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17/04/2008

Comment faire du neuf avec du vieux

édito
La Libre Belgique
Par Michel Konen
La proposition Demotte-Picqué pour une fédération Wallonie-Bruxelles mérite-t-elle vraiment d’être qualifiée de “bombe institutionnelle” ? Ou ne s’agit-il pas plutôt d’une nouvelle version des “Habits neufs de l’Empereur”, créant un avatar de la Communauté française sous le nom de fédération Wallonie-Bruxelles ?
Observons ceci d’abord : avec trois régions à part entière, la proposition se situe dans la perspective d’une Belgique fédérale qui a un futur. Elle prend le parfait contre-pied de la thèse Maingain (FDF) qui voit dans la fusion pure et simple des institutions wallonne et bruxelloise au sein de la Communauté française l’instrument de résistance des francophones dans une Belgique évaporée.
La proposition Demotte-Picqué est un rejet, ce qui n’a rien de neuf, de la thèse flamande d’une Belgique composée de deux communautés qui cogèrent Bruxelles. Il y a même unanimité au sein des francophones à ce propos.
Pas neuve non plus – là encore il y a unanimité côté francophone – l’idée de faire de Bruxelles une région à part entière. Les Flamands auront l’occasion de réaffirmer leur opposition à cette thèse.
L’idée de Messieurs Demotte et Picqué est-elle, en quelque sorte, de régionaliser, dans un premier temps,toutes les compétences de la Communauté française ? Et de créer ensuite une “instance commune disposant de compétences et d’un budget propres” pour gérer les matières qui seraient redéclarées communes, manière de consacrer la solidarité entre Wallons et Bruxellois ? Le nouveau machin s’appellerait “Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles”. Il serait composé de ministres wallons et bruxellois francophones, mais tous n’en seraient pas.
Franchement, qu’il y a-t-il de vraiment neuf dans tout cela, à part le nombre de ministres en principe plus restreint (mais ce n’est pas garanti, les besoins des partis sont parfois tels que le pire est toujours assuré, comme on vient encore de le voir au gouvernement fédéral) Les deux éminences socialistes ont raison de dire qu’il s’agit là d’une “Communauté française revisitée”. Rien de plus, en effet !
L’opération est surtout sémantique. L’enjeu sera de savoir, si elle retenue comme base de discussion, ce qui restera dans la besace de la “Fédération”. Là-dessus le texte reste dans le flou artistique. C’est pourtant là que se jouera le destin commun des francophones.

Laloux doit partir

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Tirer sur une ambulance est formellement interdit par les lois internationales. Mais on ne peut empêcher un blessé maladroit d’aggraver son cas en se tirant lui-même une balle dans le pied. C’est un peu le sort du secrétaire d’Etat en charge de la Lutte contre la pauvreté.

 

Frédéric Laloux , c’est de lui qu’il s’agit, était déjà largement contesté au sein de son propre parti. En début de semaine, Philippe Moureau, le puissant et très cinglant patron des socialistes bruxellois, avait réclamé sa démission, mettant directement en cause l’erreur de casting commise par Elio Di Rupo. Déjà soupçonné d’abus de carte d’essence à l’époque où il était échevin à Namur, l’homme n’avait du son maintien au gouvernement qu’à Yves Leterme lui-même. Le Premier ministre attend le résultat de l’enquête avant de prendre position. Mais l’homme, en trois semaines, a accumulé les maladresses au point que plus personne aujourd’hui, dans les rangs socialistes, ne lui apporte un soutient.

 

Il lui restait une chance : la présentation de son programme hier devant le parlement. L’examen de passage est raté. Largement. Les parlementaires, à l’unanimité, lui ont donné un zéro pointé. Il est vrai que sa note de politique générale est un condensé de platitudes même pas digne d’un Président de CPAS de campagne. L’opposition n’a pas eu à s’exprimer beaucoup pour déplorer ces manquements. Les membres de la majorité s’en sont chargés eux-mêmes, les plus virulents étant ses propres amis.

 

Frédéric Laloux doit partir. La question ne porte plus sur des abus supposés dans la gestion de son ancien échevinat namurois. Elle porte sur sa compétence : nulle ont jugé ses pairs. Sa présence dessert aujourd’hui l’image de Leterme Ier. Et ce gouvernement n’a pas vraiment besoin de ça.

 

Si l’homme ne s’en rend pas compte lui-même, Elio Di Rupo serait bien avisé de se débarrasser de son encombrant poulain. Sa désignation a été une erreur qui fait du Président du PS une cible. Di Rupo, dont le choix est mis en cause par les barons du parti, est aujourd’hui fragilisé. Pire, son inaction recolle sur le dos des socialistes l’étiquette d’un parti d’affairistes. Une étiquette pour laquelle le PS a été durement sanctionné aux précédentes élections.

 

 

15/04/2008

Berlusconi, haut la main

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Ce n’est pas sa victoire qui surprend mais l’ampleur de celle-ci. Silvio Berlusconi remporte haut la main, pour la troisième fois, les élections législatives italiennes. Mieux, il obtient la majorité en sièges à la Chambre et au Sénat. Pour la première fois, depuis très longtemps, un gouvernement va pouvoir mener une politique sans être empêtré dans une de ces coalitions hétéroclites ou les combinazione paralysent l’action. Le gouvernement Prodi, composé de 12 formations différentes était en permanence sur le fil du rasoir et acculé à consacrer tout son temps aux jeux politiques plutôt qu’à gouverner avec l’énergie que requiert une situation économique et sociale fortement dégradée.

 

Mais l’événement de ce scrutin est peut-être l’amorce de la recomposition du paysage politique italien. Désormais deux grands courants dominent le pays : la droite avec Berlusconi et la gauche avec Veltroni. A eux deux, alors que 35 formations se présentaient aux suffrages des électeurs, ils recueillent 80 pc des voix.

 

L’ancien maire de Rome, s’il veut se préserver un avenir doit à présent capitaliser sur cette possibilité qui s’offre à lui : remettre sur pied une vraie gauche. S’il n’a pas su mobiliser ses troupes c’est aussi parce qu’à trop d’égard son programme ressemblait à celui du Cavaliere. A tel point qu’était né, à Rome, le néologisme soulignant ce fait : Veltrusconi.

 

Et tant qu’à jouer sur le style « il faut manager le pays comme une entreprise » les italiens ont préféré un grand capitaine d’industrie, même avec de nombreuses casseroles, à un néophyte du business, ancien communiste de surcroît.

 

La crise d’Alitalia, les menaces qui pèsent sur l’aéroport Malpensa de Milan, la grève des ordures de Naples, autant de dossiers qui ont pesé en faveur de Berlusconi tant l’apathie du gouvernement Prodi était grande. Silvio Berlusconi, cette fois, ne s’est pas faire élire en faisant rêver les italiens. Il a au contraire promis des mesures difficiles pour sortir le pays de l’impasse.

 

Et, dans cette posture, le milanais a paru plus crédible que son concurrent romain.