici par sa capacité à inventer des dépenses nouvelles plutôt qu’à trouver des économies.

 

S’il y a eu un événement hier, c’est du côté des institutions régionales et communautaires qu’il faut chercher. Elio Di Rupo, en faisant monter la présidente du gouvernement de la Communauté française au fédéral vient de jouer un super coup. Il a fait de Rudy Demotte le grand patron des francophones. Ce dernier cumulera désormais les fonctions de chef des gouvernements wallons et communautaires. S’il ne s’agit pas d’une fusion des institutions, il s’agit incontestablement d’un geste fort sur la nécessité pour les francophones bruxellois et wallons de mettre en commun toutes leurs énergies pour se forger un avenir et un destin commun. Le Front des francophones piloté par Didier Reynders est en panne. Elio Di Rupo, qui lui conteste le leadership au sud du pays, vient de marquer un point.

 

 

20/03/2008

Première scène de ménage !

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Ils n'ont pas encore commencé que déjà ils se disputent. Comme dans ces vieux ménages où le temps a rongé l'amour comme l'acide dévore le meilleur acier.

Mais ne sont-ils pas, déjà, comme les vieux couples amers ? Neuf mois qu'ils forcent leur nature pour se parler quand même, tout en se jetant la vaisselle à la tête. Lors de la législation précédente, Laurette Onkelinx, parlant de la coalition socialistes-libéraux, avait dit : "c'est un mariage contre nature !" Que dire alors de cette pentapartite qui n'a pas encore convolé et s'étripe déjà comme à la veille d'un divorce ?

Mardi, pourtant, fatigués par une nuit de veille, ils étaient tout sourires. Une bonne nuit de sommeil les a tous remis en forme. Ils ont repris des forces. Ils sont donc remontés aux barricades le couteau entre les dents.

Il n'y a rien d'anormal en soi à ce que les discussions pour la répartition des portefeuilles et des compétences soient âpres. Les partis politiques ont pour vocation de mettre en oeuvre leurs idées, leur vision de la société. Et il est dès lors légitime que chacun cherche, jusqu'au bout, à mettre dans son escarcelle les outils qui lui permettront de réaliser cette transformation de la société.

Mais il y a la manière. On redoute que le spectacle offert ne soit que le prélude à d'autres affrontements.

Le programme de gouvernement de Leterme Ier, par les trop nombreuses imprécisions qu'il comporte, favorisera ces postures guerrières. Chaque négociateur, dans les congrès réunis hier soir, a expliqué à ses troupes combien son parti avait pu faire passer ses priorités dans l'action future du gouvernement. Avec un hic, quand on additionne 90 pc des programmes de chaque partenaire, on totalise 450 pc de taux de satisfaction. Cherchez l'erreur !

L'erreur est la suivante : le flou artistique de l'accord permet à chacun de l'interpréter à sa manière et de crier victoire. Quand viendra l'heure des réalisations concrètes, immanquablement, les épées ressortiront du fourreau.

En attendant, les présidents se disputent avec âpreté la plus grosse part du gâteau. C'est que chacun a ses obligés et des appétits à assouvir.

N'oubliez pas, Yves, Joëlle, Elio, Didier et tous les autres, votre rendez-vous du jour : 13 heures pétantes. A Laeken. Le Roi, lui, est toujours à l'heure.