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19/06/2008

Leterme Ier, ils ont la trouille

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

Battez tambours, sonnez trompettes. Cette fois c’est promis, c’est juré, Leterme Ier c’est vraiment parti. Hier soir les sept membres qui négocient, les cinq de la majorité et les deux Ecolo-Groen, se sont vus.

 

Ils ont déterminé une méthode pour travailler. C’est fou quand même le nombre de méthodes qu’ils ont inventée depuis un an pour faire du surplace ! Et ils ont créé deux groupes de travail pour débloquer tout ça. C’est incroyable quand même le nombre de groupes de travail qu’ils ont mis en place en 12 mois pour se regarder en chiens de faïence.

 

Mais cette fois, puisqu’ils vous le disent, c’est différent. C’est pour du bon. BHV et la réforme des institutions, c’est bientôt du passé, bientôt nous serons à nouveau zen et on s’aimera tous, du nord au sud. Evidemment hier ils ne se sont mis d’accord que sur la méthode, rien de plus. Mais, n’est-ce pas !, il faut un début à tout.

 

Leterme en personne se mouille et présidera ces deux groupes de travail. C’est quand même un signe qui ne trompe pas, non ?

 

Et puis tout le monde est bien d’accord, le 15 juillet, ce fameux 15 juillet, une date buttoir comme on dit, eh bien pfffft, c’est fini. Plus de date buttoir, disparue la date buttoir ! Une bonne petite déclaration pour dire que tout avance bien et cela suffira pour passer l’été.

 

C’est que, quand même, les ministres et chefs de parti ont fini par remarquer qu’il y avait soudain du monde dans les rues. De plus en plus de monde. Et qui disent quoi tous ces belges ? Une seule chose : « occupez-vous de notre pouvoir d’achat ».

 

Avec un baril de pétrole qui crève le plafond, une inflation record et des perspectives économiques sombres, les belges ont mis le linguistico-communautaire dans le frigo de leurs préoccupations quotidiennes.

 

Les partis politiques, flamands compris, ont bien estimé le risque : celui qui donnera le coup de grâce à Leterme Ier sera sanctionné par de nouvelles élections. Et une campagne qui radicaliserait les positions ne rendrait que plus longue et plus difficiles les négociations qui suivraient.

 

Bref ils ne s’aiment toujours pas vraiment mais ils ont la trouille de prendre une pâtée électorale. Alors ils continuent ensemble pour quelques temps encore et qui vivra verra !

 

18/06/2008

Le cri du 18 juin

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

On a les appels du 18 juin qu’on peut ! Celui lancé ce jour en Belgique ne l’est pas par un homme politique qui prendrait soudainement de la hauteur et ferait vibrer les foules en exprimant une vision de l’avenir pour le pays. D’ailleurs, ce n’est pas d’un appel mais d’un cri qu’il faut parler, lancé par des centaines, des milliers de moteurs rugissants. Un cri de rage lancé par des agriculteurs, des routiers, des taxis à un gouvernement qui paraît plus que jamais désemparé. Un cri qui vient après d’autres manifestations organisées tout au long de la semaine dernière. Un cri que Leterme Ier devra bien finir par écouter.

 

« Les problèmes qui intéressent les gens », comme aiment à dire nos hommes politiques, doivent aujourd’hui s’exprimer dans la rue tant le sentiment de n’être pas entendus devient fort chez le citoyen. L’impression que ce gouvernement se trompe de priorité se fait chaque jour plus vif. Le dossier institutionnel qui mobilise toutes les énergies de ceux qui nous gouvernent laisse les foules indifférentes.

 

La détérioration du pouvoir d’achat, à propos duquel le gouvernement reste étrangement passif, par contre, tourne au vinaigre. Les belges attendent de ce gouvernement qu’il prenne les problèmes à bras le corps. Avec détermination et sans démagogie. Chacun sait que ce n’est pas Leterme qui pourra empêcher la hausse du prix du baril. Mais chacun est en droit d’exiger de ce gouvernement qu’il prenne ses responsabilités et mette en œuvre  des mesures ciblées, réalistes pour, par exemple, freiner ce cancer économique qu’est l’inflation. Un domaine où la Belgique se classe championne d’Europe. On voudrait d’autres trophées.

 

De plus en plus, ce gouvernement apparaît comme un accident, comme une aberration de la génétique politique. Cela fait plus d’un an que cela dure. Cela suffit !

 

 

17/06/2008

Wallonie-Bruxelles : un coup pour rien ?

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Mis en ligne le 17/06/2008

Festina lente - hâte-toi lentement - les membres du groupe Wallonie-Bruxelles ont fait leur cette maxime d'Auguste, inspirée de la sagesse grecque.

Depuis le 4 décembre 2007, un peu plus de sept mois donc, les "sages" vont leur petit bonhomme de chemin. Si lentement même qu'ils ont vu débouler au milieu du jeu de quilles le projet de fédération Wallonie-Bruxelles concocté par le ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française, Rudy Demotte, et son compère de ministre président de la Région bruxelloise, Charles Picqué. C'était en avril de cette année.

Les sages ont pris bonne note. Ils ont, paisiblement, poursuivi leurs travaux. On voit bien qu'ils réfléchissent intensément. Ce qui prend, forcément, du temps.

Et voilà donc qu'hier, les sages parmi les sages - les coprésidents du groupe de réflexion, Antoinette Spaak et Philippe Busquin - convoquent le ban et l'arrière-ban pour signaler que les groupes de travail ont terminé leurs travaux et qu'ils vont rédiger d'ici le 10 juillet une synthèse qui sera à son tour discutée. Bref, tout ça va prendre encore un peu de temps.

On croyait pourtant qu'il y avait urgence à voir les francophones dessiner les contours d'un avenir commun, déterminer des valeurs fortes qui les unissent, fixer des objectifs mobilisateurs. On n'en est pas là : ce n'est pas de cette docte assemblée qu'il faudra attendre l'équivalent d'une Marseille à la sauce bruxello-wallonne.

Au rythme où vont les choses, le fédéral aura trouvé une solution à BHV et à tout le toutim communautaire que nos "sages" en seront encore à se demander s'il faut une inflexion plus régionale ou plus communautaire.

Or, il paraît "qu'une fusion Communauté-Région est impossible et inopportune, compte tenu de la volonté exprimée par les populations wallonne et bruxelloise de voir leurs spécificités reconnues". Où sont-ils allés chercher que les populations wallonne et bruxelloise se sont prononcées sur la question ? Elles n'ont jamais été consultées à ce propos !

Il apparaît clairement que la vieille fracture entre régionalistes et communautaristes a pesé sur les travaux. On ne s'étonnera guère, dès lors, que la synthèse des points de vue des uns et des autres relevait de la mission impossible.