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13/06/2008

Van Cau : tourner la page, vite !

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

S'il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches, alors il est multimillionnaire, pour le moins. Jean-Claude Van Cauwenberghe l'ex [?]- homme fort de Charleroi fait à nouveau parler de lui et, par la même occasion, refait la Une de l'actualité.

Ancien bourgmestre de Charleroi, ancien Ministre-président du gouvernement de la Région wallonne, Van Cau est au coeur de la tourmente qui a gravement déstabilisé le parti socialiste au cours des deux dernières années. Une tourmente que le PS a payée cash en termes électoraux : perte du mayorat à Charleroi, sanction aux élections fédérales au point de se faire piquer la première au hit-parade des paris francophones par un MR emmené par un Didier Reynders triomphant.

La faute à qui ? A Jean-Claude Van Cauwenberghe. A tort ou à raison l'homme passe pour être le "parrain", quasiment au sens mafieux du terme, de sa ville. Un potentat par qui tout passe, un tyran à la main d'acier dans un gant de fer qui fait et défait les carrières comme les fortunes. Une image de Roi soleil sauce Pays noir.

 

Ses amis - ses affidés devrait-on dire - politiques démissionnent, se retrouvent en prison, sont inculpés. Lui passe entre les gouttes. Car, s'il est toujours cité, il n'est jamais inquiété.

Curieusement, cet homme vilipendé par les médias, ses adversaires politiques, jusque dans son propre parti, n'a jusqu'à présent jamais été entendu par la justice, dans aucune des affaires où son nom a été cité. Elio Di Rupo, président du PS, vivra là une des périodes les plus noires de sa présidence. Il veut changer l'image de son parti, changer les pratiques clientélistes, imposer de nouveaux visages - les rénovateurs - qui doivent être le signal d'une nouvelle culture politique socialiste. Mais comment écarter un Van Cauwenberghe qui, laissé tranquille par la justice, n'entend pas faire un pas de côté ? Comment faire, sans mettre en cause la présomption d'innocence, pour que Van Cau se fasse oublier ? Beaucoup reprocheront à Di Rupo de n'avoir pas tranché dans le vif. D'autres ne lui pardonneront pas d'avoir "tué" l'Obélix carolorégien.

Pour la première fois, Van Cauwenberghe est directement mis en cause. Le dossier, pour ce qu'on en sait, paraît léger. Mais il tombe à l'écart d'une période électorale. Van Cau n'est plus un enjeu. Il faut espérer que la justice fasse vite. La Wallonie doit tourner cette page-là. Au plus vite !

09/06/2008

Un an déjà, bonjour tristesse !

édito

Par Michel Konen

Nous voici donc 366 jours plus tard. Une année que nous avons voté. Et le rabiot d’une journée supplémentaire due à 2008 année bissextile n’aura été d’aucun secours. L’impression d’un long surplace hante les esprits.

On a connu six mois sans gouvernement. On a connu six mois avec un gouvernement. On n’a pas vu la différence : toujours ce sentiment de vacuité absolue.

Ils en font pourtant des efforts pour nous convaincre – pour se convaincre eux-mêmes ? – de ce qu’ils voudraient s’occuper “des problèmes qui intéressent les gens”. Rien n’y fait ! L’image d’une équipe qui tire à hue et à dia et celle d’un chef d’équipe amorphe sont trop prégnantes. Ce gouvernement fait de bric et de broc rassemble tout et son contraire. Divisé Nord-Sud sur les questions linguistico-communautaires, il l’est aussi sur l’axe droite-gauche en matières socio-économiques. Et pour couronner le tout, comme si ça ne suffisait pas, une échéance électorale. De quoi les rendre tous dingues !

Un an déjà et cette impression qu’un fossé, un gouffre s’est creusé entre les communautés. Comme une espèce de petite mais puissante dérive des continents qui s’acharnerait sur le confetti belge. On ne se parle plus, on ne se comprend plus. Les géologues politiques observent, médusés, les effets dévastateurs de la tectonique des plaques.

Pays longtemps réputé pour la qualité de ses plombiers, la Belgique ne peut, aujourd’hui que constater les dégâts : les tuyaux se rompent les uns après les autres et certains, même, s’emploient à miner ceux qui résistent encore.

Un an déjà ! Et toujours Bruxelles-Hal-Vilvorde, les bourgmestres de la périphérie, les nouvelles compétences à régionaliser. A quoi viennent s’ajouter l’inflation, le prix du pétrole, le pouvoir d’achat. Un an déjà que tous ces problèmes rongent le pays, tourmentent l’esprit des citoyens, radicalisent les positions des uns et des autres.

Un an déjà ! Et il reste un mois seulement à Yves Leterme pour démontrer que son apparente apathie n’était pas une stratégie du pourrissement, un agenda caché pour faire sauter la Belgique.

Un an déjà ! La vieille Dame de 178 ans ne méritait pas tous ces coups. Bonjour tristesse !

Gouvernement, été chaud !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Puisque, décidément, le gouvernement, quoiqu’il en dise, ne s’occupe pas des vrais problèmes des gens, les gens vont s’en occuper eux-mêmes. Les organisations syndicales mobilisent et vont entamer, dans la rue, une série de manifestations pour faire entendre leurs priorités au premier rang desquelles la défense du pouvoir d’achat. Les pêcheurs ont déjà envahis les environs de la Commission européenne et les agriculteurs, depuis une semaine, donnent de la voix et du lait un peu partout en Belgique et en Europe. Les routiers, qui sont restés sympa, jusqu’ici, commencent à en avoir, eux aussi, ras la casquette et se disent prêts, s’ils ne sont pas écoutés, à mener quelques unes de ces opérations tortue dont ils ont le secret sur les autoroutes européennes. Bref la tension monte au rythme de la hausse du prix du pétrole.

 

On a bien vu, ce dimanche, sur le plateau télévisé de la RTBF que les leaders politiques francophones sont conscients du problème. On a vu aussi à quel point ils sont impuissants. Pour deux raisons. La première tient au communautaire : la non résolution de ce problème paralyse toute la vie politique. Et deuxièmement, tout ce petit monde vit avec la hantise des prochaines élections. Par conséquent on entre dans la logique des promesses préélectorales plutôt que dans celle des actions réalistes. Surplace généralisé, donc.

 

Pendant qu’au sud du pays on se rassure comme on peut, au nord on va de l’avant, avec le même spectre électoral. La toute nouvelle présidente du CD&V n’y est pas allée par quatre chemins. La réforme de l’état proposée aujourd’hui, c’est notre dernière offre. Et si les choses n’avancent pas d’ici le 15 juillet, le CD&V remettra en cause les solidarités interpersonnelles et la Belgique vivra une crise existentielle.

 

Ambiance !

 

Que peut faire un gouvernement coincé entre la rue et la pression des partis ? Réponse apportée au terme de six mois d’existence chaotique : rien ou si peu. L’été s’annonce chaud. Pourvu que la météo suive. Ce sera toujours ça d’épargné en frais de chauffage.