Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/05/2008

BHV, se faire plaisir pour le plaisir

Édito

Par Michel Konen

La Libre Belgique

08/05/2008

On veut bien parier qu'ils ne résisteront pas à la tentation de s'auto-administrer un nouveau petit frisson orgasmique tout pareil à celui qui les avait saisi le 7 novembre 2007 en commission de l'Intérieur de la Chambre. Un plaisir fugace, sans doute, mais vain, comme chacun sait. Sauf initiative bien improbable d'un Yves Leterme - Premier ministre ? - plus à l'aise en chef des supporters du Standard de Liége qu'en leader de sa majorité, les parlementaires flamands mettront donc la proposition de loi organisant la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde à l'agenda de la séance plénière de la Chambre.

 

 

Il n'y aura pas le feu au lac pour autant, comme disent nos amis de Genève. L'arsenal de contre-mesures (v.pp 2 et 4) est abondant et les francophones ne manqueront pas de l'utiliser pour envoyer ladite proposition s'égarer dans les arcanes du labyrinthe des procédures parlementaires. L'affaire peut encore prendre des mois.

 

Le nirvana politique à la sauce flamande restant décidément hors d'atteinte, les parlementaires du CD&V/N-VA cesseront rapidement de plâner pour rejoindre les dures réalités terrestres. Et faire le bilan !

Les symboles n'ont pas de prix, mais il y aura beaucoup de vaisselle cassée : une crise de confiance profonde et qui laissera des traces durables. Plus aucun francophone ne croira en la sincérité du CD&V/N-VA lorsqu'il prétend vouloir négocier un accord. Une majorité branlante, un Premier ministre démonétisé, un gouvernement affaibli : voilà à quoi aboutira ce passage en force. Joli résultat !

Plus grave, mais peut-il en être autrement, ce gouvernement qui ne disposait que d'un mini-programme, d'un budget étriqué et d'ambitions modestes va devoir, s'il survit, renégocier un accord d'action. On imagine mal en effet que les francophones restent impassibles.

Ils remettront en cause le calendrier des réformes institutionnelles. A commencer par ce deuxième paquet qui devait aboutir pour le 15 juillet et qui comprenait précisément un accord, négocié, sur BHV.

Allons, Monsieur Leterme, vous avez, aujourd'hui,le sort de votre majorité entre vos mains. Vous avez l'occasion de montrer qu'il y a un capitaine à bord du rafiot. Cela ne demande que 5 minutes de courage politique à la tribune de la Chambre.

BHV, mauvaise pièce pour mauvais acteurs

Editorial

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Quarante sept jours à peine après sa mise en place, voici donc que le gouvernement d’Yves Leterme connaît déjà sa première crise existentielle. Cet après-midi, à 14H00, à la Chambre, les francophones et les Flamands se retrouvent face-à-face pour jouer le psychodrame « La guerre de BHV aura bien lieu ? ». Sauf sursaut, bien improbable, du chef du gouvernement la poudre va parler. Combien y aura-t-il de morts ? Il y a peu de doutes, le CD&V/N-VA mettra à l’ordre du jour de la Chambre le vote de la proposition de loi organisant la scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et les francophones puiseront dans l’arsenal des mesures de retardement de quoi renvoyer celle-ci dans le dédale des procédures parlementaires.  Mais l’histoire ne s’arrêtera pas là. Ce face-à-face imposera aussitôt de dresser le bilan de Leterme Ier. La confiance entre les membres de la majorité s’en trouvera affaiblie de manière durable et profonde au point de mettre l’existence même du gouvernement en jeu. On imagine mal, en effet, que les francophones restent impassibles et subissent l’affront sans broncher. Ils remettront sans doute en cause le calendrier des réformes de l’Etat. La date fétiche du 15 juillet, qui doit voir régler le deuxième paquet de compétences à régionaliser pourra-t-elle être maintenue ? Et si ce n’est pas le cas, quels séismes viendront encore ébranler la vie de cette majorité branlante ? Par ailleurs, de quel crédit disposera encore Yves Leterme qui loin de gérer cette crise aura subi les événements plutôt que de tenter de les maîtriser ? BHV, dont il était de toute manière prévu qu’il soit négocié cet été, ne méritait pas cette si mauvaise pièce jouée par de si mauvais acteurs.

 

07/05/2008

Henri Conscience et l'étape BHV

Édito

L Libre Belgique

Par Michel Konen

"La Belgique se trouve dans une situation artificielle qui, sans aucun doute, constitue une menace pour l'existence même de la patrie"

 

Jamais ce texte n'a autant été d'actualité. On le croirait écrit par un éditorialiste d'aujourd'hui à propos du débat animé autour de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il n'en est rien !

 

Cette phrase est celle qui ouvre le "Manifeste du mouvement flamand". Elle date du 6 novembre 1847. Elle est prémonitoire.

Plus loin, après avoir décrit les menaces qui pèsent sur la culture flamande le "Manifeste" poursuit : "... avec l'espoir qu'un jour, la haute administration sera suffisamment équitable et courageuse pour détruire toutes les raisons justifiées de haine et de discorde qui séparent nos deux peuples".

Inspiré par Henri Conscience, l'homme qui révéla la Flandre à elle-même, ce texte n'a cessé d'être la pierre angulaire du Mouvement flamand tout au long de son histoire. Un texte fort qui dénonce avec véhémence - et avec raison à l'époque - les humiliations que devaient subir les habitants d'une Flandre dominée et méprisée par les francophones.

161 ans ont passé. Et le temps ne semble toujours pas venu "pour que nous (les flamands) puissions vivre dans la concorde et avec des sentiments d'amitié et de fraternité affectueuse envers nos compatriotes wallons; car ce n'est qu'à partir de ce moment-là que le pays des Belges sera établi sur des bases solides".

Faut-il en dire plus ? Ce texte contient toutes les clefs qui expliquent pourquoi les parlementaires, tous partis confondus, voteront le texte qui organise la scission de l'arrondissement de BHV.

La Flandre, aujourd'hui sûre d'elle-même et dominatrice, n'a pas encore réglé ses comptes avec le passé. Elle craint toujours de perdre son identité, malgré son incroyable réussite économique et culturelle. Elle vit encore comme si, demain, la menace francophone pouvait surgir à nouveau et enclencher une infernale machine à remonter le temps.

La frange des nationalistes flamands a fait son choix. Pour elle le moment où "le pays des Belges sera établi sur des bases solides" n'existera plus jamais.

Le débat actuel sur BHV, les bourgmestres de la périphérie, la régionalisation accrue des compétences et des moyens ne sont qu'une étape sur le chemin de l'indépendance.