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09/05/2008

La très grande faute d’Yves Leterme

Edito

Par Michel Konen

La Libre Belgique

 

La scène avait quelque chose de pathétique. Le Premier ministre, à la tribune de la Chambre, avait l’air étrangement absent. Yves Leterme lisait son texte comme s’il n’en était pas vraiment l’auteur.

Et c’est sans doute le cas. Chaque mot de sa déclaration a été pesé en comité ministériel restreint. Elle dit : “En ce qui concerne les lignes de force de la réforme des institutions, en particulier le travail relatif à l’élaboration d’une solution négociée au dossier de BHV, et, en ce qui concerne les lignes de force de la politique socio-économique, le gouvernement s’engage à nouveau, comme il a été convenu, à faire une déclaration sur l’ensemble de ces sujets le 15 juillet”.

Pas d’envolée, pas d’appel à sa majorité. Rien qu’un texte qui est un terrible aveu d’impuissance. Les francophones ne peuvent s’opposer, numériquement, au passage en force des parlementaires flamands sur le dossier BHV. Ils mettront donc en œuvre les ressources de la procédure parlementaire pour renvoyer l’examen de la proposition de loi scindant BHV à plus tard.

Par contre les Flamands peuvent faire leur deuil de la date du 15 juillet. Le gouvernement se contentera d’une déclaration sur la réforme de l’état – y compris BHV – ainsi que sur la politique économique et sociale. Ils voulaient tout tout de suite. Ils devront attendre. Et le gouvernement gouvernera à minima, avec son budget étriqué et ses ambitions modestes.

Reste à voir si, dans ces conditions, ce gouvernement a encore des espoirs de survie et s’il n’est pas utile, d’envisager rapidement un plan B. Yves Leterme doit se ressaisir, agir, initier des compromis, piloter sa majorité, abandonner cette mélancolie qui le conduit à l’immobilisme. S’il en est incapable, à quoi bon occuper encore le 16 de la rue de la Loi ?

La solution pour BHV passe nécessairement par la négociation. Aucun francophone ne pourra jamais accepter que Bruxelles soit enclavée dans un pays flamand aux frontières intangibles comme hier Berlin encerclé par l’Allemagne de l’Est. La scission pure et simple de BHV signifierait à terme – et un terme plus rapproché que certains le pensent – en tout cas la fin d’une Belgique fédérale, et peut-être même d’une Belgique confédérale. Leterme, par sa fonction, avait le devoir de tout mettre en œuvre pour éviter les affrontements qui s’annoncent. Il n’a rien fait. C’est sa très grande faute.

08/05/2008

BHV, se faire plaisir pour le plaisir

Édito

Par Michel Konen

La Libre Belgique

08/05/2008

On veut bien parier qu'ils ne résisteront pas à la tentation de s'auto-administrer un nouveau petit frisson orgasmique tout pareil à celui qui les avait saisi le 7 novembre 2007 en commission de l'Intérieur de la Chambre. Un plaisir fugace, sans doute, mais vain, comme chacun sait. Sauf initiative bien improbable d'un Yves Leterme - Premier ministre ? - plus à l'aise en chef des supporters du Standard de Liége qu'en leader de sa majorité, les parlementaires flamands mettront donc la proposition de loi organisant la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde à l'agenda de la séance plénière de la Chambre.

 

 

Il n'y aura pas le feu au lac pour autant, comme disent nos amis de Genève. L'arsenal de contre-mesures (v.pp 2 et 4) est abondant et les francophones ne manqueront pas de l'utiliser pour envoyer ladite proposition s'égarer dans les arcanes du labyrinthe des procédures parlementaires. L'affaire peut encore prendre des mois.

 

Le nirvana politique à la sauce flamande restant décidément hors d'atteinte, les parlementaires du CD&V/N-VA cesseront rapidement de plâner pour rejoindre les dures réalités terrestres. Et faire le bilan !

Les symboles n'ont pas de prix, mais il y aura beaucoup de vaisselle cassée : une crise de confiance profonde et qui laissera des traces durables. Plus aucun francophone ne croira en la sincérité du CD&V/N-VA lorsqu'il prétend vouloir négocier un accord. Une majorité branlante, un Premier ministre démonétisé, un gouvernement affaibli : voilà à quoi aboutira ce passage en force. Joli résultat !

Plus grave, mais peut-il en être autrement, ce gouvernement qui ne disposait que d'un mini-programme, d'un budget étriqué et d'ambitions modestes va devoir, s'il survit, renégocier un accord d'action. On imagine mal en effet que les francophones restent impassibles.

Ils remettront en cause le calendrier des réformes institutionnelles. A commencer par ce deuxième paquet qui devait aboutir pour le 15 juillet et qui comprenait précisément un accord, négocié, sur BHV.

Allons, Monsieur Leterme, vous avez, aujourd'hui,le sort de votre majorité entre vos mains. Vous avez l'occasion de montrer qu'il y a un capitaine à bord du rafiot. Cela ne demande que 5 minutes de courage politique à la tribune de la Chambre.

BHV, mauvaise pièce pour mauvais acteurs

Editorial

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Quarante sept jours à peine après sa mise en place, voici donc que le gouvernement d’Yves Leterme connaît déjà sa première crise existentielle. Cet après-midi, à 14H00, à la Chambre, les francophones et les Flamands se retrouvent face-à-face pour jouer le psychodrame « La guerre de BHV aura bien lieu ? ». Sauf sursaut, bien improbable, du chef du gouvernement la poudre va parler. Combien y aura-t-il de morts ? Il y a peu de doutes, le CD&V/N-VA mettra à l’ordre du jour de la Chambre le vote de la proposition de loi organisant la scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et les francophones puiseront dans l’arsenal des mesures de retardement de quoi renvoyer celle-ci dans le dédale des procédures parlementaires.  Mais l’histoire ne s’arrêtera pas là. Ce face-à-face imposera aussitôt de dresser le bilan de Leterme Ier. La confiance entre les membres de la majorité s’en trouvera affaiblie de manière durable et profonde au point de mettre l’existence même du gouvernement en jeu. On imagine mal, en effet, que les francophones restent impassibles et subissent l’affront sans broncher. Ils remettront sans doute en cause le calendrier des réformes de l’Etat. La date fétiche du 15 juillet, qui doit voir régler le deuxième paquet de compétences à régionaliser pourra-t-elle être maintenue ? Et si ce n’est pas le cas, quels séismes viendront encore ébranler la vie de cette majorité branlante ? Par ailleurs, de quel crédit disposera encore Yves Leterme qui loin de gérer cette crise aura subi les événements plutôt que de tenter de les maîtriser ? BHV, dont il était de toute manière prévu qu’il soit négocié cet été, ne méritait pas cette si mauvaise pièce jouée par de si mauvais acteurs.