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22/04/2008

Le psychodrame peut recommencer

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les flonflons de la fête des rouges et blancs se sont tus. Yves Leterme, Joëlle Milquet, Didier Reynders , Elio Di Rupo et tous les autres peuvent retourner à leurs occupations favorites. Et devinez quoi, voilà le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde, BHV, qui repointe le nez.

 

Souvenez-vous, c’était il y a  cinq mois, le 7 novembre 2007, en Commission de l’Intérieur de la Chambre : les partis néerlandophones votaient, comme un seul homme – à la notable exception de Groen, qui s’abstenait - la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Une véritable gifle adressée aux francophones. En réplique ces derniers avaient initié la procédure en conflit d’intérêt, gelant en quelque sorte, les conséquences du vote.

 

Pour sortir de l’impasse il eut fallu négocier. De négociations il n’y eut point. Au Sénat comme à la Chambre, chacun est resté sur ses positions. Et nous voici donc au terme de la procédure qui donnait 120 jours de répit à nos champions politiques. Mercredi, ultime étape, le Comité de concertation qui réunit ministres fédéraux et ministres fédérés constatera lui aussi son impuissance à régler le problème. Il n’existe en effet pas l’ombre d’une piste pour sortir de l’impasse. Le 30 avril, la procédure parlementaire normale reprendra son cours et l’opposition flamande demande déjà que le point soit inscrit à l’ordre du jour de la prochaine séance plénière de la Chambre.

 

Didier Reynders a bien fait de réunir le front des francophones. Ils vont en avoir des choses à se dire. Et d’abord tenter de trouver une réponse à cette question toute bête : qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

 

Car il ne restera aux francophones qu’une issue pour retarder encore le rouleau compresseur flamand : activer la sonnette d’alarme qui amènera BHV sur la table branlante du gouvernement. Ou alors ouvrir une nouvelle ère de troc institutionnel au sein de l’Octopus dans le cadre du deuxième paquet institutionnel que le gouvernement doit présenter d’ici le 21 juillet.

 

Vous n’avez pas tout compris ? C’est normal. En bref cela veut dire que le communautaire revient en force. Le psychodrame peut recommencer.

 

 

07:30 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Politique, BHV, Leterme

21/04/2008

Standard champion et plan Marshall

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Il est des coïncidences que l’on ne manquera pas de commenter comme autant de signes du destin. Le gouvernement wallon, en imaginant le plan Marshall, n’avait certes pas inscrit dans la liste des objectifs à atteindre la sortie de purgatoire du Standard de Liège et sa conquête, après 25 ans d’impatience, du titre de Champion de Belgique. Et pourtant cette victoire intervient au moment même où la Wallonie donne les premiers signes de son redressement.

 

De même, il y a tout juste un quart de siècle, en 1983, le Standard, tout en emportant le championnat ouvrait une ère de disette footballistique en même temps qu’il subissait les affres d’un club marqué du sceau de l’infamie : celui d’un club tricheur. La Wallonie, elle, s’enfonçait dans la crise : la restructuration de la sidérurgie, impitoyable, jetait des milliers de famille dans le chômage, imposait une restructuration industrielle longue et douloureuse.

 

En économie, comme en football et en sport en général, le redressement est affaire de patience et d’obstination. Quand la machine sombre, il en faut de la volonté pour redresser une barque en perdition. Il en faut du temps avant de recueillir les fruits de ce que l’on a semé. D’autant que les moyens financiers manquent pour restructurer comme il le faudrait.

 

La Wallonie, comme le Standard, tout au long de ces années a dû, avec obstination, se refaire une santé. En gérant au plus prêt les moyens disponibles, en investissant modestement, en reconstruisant brique par brique. Le Standard s’est passé des grands transferts médiatiques, a investi dans son école de jeunes footballeurs, a développé son esprit d’équipe, ses relations avec ses supporters, avec sa ville, avec sa région. La Wallonie, elle, suit la même voie, abandonne ses vieilles gloires industrielles, remaille son paysage de petites et moyennes entreprises, essaye de développer un nouvel esprit entrepreneurial. Tout cela n’est pas spectaculaire mais il faut que le sillon d’hiver soit profond pour que le blé lève au printemps.

 

Les énergies et l’enthousiasme qu’un grand club de football suscite peuvent-ils donner à une ville et une région toute entière ce supplément d’âme qui donne confiance dans l’avenir ?

 

C’est tout le mal qu’on souhaite au sud du pays. La Wallonie, avec le Standard en appui, est peut-être en train de vaincre le signe indien.

 

 

18/04/2008

Wallonie-Bruxelles : quoi de neuf ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les Ministres-présidents régionaux Demotte et Picqué jettent donc le concept de Nation francophone chère à Elio Di Ruppo par la fenêtre. Ils font mine de vider l’actuelle Communauté française de sa substance et appuient vigoureusement sur la pédale régionale. A l’arrivée une fédération Wallonie-Bruxelles qui servira de lien de solidarité entre les deux régions. Et le gouvernement de ladite fédération aura ses budgets, ses compétences – et donc son administration. Et les ministres de cette fédération seront obligatoirement aussi ministres wallons ou bruxellois.

 

Apparemment, tout est neuf. Dans la réalité, les deux excellences socialistes ont surtout repeint la maison. Rien de bien neuf dans cette proposition qui reprend pour l’essentiel des revendications ou des propositions qui font l’unanimité dans les partis francophones.

 

Refuser un fédéralisme à deux impliquant la co-gestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ? Tout le monde est pour, sauf les Flamands

 

Faire de Bruxelles une région à part entière, égale en droit et en compétences aux deux autres régions ? Tout le monde est pour. Sauf les Flamands.

 

Redistribuer des compétences entre la Communauté et les régions ? Pourquoi pas, cela s’est déjà fait, au moins partiellement.

 

Diminuer le nombre global de ministres régionaux et communautaires en imposant la double casquette ? Mais cela se fait déjà partiellement et rien n’empêche de le faire intégralement, dès maintenant.

 

L’abandon de la dénomination Communauté française au profit de fédération Wallonie-Bruxelles ? Cela fait des années que l’on cherche à rebaptiser cette institution si mal nommée.

 

On ne voit pas, en l’état, ce qui change fondamentalement si ce n’est le signal politique d’une région wallonne et d’une région bruxelloise qui entendent mieux collaborer à l’avenir.

 

Quel que soit le nom dont on l’affuble, le futur des francophones se déterminera au sein de l’espace francophone. Sur ce point la proposition Demotte-Picqué reste muette. C’est sa grande faiblesse.