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20/05/2008

La SNCB ouvre le bal

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Les travailleurs du rail réussiront sans aucun doute leur pari : mettre la pagaille dans l’économie du pays. On ne reviendra pas ici sur les maladresses commises tant par la direction que par les organisations syndicales dans cette négociation au cœur de laquelle on retrouve le pouvoir d’achat. On voit bien au-delà des communiqués triomphants sur le rétablissement financier de la S NC B combien la santé économique de la société reste fragile et combien elle doit compter encore sur la participation de l’Etat, c’est-à-dire sur les contribuables que nous sommes, pour ne pas sombrer dans le rouge. Mais une chose est sûre, en utilisant l’arme fatale de la grève, en prenant le pays en otage, en abusant de son monopole, la S NC B n’augmente pas son capital sympathie dans l’opinion publique.

 

Bizarrement la ministre des transports, Inge Vervotte estime impossible de mettre en place un service minimum pourtant prévu dans l’accord de gouvernement. Il faudra dès lors songer à privatiser ou à introduire la concurrence dans ce secteur afin d’offrir le choix aux utilisateurs.

 

On ne voit pas l’action des cheminots faire tache d’huile dans l’ensemble des entreprises du pays. Mais cette action ouvre sans doute le bal de revendications qui auront pour objet le pouvoir d’achat. Les organisations syndicales vont mener des actions en ce sens à la mi-juin. Et cette semaine, les socialistes vont mettre la question au centre même de l’action gouvernementale, prêts à troquer la réforme de l’Etat contre des réformes sociales.

 

Tous les ingrédients sont là pour vivre un été d’autant plus chaud que les prix de l’énergie continuent à s’envoler.

 

Réformes institutionnelles contre réformes sociales : aux clivages nord-sud vont  s’ajouter les oppositions droite-gauche. Le mélange risque d’être détonnant

 

On saura vite si ce gouvernement sera capable de passer l’automne.

 

 

19/05/2008

SNCB : une nouvelle fois...

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN 

Demain, donc, il faut s’attendre à une gigantesque pagaille sur le rail et, par conséquent, sur les routes. Une nouvelle fois les syndicats cheminots utilisent l’arme ultime de la grève. Une nouvelle fois les usagers sont pris en otage. Une nouvelle fois certains réclament la mise en place d’un service minimum. Une nouvelle fois d’autres estiment qu’il est impossible de mettre ce service minimum en place.

 

Une nouvelle fois, la Belgique tourne en rond. Nouveau signe de cette incapacité de décider qui est la règle dans notre pays. Nouveau signe, aussi, de la coupure entre le monde du travail et les dirigeants des entreprises. Comme d’autres dirigeants de grandes entreprises, le patron de la S NC B s’estime sous-payé et réclame une augmentation – qui vient de lui être refusée - et, parallèlement, les cheminots réclament eux des hausses salariales pour remettre leur pouvoir d’achat à niveau – que le patron de la S NC B n’est pas prêt à leur accorder. Dialogue de sourd et prétentions hors de propos de part et d’autre.

 

La bonne santé financière de la S NC B n’est qu’apparente. L’Etat intervient toujours pour des montants considérables afin d’équilibrer les comptes. A l’heure ou l’on parle de privatisation et de mise en concurrence du trafic voyageur, le rail belge a encore de sérieux efforts à fournir pour rencontrer l’efficacité qui devrait être la sienne.

 

Cette grève tombe de surcroît à un mauvais moment : peu à peu le rail à réussi, le prix du carburant étant ce qu’il est, à convaincre une nouvelle clientèle. Cette prise d’otage des usagers ne peut qu’inciter ceux-ci à la méfiance.

 

Le dialogue social à la S NC B paraît déconnecté de la réalité. Il est temps de revenir les pieds sur terre.

 

09/05/2008

Rupture

EDITORIAL

Ciel RADIO

Michel KONEN

 

Ce matin, sur le coup de deux heures trente, la majorité flamande a imposé la scission de BHV à l’agenda de la Chambre. Et les francophones, comme prévu, ont aussitôt mis en place les manœuvres de retardement.

 

Yves Leterme, lui, y allait de son commentaire : «  C'est un moment pénible pour le pays et pour les relations entre les deux grandes communautés. On va voir dans les jours qui viennent comment le surmonter et arriver à réunir à nouveau à une table de négociation ceux qui sont prêts à solutionner ce dossier ». Le Premier ministre semble décidément vivre dans une troisième dimension inaccessible au commun des mortels. Durant cette interminable journée il est, selon son habitude, resté totalement absent ne tentant, à aucun moment, de faire une proposition de compromis ou même de raisonner sa majorité.

 

La vaisselle est bien cassée, la confiance a volé en éclat. La première conséquence du vote est que l’agenda gouvernemental qui prévoyait la négociation de réformes institutionnelles pour le 15 juillet n’est plus d’actualité. Voilà qui ne va pas calmer les esprits.

 

Yves Leterme, comme si de rien n’était, se propose donc désormais de réunir autour de la table ceux qui sont prêts à solutionner le dossier BHV. Comme s’il n’avait pas pu le faire avant de laisser se produire l’irréparable. Cette rupture va changer les pratiques de la vie politique en Belgique. Dans n’importe quel pays normal le Premier ministre aurait déjà présenté sa démission. Mais la Belgique est-elle encore un pays normal ? La question devient Yves Leterme est-il vraiment le mieux placé pour  recoller la porcelaine, lui qui jusqu’à présent n’a fait preuve d’aucune initiative.

 

« L’imagination au pouvoir » écrivait-on sur les murs en mai 1968. Monsieur 800.00 voix, manifestement ne fait partie  de cette génération là.