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23/05/2008

TEC : cela suffit !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les chauffeurs de bus du TEC de Charleroi perdent la raison. Depuis jeudi matin et, menacent-ils, jusqu’à mardi. Ils ont décidé de se croiser les bras et le mouvement s’est étendu, ce matin, aux dépôts de Mons et de Liège. Un nouveau mouvement de mauvaise humeur de type « émotionnel », comme ils disent. Comme si ce prétexte devait tout expliquer et par conséquent se suffisait à lui-même pour justifier et excuser n’importe quels débordements.

 

Mais l’affaire revêt cette fois un aspect particulier. C’est sur une enquête de justice que les grévistes entendent faire pression. Les faits : samedi dernier un chauffeur à la suite d’un échange de mots avec un  passager durant le parcours secoue celui-ci une fois arrivé au terminus. Le voyageur se rebiffe, sort un petit couteau. Le chauffeur a tôt fait de le désarmer et lui inflige une véritable correction. Bilan, le passager a la rate perforée, un pneumothorax, deux cervicales abîmées et se retrouve en soins intensifs. Utile précision, le passager était un handicapé, le chauffeur est un ancien para-commando. Ultime détail : toute la scène a été filmée par deux caméras de surveillance. Et le parquet de Charleroi refuse la version de la légitime défense avancée par le chauffeur irascible.

 

Même les responsables syndicaux, après avoir vu les vidéos et entendu les explications du parquet, jugent inadmissible le comportement d’une extrême brutalité du chauffeur et admettent que les voyageurs doivent, autant que les conducteurs, être protégés de la violence et des voies de fait. « Un autobus n’est pas une zone de non-droit » a fait remarquer l’un d’eux.

 

La base, sûre de son impunité, ne veut rien entendre.

 

Une attitude incompréhensible et inexcusable qui rend plus que jamais indispensables la mise au point de protocoles qui définissent dans quelles conditions des mouvements de grève sont ou non acceptables dans ce secteur.

 

L’émotion a bon dos. Cela suffit !

 

 

22/05/2008

Heureux qui, comme Ulysse, ...

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Il faudra qu’il nous explique comment il fait : jamais là où on l’attend, toujours attendu là où il devrait être. Yves Leterme est très désarçonnant.

 

L’a-t-il clamé lui-même qu’il était grand temps de s’occuper, enfin, de ce qui « intéresse les gens ». L’heure avait sonné au parlement pour parler famille, pouvoir d’achat, pensions, emploi, pauvreté, coût de l’énergie, inflation, etc. - la liste est longue – dans le cadre de ce budget que le pays attend depuis presque un an. Le premier ministre avait jugé plus utile de poursuivre son tour d’Europe et, après la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, il avait choisi d’exposer aux Slovènes sa fameuse méthode de gouvernement qui intrigue tant nos voisins européens. Les priorités du Premier ministre paraissent désormais claires : il veut rapidement se faire connaître de ses 27 collègues européens.

 

Il faut donc s’attendre à de nombreuses absences de sa part dans les prochaines semaines : il lui reste une vingtaine de pays membres à visiter. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage. Et Joachim du Bellay, poète français du 16ème siècle, ajoutait : Et puis est retourné, plein d'usage et raison. Reste à Yves Leterme à mettre en œuvre ce deuxième vers…

 

Et, pendant ce temps les parlementaires peuvent toujours papoter gentiment entre eux. Cela ne changera pas grand-chose : Yves Leterme a peu de à leur dire. Et, de toute façon, comme l’a si bien illustré le vote sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, qu’il soit là ou pas n’empêche pas le Parlement d’aller de l’avant comme bon lui semble.

 

Si l’on en croit ses collègues ministres Yves Leterme reste muet lors des conseils de gouvernement : il écoute et prend des notes. Il applique avec beaucoup d’application SA méthode : attendre avec persévérance.

 

Yves Leterme est comme un sprinter sur piste : il pratique le sur-place. Il reste immobile. Peut-être cherche-t-il à surprendre ses adversaires ? Pour ceux qui le regarde la question est : sait-il seulement qu’il est sur la piste ?

 

 

08:07 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Politique, Leterme, budget

21/05/2008

Droit de grève et services publics

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

La grève du rail, du point de vue des cheminots en tout cas, a été un succès : pas un train n'a roulé ! Pour le reste, c'est une tout autre affaire. Certes, ce ne fut pas la pagaille attendue sur les routes. Beaucoup, il est vrai - on parle de 20 pc - avaient préféré prendre un jour de congé plutôt que de moisir dans les embouteillages. Ajoutons-y le télétravail en constante augmentation, le co-voiturage en développement avec la hausse des prix des carburants et voilà pourquoi la congestion n'a pas eu lieu.

Il n'empêche, le coût de cette grève, difficile à chiffrer - certains parlent de 40 millions d'euros - est élevé, trop élevé. Le combat que mènent les organisations syndicales ne vaut pas ce prix-là, d'autant qu'il est payé par les entreprises et les particuliers qui n'ont rien à voir avec ce conflit interne à la SNCB.

Il est donc nécessaire, comme le prévoit l'accord de gouvernement, de se pencher sur la grève dans les services publics. Peu importe qu'on l'appelle service minimum ou "continuité du service public", que l'on fasse appel ou non à des médiateurs, que l'on inscrive cette obligation dans le contrat de gestion ou qu'elle soit le fruit d'une convention collective. Ce qui compte, à l'arrivée, c'est que des dispositions soient prises en concertation avec les organisations syndicales si possible, sinon par la loi.

Les services et entreprises publics ne sont pas des entreprises comme les autres. Comme leur nom l'indique, elles sont au service des citoyens qui, d'ailleurs, les financent. Elles jouissent la plupart du temps d'un statut privilégié qui les met à l'abri de la concurrence et remplissent un rôle jugé stratégique sinon vital pour le pays.

A ce titre, le droit de grève, qui est un des droits fondamentaux de la démocratie, peut être réglementé, nous ne disons