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07/05/2008

Henri Conscience et l'étape BHV

Édito

L Libre Belgique

Par Michel Konen

"La Belgique se trouve dans une situation artificielle qui, sans aucun doute, constitue une menace pour l'existence même de la patrie"

 

Jamais ce texte n'a autant été d'actualité. On le croirait écrit par un éditorialiste d'aujourd'hui à propos du débat animé autour de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il n'en est rien !

 

Cette phrase est celle qui ouvre le "Manifeste du mouvement flamand". Elle date du 6 novembre 1847. Elle est prémonitoire.

Plus loin, après avoir décrit les menaces qui pèsent sur la culture flamande le "Manifeste" poursuit : "... avec l'espoir qu'un jour, la haute administration sera suffisamment équitable et courageuse pour détruire toutes les raisons justifiées de haine et de discorde qui séparent nos deux peuples".

Inspiré par Henri Conscience, l'homme qui révéla la Flandre à elle-même, ce texte n'a cessé d'être la pierre angulaire du Mouvement flamand tout au long de son histoire. Un texte fort qui dénonce avec véhémence - et avec raison à l'époque - les humiliations que devaient subir les habitants d'une Flandre dominée et méprisée par les francophones.

161 ans ont passé. Et le temps ne semble toujours pas venu "pour que nous (les flamands) puissions vivre dans la concorde et avec des sentiments d'amitié et de fraternité affectueuse envers nos compatriotes wallons; car ce n'est qu'à partir de ce moment-là que le pays des Belges sera établi sur des bases solides".

Faut-il en dire plus ? Ce texte contient toutes les clefs qui expliquent pourquoi les parlementaires, tous partis confondus, voteront le texte qui organise la scission de l'arrondissement de BHV.

La Flandre, aujourd'hui sûre d'elle-même et dominatrice, n'a pas encore réglé ses comptes avec le passé. Elle craint toujours de perdre son identité, malgré son incroyable réussite économique et culturelle. Elle vit encore comme si, demain, la menace francophone pouvait surgir à nouveau et enclencher une infernale machine à remonter le temps.

La frange des nationalistes flamands a fait son choix. Pour elle le moment où "le pays des Belges sera établi sur des bases solides" n'existera plus jamais.

Le débat actuel sur BHV, les bourgmestres de la périphérie, la régionalisation accrue des compétences et des moyens ne sont qu'une étape sur le chemin de l'indépendance.

Et si Leterme jouait les élections ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Cette fois, c’est sûr, la situation doit être grave, voire désespérée. Yves Leterme a en effet du renoncer au rendez-vous du jour. Personne ne l’a vu hier dans la Cité ardente célébrer, avec 25.000 autres supporters en délire, la victoire du Standard en championnat de Belgique. C’est tout dire ! Il reste à présent moins de trente heures au Premier ministre pour prendre initiative et ramener l’ordre et la discipline dans les rangs de sa majorité branlante. Car si les parlementaires gardent la main il ne fait pas de doute que la proposition de loi scindant l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde sera adoptée par la majorité flamande. Les membres du CD&V-N-VA sont les plus excités à vouloir en découdre. Si l’incident devait se produire, on ne donne pas cher de la peau de ce fantomatique gouvernement Leterme Ier. La seule question qui vaille est : Yves Leterme garde-t-il dans sa manche un maître atout ? L’étrange passivité, voire l’indifférence, dont a fait preuve jusqu’ici le Premier ministre permet d’en douter.  On restera néanmoins prudent tant, il est vrai, que le sac à malice de la politique belge permet de réaliser des tours de prestidigitation extraordinaires. Mais si c’est le cas on comprend moins encore la stratégie de Monsieur 800.000 voix car, s’il réussit à sauver sa tête, la crise qu’il aura laissé se développer laissera des traces profondes et durables au sein de sa majorité et de son équipe gouvernementale. A moins qu’Yves Leterme, machiavélique, n’ai déjà fait son deuil d’une Belgique à laquelle, il y moins d’un an, il ne trouvait plus la moindre valeur ajoutée. Yves Leterme jouerait alors la carte d’élections rapides, qui lui permettrait de se présenter comme le plus flamand des flamands, celui qui n’a rien cédé aux francophones. Sa cote de popularité est restée intacte en Flandre. Tout ceci ne serait alors qu’un scénario catastrophe destiné à préparer le vrai rendez-vous communautaire. Son attitude permet toutes les spéculations. A lui de jouer !

 

06/05/2008

BHV, les chimères communautaires

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Yves Leterme finira bien par se poser la question : mais que s’est-il donc passé pour qu’il ne pèse soudain plus rien au sein de sa propre famille politique ? Hier soir encore le scénario proposé pour sortir de la crise a été rejeté sans état d’âme par le CD&V-NV-A. De quoi s’agissait-il ? De peu de choses en vérité : une déclaration du Premier ministre à la Chambre affirmant que le gouvernement cherchait une solution négociée à ce maudit dossier de BHV et, en compensation, les francophones actionnaient la procédure en conflit d’intérêt. Après les séances de musculation linguistique de ces derniers jours ce n’était pas vraiment une sortie de crise flamboyante, tout le monde avait l’air un peu bête mais, bon, l’animal politique made in Belgium survit parfaitement à ces tours de foire.

 

Mais non, rien à faire, Le CD&V-NV-A a renvoyé Leterme dans le coin. C’est qu’ils ont vraiment envie de presser le bouton vert de leur banc de parlementaire, les démocrates chrétiens flamands ! Tout en affirmant, comme de bien entendu, qu’ils sont pour une solution négociée du dossier.

 

Désormais, le CD&V-NV-A se retrouve seul aux côtés des extrémistes ultranationalistes pour imposer BHV à l’agenda de la Chambre. Open VLD et SP.A sont d’accord, pour leur part, d’attendre. A condition que le parti du Premier ministre renonce à inscrire ce point à l’ordre du jour. Ce qu’il refuse ! Comprenne qui pourra !

 

Le CD&V, cornaqué par son allié de la NV-A, veut une victoire symbolique à l’approche des élections régionales et européennes de 2009. Quel qu’en soit le prix. Au mépris de l’intérêt du pays et de ses citoyens !

 

Le CD&V est bien le digne héritier du CVP : c’est avec délectation qu’il sacrifie ses leaders sur l’autel des chimères communautaires.