Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/05/2008

Leterme, erreur de casting ?

Editorial

Ciel Radio

par Michel Konen 

Du propre aveu d’Yves Leterme, il faut que le gouvernement s’occupe - enfin, ajoutera-t-on - des vrais problèmes qui intéressent les gens. Exemples : l’énergie chère, l’inflation, l’emploi, le prévisible dérapage budgétaire, les problèmes nés des flux migratoires, etc. Sur foi de quoi le Premier ministre a joué le surplace en matière institutionnelle. Sur tout le reste aussi d’ailleurs.

 

Depuis le passage du « bon » docteur Verhofstadt, plus rien, nada. Le groupe des sages, qui a défini le premier paquet de réformes – vivement critiqué, la semaine dernière, par le Conseil d’état -, le groupe des sages donc, qui avait suggéré un deuxième paquet de réformes pour le 15 juillet semble s’être évaporé. On ignore s’il existe encore et si oui quelle est sa composition. Leterme ferait bien d’accélérer sa réanimation. Les mois qui viennent de s’écouler ont démontré que le numéro I du CD&V est incapable de s’en sortir tout seul. Tous les compromis qui ont été nécessaires pour mettre sur pied cette coalition ne sont pas de son fait. Ils ont été imaginés et négociés par d’autres.

 

Depuis que les cloches de Pâques ont déposé Leterme Ier dans le jardin des Belges, rien n’a bougé. La majorité a déjà commencé à se disputer, comme l’ont si bien montré les premiers débats parlementaires sur les sujets les plus divers.  Ces gens là n’ont tout simplement pas envie de faire un bout de chemin ensemble.

 

Qu’il s’agisse de l’institutionnel ou de l’économique et social, Leterme ne « sent » pas cette coalition qui, au fond, n’est pas vraiment la sienne. Au point d’avoir « cru », avec son cartel CD&V-NV-A , que les francophones, tranquillement, enclencheraient un nouveau conflit d’intérêt sur BHV afin de donner du temps au gouvernement.

 

Question : mais qu’à fait Leterme du premier répit de 120 jours ? Réponse rien ! Et qu’a fait ce gouvernement depuis qu’il est en place ? Réponse : rien.

 

Tout ça commence à sentir l’erreur de casting !

 

02/05/2008

Quarante ans après le Walen buiten

 

Édito

La Libre Belgique

le 02/05/2008

Par Michel Konen

L'histoire ne serait-elle qu'un éternel recommencement ? Notre Mai 68, celui qui a compté dans l'histoire politique du pays, nous l'avons connu en février, 3 mois avant le printemps parisien.

On épilogue beaucoup, ces temps-ci, sur ce que ce chaud printemps a laissé comme traces dans nos sociétés. Chez nous, pas de doutes : le 7 février 1968 est à marquer d'une pierre blanche. A force de vociférer "Walen buiten" dans les manifestations et marches diverses, les flamands ont fait coup double. Ils ont eu la peau du gouvernement Vanden Boeynants-De Clercq et celle de l'Université Catholique de Louvain sise à Leuven : dehors les Wallons et les Bruxellois francophones !

Le combat flamand obtenait là une victoire majeure six ans après la fixation de la frontière linguistique, aujourd'hui intangible. Dès lors la volonté de flamandiser à tout prix tout ce qui pouvait l'être n'a jamais faibli. Qu'il s'agisse des Fourons ou des facilités dans les communes de la périphérie, la volonté flamande a été inflexible : pas de concessions, engranger ce qui peut l'être, remettre en cause, par n'importe quels moyens, tout ce qui, de près ou de loin, pourrait laisser croire que le Flamand n'est pas tout-à-fait maître chez lui sur le sol sacré du Lion des Flandres.

L'ensemble des partis du nord, sans exception, ont intégré cette contrainte. Et sous la pression des partis les plus radicaux ils se sont radicalisés à leur tour.

Gaston Eyskens avait diablement raison de dire, en 1970, après une première réforme de l'Etat : "la Belgique de papa à vécu".

Depuis, toutes les réformes sont allées dans le sens de plus d'autonomie pour les Régions et Communautés. Et l'éradication du français a tourné à l'obsession.

Quarante ans plus tard la Flandre a le sentiment de n'avoir pas encore abouti dans sa démarche. Il faut effacer tout ce qui reste encore de francophone sur son sol : BHV, bourgmestres de la périphérie, inspection scolaire, tout cela leur est devenu insupportable.

Le problème linguistique est comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Il occupe tout l'espace politique, occulte tous les autres problèmes qu'un état soucieux du bien-être de ses citoyens prend prioritairement en charge.

En quarante ans les choses ont quand même un peu changé. On est passé du "Walen buiten" au "Frans verboden"

01/05/2008

L'automne revient au printemps

Édito

La Libre Belgique

30/04/2008

Par Michel Konen

Le temps passe mais tout, pourtant, semble immobile. La météo politique printanière laisse la place au crachin d'automne. Une nouvelle fois les espoirs d'embellie sont déçus. Mais qu'il est difficile de se parler en ce pays ! Ce n'est pas une question de langue : il y a bien assez de très bons bilingues dans ce gouvernement pour que cela ne soit pas un obstacle. Non, on ne se comprend pas, on ne se comprend plus. On ne peut plus, on ne veut plus se comprendre. Allez savoir !

Onze mois que ça dure. Onze mois de dialogue de sourds. A qui la faute ? A un peu tout le monde sans doute et à personne, au fond. Le Nord et le Sud sont sur des planètes différentes et des perturbations bloquent les communications.

La situation est d'un surréalisme qui défie l'imagination : nous voici avec un CD & V, ligoté par son allié séparatiste de la NV-A, qui demande aux francophones d'initier une procédure en conflit d'intérêt afin de l'empêcher de faire ce qu'eux-mêmes qualifient de bêtise : voter la scission de BHV à la Chambre. De l'autre côté, les francophones refusent de mettre en oeuvre ce subterfuge. Ils exigent comme le prévoit l'accord du gouvernement une solution négociée.

Tout le monde est d'accord d'ailleurs pour négocier. Mais il y a les symboles. Ceux d'une Flandre pour qui ne pas avancer, c'est déjà reculer. Ceux des francophones pour qui ne pas s'opposer, c'est déjà renoncer.

Au milieu du champ de bataille, un Premier ministre qui fait ce qu'il peut mais ne peut rien. Resté inactif depuis qu'il est en fonction, il a laissé monter la tension sans chercher, à aucun moment, à désamorcer la bombe.

Si l'on gomme le côté emblématique des choses, le vote flamand sur BHV n'est pas très grave en soi pour les francophones : les moyens d'en bloquer les effets sont multiples et variés. De même, le report de ce vote à la mi-juillet n'a aucune importance, les parlementaires flamands pourront y revenir en toute hypothèse quand ils le voudront.

Mais les symboles ont la vie dure. La politique se nourrit davantage de postures guerrières que de gestes d'apaisement.

"On doit chercher une solution négociée pour BHV" , relève-t-on côté flamand. Côté francophone : "On doit trouver une solution négociée pour BHV." Cherchez l'erreur !