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23/06/2008

Charleroi, le manège judiciaire

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Cela ne finira-t-il donc jamais ? A Charleroi, le manège judiciaire ne cesse de tourner, n’épargnant personne. C’est au tour de la commissaire en chef d’occuper la une des journaux. La chef de la police de Charleroi paraît empêtrée dans de bien sales draps. Elle est inculpée de corruption passive dans le dossier de la reconstruction du commissariat de police de Marcinelle en même temps que l’entrepreneur Vandezande déjà inculpé, lui, dans l’affaire du complexe sportif de Jumet.

 

Une nouvelle fois apparaissent des noms déjà connus et en particulier celui de Claude Despiegeleer, ancien échevin aux multiples casseroles judiciaires.

 

Il faut sans doute laisser aux inculpés le bénéfice du doute. Mais cette succession d’affaires, depuis trois ans, montre à quel point la vie politique carolorégienne était gangrenée au plus profond. Le mariage incestueux entre la majorité socialiste de l’époque et le monde des affaires n’aura rien épargné, jusqu’à la probité de la police qui est aujourd’hui mise en cause.

 

Au train où vont les choses, à voir le niveau atteint par la corruption ou le détournement des biens publics au profit des responsables politiques ou administratifs, il faut bien parler de système mafieux.

 

Les gens honnêtes paient un lourd tribu à la suspicion aujourd’hui généralisée sur les dix années de gestion de la bande à Van Cau. On mesure aussi le travail titanesque qui occupe la nouvelle majorité. Il s’agit véritablement de nettoyer les écuries d’Augias. Et chaque tiroir ouvert risque d’apporter son nouveau lot de malversations. Tout doit être revu, de nouvelles procédures doivent être mises en place pour assurer la transparence et rendre à la ville son honneur bafoué.

 

On le redira une nouvelle fois : la justice doit aller au fond, et le plus vite sera le mieux. Pour que Charleroi puisse, enfin, tourner cette page noire de son histoire.

 

 

20/06/2008

Europe, pas de quoi pavoiser !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Une fois n’est pas coutume, la bonne surprise est venue de Grande-Bretagne. Gordon Brown, le Premier ministre britannique a apporté à ses vingt-six collègues réunis à Bruxelles le Oui de son pays à la ratification du traité de Lisbonne. Les Anglais sont ainsi les premiers à avoir repris la marche en avant après le NON irlandais. La majorité de la Chambre des Lords a en effet adopté, mercredi, le traité sans se laisser troubler par  les dernières attaques lancées par les Conservateurs.

 

Les Chefs d’Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles pour deux jours avaient bien besoin de se remonter le moral après la déconvenue irlandaise. Car aucune solution n’apparaît vraiment évidente si ce n’est de poursuivre la procédure prévue et de laisser à l’Irlande le temps de se ressaisir. Et aussi de convaincre la Tchéquie, qui traîne les pieds, d’aller de l’avant.

 

Et les vrais problèmes direz-vous ? L’inflation, le pouvoir d’achat, les prix agricoles, les prix de l’énergie ? C’était là le menu essentiel. Des trésors d’imagination, des idées en pagaille ont été lancés. Sarkozy est revenu avec son idée vde plafonner la TVA sur le carburant, d’autres ont prôné une taxe sur la spéculation, les Italiens ont proposé une taxe sur les compagnies pétrolières. Rien n’y a fait. La commission a promis d’étudier et d’évaluer ces pistes. Mais aucune mesure concrète n’a pu être retenue faute de consensus. Les vingt-sept n’ont pu que redire la nécessité d’investir dans les économies d’énergies, dans les énergies renouvelables et les biocarburants. Pas grand-chose en somme.

 

Un surplace qui inquiète au moment où toutes les bourses sont dans le rouge, où les dernières perspectives économiques sont sombres. L’Europe n’est pas seulement en panne institutionnelle, elle fait aussi du surplace dans son domaine de prédilection : l’économie. Pas de quoi pavoiser ni rendre le moral. Hélas !

 

 

07:32 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Europe, sommet

19/06/2008

La peur est un ciment puissant

Édito

La libre Belgique 

Par Michel Konen

La chose est désormais quasi certaine : Leterme Ier, proche jusqu'il y a peu encore de l'état végétatif, est quasiment assuré de sortir de la catégorie des "passera pas l'été". Mais, s'il y a un mieux, une rechute reste, évidemment, toujours possible.

Le mal dont souffre le malade est en effet très complexe. Et les spécialistes en maux politiques ne donnaient pas cher de la peau de l'alité. Il est vrai que tous les membres de ce grand corps malade étaient touchés par ce mal mystérieux.

Les chefs de parti rassemblés au chevet de ce gouvernement protéiforme étaient perplexes et se perdaient en conjectures sur le traitement à administrer.

Le "bon docteur" Bart De Wever, diplômé de l'académie de la NV-A, très portée sur les solutions radicales, était d'avis qu'au-delà de la date du 15 juillet, il faudrait cesser l'assistance médicale faute de quoi cela passerait pour de l'acharnement thérapeutique. Son diagnostic, partagé par une partie du personnel soignant du CD & V était simple : seule une forte saignée de type linguistico-communautaire, assortie d'une ablation chirurgicale du BHV et d'une cautérisation profonde des mélanomes appelés bourgmestres de la périphérie - il en avait découvert trois très mal placés - donnaient une chance de survie à Leterme Ier.

Tous les autres, au contraire, pensaient que, certes, le système linguistico-communautaire était atteint, mais qu'il devait être possible de traiter le mal sans amputer le patient. Ils considéraient même que l'état de Leterme Ier pourrait rapidement s'améliorer si une bonne dose de socio-économique lui était administrée. La posologie serait particulièrement délicate à établir car les marges de manoeuvre étaient étroites. Il fallait être certain que les remèdes tiendraient leurs promesses faute de quoi l'étrange maladie risquait de provoquer une épidémie et de mettre à mal l'ensemble de la population. Certains craignaient d'ailleurs que le mal se soit déjà répandu : ne voyait-on pas de plus en plus souvent des citoyens manifester dans les rues pour se procurer un remède connu sous le nom de "pouvoir d'achat" ?

Aujourd'hui, plus personne n'a envie de pratiquer une euthanasie sur Leterme Ier. Le remède risque d'être pire que le mal. Le virus du radicalisme flotte dans l'air, au sud comme au nord. On devrait alors faire face à une pandémie. Et cela effraye. La peur est un ciment puissant même si souvent elle empêche de poser les actes nécessaires.