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17/06/2008

L'Europe patine

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Et maintenant, que faut-il faire ? Les dirigeants européens sont traumatisés après le non irlandais au traité de Lisbonne. Nicolas Sarkozy, qui présidera le Conseil à partir du 1er juillet, s’en est allé à Prague pour tenter de désamorcer une seconde bombe : les Tchèques, après les Irlandais,  hésitent eux aussi à approuver ce fameux mini-traité. A la tête des eurosceptiques, rien moins que le Président tchèque : « Laissons les gens être Tchèques, Polonais, Italiens, Danois et ne faisons pas d’eux des Européens. C’est un projet erroné », a-t-il dit. Nicolas Sarkozy, dont le pays a dit non au traité en 2005, n’est évidemment pas le mieux placé pour faire la leçon aux récalcitrants. Il a dit comprendre que les Tchèques avaient besoin de temps pour discuter. Sans doute. Mais, a-t-il ajouté, « on ne va pas remettre l’Europe pour dix ans de discussions institutionnelles ».

 

C’est bien là le problème actuel : il faut donner du temps, mais pas trop. Il ne faut pas stigmatiser les opposants mais il ne faut pas retarder la marche en avant. La quadrature du cercle, en somme.

 

A quelques centaines de kilomètres de Prague, les chefs de la diplomatie européenne, réunis à Luxembourg, faisaient le même constat que Sarkozy : il faut laisser du temps à ceux qui en ont besoin. Mais pas trop. En attendant, on ne dramatise pas, on réfléchit, et on demande aux huit pays qui doivent encore ratifier le traité de le faire rapidement..

 

Des idées existent, certes. Par exemple celle de la Belgique qui suggère, pour rassurer les « petits », que chaque Etat-membre se voit garantir une présence au sein de la Commission. L ’ennui c’est qu’une telle proposition met à mal le traité lui-même, qui prévoit une diminution du nombre de commissaires.

 

Bref, l’Europe patine. Jeudi et vendredi les Chefs d’Etat et de gouvernement seront en sommet à Bruxelles. L’agenda prévoyait de s’occuper de dossiers concrets et urgents comme le prix du pétrole et des aliments, la politique énergétique ou l’immigration.

 

Le « non » irlandais va-t-il bouleverser cet ordre du jour ? On veut espérer que non. Après tout, tant qu’à devoir laisser du temps aux récalcitrants de l’Europe des 27, autant s’occuper des problèmes qui intéressent les gens, comme on dit en Belgique.

 

 

16/06/2008

Le baromètre de La Libre

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Le baromètre de La Libre Belgique est toujours source d’enseignements.

 

Et celui-ci d’abord : si les Belges étaient appelés aux urnes demain les rapports de force actuels ne seraient pas fondamentalement modifiés entre le nord et le sud. Entendez : on prend les mêmes et on continue à se demander comment on sort de l’impasse communautaire actuelle. Le risque étant qu’après une campagne électorale les positions se radicalisent davantage encore. Alors, tant qu’à faire, autant s’y mettre tout de suite, sans enthousiasme, c’est évident, mais avec réalisme.

 

Car tout est dans les nuances. En Flandre le cartel CD&V/NV-A confirme son score d’il y a un an et reste donc largement dominant face à ses adversaires OpenVLD, SP.A et Belang qui, tous trois continuent à perdre des plumes au bénéfice de la liste Dedecker qui rafle la mise. Autant dire que cela ne va pas conduire les sociaux-chrétiens flamands à des concessions, coincés qu’ils sont désormais entre les tenailles séparatistes de la NV-A d’un côté et de Dedecker de l’autre.

 

Côté francophones, les bleus et les rouges sont en toujours en retrait par rapport au scrutin de juin 2007. Mais le MR reste en tête d’une courte tête, talonné par le PS. La lutte pour le leadership restera donc féroce dans les semaines et les mois qui viennent. . Le CDH et Ecolo font mieux que tirer leur épingle du jeu : ils progressent tous deux de manière significative, au-delà de la marge d’erreur. Ils sont ainsi largement confortés dans leur stratégie.

 

Les actuels partenaires gouvernementaux – si l’on ose cette expression – sont, en quelque sorte, condamnés à s’entendre. Et la peur est parfois un ciment plus résistant qu’on l’imagine.

 

Mais ce que le sondage de La Libre met aussi en lumière, c’est la nécessité pour le gouvernement d’agir vite, fort et bien en matière de pouvoir d’achat : c’est à une très large majorité que les belges, flamands, bruxellois ou wallons, estiment Leterme Ier trop passif en ce domaine. Les temps sont durs pour les citoyens. Ils le diront dans la rue cette semaine. Des manifestations qui sonneront comme une alarme !

 

 

13/06/2008

Overijse, le regard de l'étranger

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Lamentable ! Le bourgmestre d’Overijse vient de progresser de plusieurs échelons sur l’échelle des âneries qui animent la vie politique de notre pays.

 

Il vient de créer, ni plus ni moins un centre de délation linguistique. Il s’agit de permettre aux excités linguistiques de sa commune de dénoncer les commerçants qui posent à leur devanture des affiches rédigées dans une langue autre que le néerlandais, entendez en français donc. Le commerçant fait alors l’objet de « pressions amicales »  de la part de la commune.

 

Cette fois, tout de même, les autorités, ont réagi, à commencer par Yves Leterme en personne qui a condamné ces pratiques, tout en comprenant le souhait des autorités communales de  préserver le statut linguistique de la commune. « L’utilisation d’un tel procédé n’est pas acceptable », a-t-il dit.

 

Même le ministre flamand de l’Intérieur Marino Keulen est sorti de sa réserve. Il rappelle dans une lettre au bourgmestre, que cette pratique est illégale, l’emploi des langues dans la vie privée n’étant pas règlementé en Belgique. Il ne pourra toutefois pas agir en tant qu’autorité de tutelle la décision prise n’ayant pas fait l’objet d’un vote par le conseil communal.

 

L’affaire vaudrait à peine qu’on s’y arrête si le ministre Keulen ne s’était inquiété de l'impact d'une telle initiative à l'étranger où l'image de la Flandre s'est, selon lui, dégradée. Ce genre d'appel risque de « nourrir les caricatures. C'est le genre d'action que l'on paie cher à l'étranger », a souligné M. Keulen.

 

Le manque de tolérance d’une certains en Flandre qui se ferme peu à peu à la diversité et à la richesse culturelle commence à faire régulièrement l’objet de reportages critiques dans la grande presse internationale. C’est sans doute cela qui dérange le plus les leaders flamands : le regard médusé de l’étranger sur ce petit coin de terre devenu intolérant.