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14/04/2008

Le gouvernement doit agir. Vite !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Sommes-nous gouvernés ? Avant, on savait que non puisqu’il n’y avait pas de gouvernement. Aujourd’hui on se pose la question tant le silence de Leterme Ier est impressionnant. Passe encore sur le repos de mi-temps que les frais émoulus ministres se sont accordé le temps du congé de Pâques. Depuis, tous les belges sont rentrés au boulot. Les grands chefs en sont toujours, eux, à essayer d’attribuer des compétences à leurs trop nombreux Secrétaires d’état en embrouillant soigneusement les pistes. Songez donc, Bernard Clerfayt ne sait toujours pas à quoi il sert vraiment ou encore Melchior Wathelet qui croyait gérer la politique familiale devra la partager avec deux autres ministres.

 

Cela ne serait rien encore. D’ici le 20 juillet il faudra bien quelque chose sur le plan institutionnel. Les flamands veulent du solide, les francophones, Didier Reynders en tout cas, se contenteraient de peu. Alors quoi exactement ? Nul ne le sait. Le dossier, soudainement, paraît être au point mort. Un peu comme si on allait attendre la dernière minute, un peu comme si la sérénité empêchait de réfléchir, un peu comme si seule l’urgence permettait d’avancer !

 

Plus immédiat et sans doute plus important : le budget. On sait celui-ci mal né. Déjà, en voyant le jour, il ne rencontrait qu’à grand-peine un équilibre tout théorique. Depuis des idées de dépenses nouvelles ont vu le jour. On attend toujours le volet économies de ce budget qui entre dans sa phase de dérapage incontrôlé. Tous les indicateurs macroéconomiques sont aujourd’hui au rouge.

 

Les institutions économiques internationales, mais aussi le bureau du plan ont tiré le signal d’alarme : la croissance espérée ne sera pas au rendez-vous. Or le budget de Leterme Ier a tout parié sur une croissance énergique. Déjà les recettes fiscales sont en berne : les rentrées sont inférieures aux prévisions.

 

Il y a donc urgence. Nos concitoyens ont du mal à comprendre l’inaction actuelle alors que l’inflation menace en Belgique plus qu’ailleurs en Europe rognant insidieusement un pouvoir d’achat mis à mal par la hausse des prix des produits pétroliers et des biens alimentaires.

 

Le gouvernement n’a pas d’excuses, il doit agir. Vite !

 

 

11/04/2008

Trop payés les grands patrons ?

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel KONEN

 

On a beaucoup parlé cette semaine des salaires perçus par les dirigeants des grandes entreprises belges. Et plus encore des hausses qui leur ont été attribuées à un moment où il est question de modération salariale et de pouvoir d’achat. Disons-le franchement, pour le pouvoir d’achat, il a été préservé en ce qui les concerne, certains obtenant quelque 40 pc d’augmentation. Et, dans ces conditions, pour ce qui est de la modération salariale, on ne dira pas que l’exemple vient d’en haut.

 

Comme on se situe tout de même au-delà du million et demi d’euros de revenu les chiffres ont interpellé et suscité de nombreux commentaires.

 

Disons d’emblée que le problème des salaires des grands PDG interpelle ailleurs qu’en Belgique : en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas aussi la question est posée, jusqu’à vouloir légiférer pour éviter ce que d’aucun qualifie d’abus.

 

Signalons encore que comparés à ceux de leurs confrères européens les salaires des PDG belges restent modestes.

 

Ces salaires élevés sont-ils scandaleux ? Observons d’abord qu’ils ne concernent qu’un nombre très restreint de bénéficiaires et que l’arbre ne doit pas cacher la forêt. La plupart des chefs d’entreprise, tout en étant très correctement payés, sont loin de ces sommets. Quant aux heureux bénéficiaires ils bénéficient de la loi de l’offre et de la demande. Et s’agissant de sociétés privées, c’est aux actionnaires qu’il appartient d’exercer leurs droits de contrôle et de mettre fin aux excès. Quant aux grandes entreprises publiques, il appartient à l’état de trouver l’équilibre entre la nécessité de trouver des managers de grand format et des salaires raisonnables.

 

Comparés aux émoluments des vedettes du show-biz ou des sportifs internationaux, les salaires des managers ne sont que roupie de sansonnet. A l’aune des responsabilités sociales exercées, on peut dire que les PDG sont plutôt mal lotis.

 

Un problème fait cependant l’unanimité : celui des « golden parachutes », c’est-à-dire des indemnités de licenciements. Voilà des hommes qui ont failli à leur mission, mis à mal l’entreprise dont ils avaient la charge et qui sont remerciés en percevant au passage des sommes qui les mettent, eux et leurs familles, à l’abri pour plusieurs générations. S’il est une face cachée scandaleuse de la vie des entreprises, c’est bien celle-là. 

 

 

07:30 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Economie, salaires, patrons

01/04/2008

Pourquoi parler de Fourniret ?

Édito

La Libre Belgique

Mis en ligne le 01/04/2008

Par Michel Konen

La question fait débat parmi les lecteurs et aussi dans les médias : la presse parle-t-elle trop, et mal du procès Fourniret ? Fallait-il consacrer à cette affaire un tel nombre de pages ? Fallait-il donner les détails des actes commis par ce couple diabolique ?

La Libre a choisi de couvrir et de commenter ce procès pas seulement parce qu'il sort de l'ordinaire mais parce que, croyons-nous, il relève de l'extraordinaire et parce qu'il pose, comme le procès Dutroux en son temps, de graves questions de société. Et qu'il est nécessaire dès lors, sans se complaire dans l'horreur et la perversité des crimes commis, de décrire les choses dans leur totalité. Pour que chacun se fasse son opinion.

Il y a d'abord, s'agissant d'Elisabeth Brichet, cette enquête qui s'étale sur des années et l'admirable volonté de sa maman, Marie-Noëlle Bouzet, de se battre sans répit pour connaître la vérité. Il y a bientôt 12 ans qu'avec les Russo et les Lejeune elle mobilisait l'opinion et faisait descendre dans la rue près de 300 000 Belges : c'était la marche blanche. Une marche qui interpellait toutes les institutions et servait de catharsis à une population entière. Et en particulier notre système judiciaire et policier.

Exemple, la libération conditionnelle. Fourniret, comme Dutroux d'ailleurs, a bénéficié, en France, d'une libération conditionnelle. Condamné pour viol, il a pu bénéficier de cette mesure. Et commettre la série de crimes que l'on sait. Aujourd'hui, les experts estiment que Fourniret n'est pas guérissable. Question : pourquoi, à l'époque, cette perversité n'a-t-elle pas été détectée ? Et si elle l'avait été, quelles mesures fallait-il prendre ? Cette question est aujourd'hui au coeur du débat judiciaire belge. Et elle dépasse, de beaucoup, le problème des peines incompressibles. Au-delà du cas Fourniret il y a l'utilité de la prison, l'application de mesures telles que la castration chimique.

Fourniret, c'est aussi une interpellation européenne. On sait que l'homme a pu se livrer à ses actes odieux, inhumains, parce que la communication des condamnations entre les pays européens n'est pas ce qu'elle devrait, ce qu'elle pourrait être. Depuis les choses se sont améliorées, heureusement. Mais on est encore loin du compte en matière de coopération judiciaire et policière.

C'est tout cela qui fait de Fourniret non pas un exemple, mais un cas exemplatif.

08:01 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Justice, Fourniret