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25/04/2008

Printemps 2008, automne 2007

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Yves Leterme paraissait quelque peu désemparé hier : « on ne va quand même pas commencer à négocier devant les cameras », avouait-il, penaud, en constatant la persistance de l’impasse, pourtant attendue, dans le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde. Voilà qui laisse au moins entendre que le Premier ministre va prendre une initiative dans les heures qui viennent. Lui-même en a fait l’aveu, après le 30 avril rien n’empêchera l’aile parlementaire flamande d’inscrire le vote de la proposition de scission de BHV à l’agenda de la Chambre. Rien , si ce n’est un accord.

 

Yves Leterme va avoir l’occasion de tester en direct la fiabilité de sa coalition. La NV.A, son partenaire de cartel, piaffe d’impatience et, dans les rangs même du CD&V, les parlementaires paraissent décidés à aller de l’avant sans tergiverser. Joëlle Milquet, toujours présidente du CDH et vice-première a prévenu : toute tentative de faire passer cette proposition au forceps signerait l’ouverture d’une crise d’état. Et, les francophones, tous unis, mettent le Premier ministre devant ses responsabilités. Ils ne mettront pas en œuvre de nouvelles manœuvres de retardement dans ce dossier. Ils demandent à Yves Leterme, gardiens des accords de gouvernement, de faire respecter ceux-ci. Et ces accords, signés par les partis flamands négociateur au sein de l’octopus, prévoient une solution négociée pour BHV. Dans le cadre du deuxième paquet de compétences à régionaliser d’ici le 20 juillet.

 

Yves Leterme n’a donc pas le choix. Il doit bouger. D’autant que BHV n’est pas le seul dossier communautaire a remonter dans l’ordre des priorités : la nomination des bourgmestres francophones de la périphérie, l’inspection scolaire dans les écoles francophones de Flandre sont autant d’embûches sur le parcours du gouvernement.

 

L’actuel immobilisme du 16 rue de la Loi nous fait voyager dans le temps : la météo du printemps 2008 commence à ressembler furieusement à celle de l’automne 2007 !

 

 

24/04/2008

Fini le foot, on en revient à la politique

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Ce dernier week-end, il a fait des ronds de jambe à Miss Belgique à Walibi, trinqué à la Blanche à Hoegaarden, s'est éclaté au Standard après un petit détour dans les Ardennes pour cause de nomination de secrétaire d'Etat. Cool quoi. Un week-end de rêve, comme il n'osait en rêver précisément !

Mais il est temps pour lui d'atterrir. Ce n'est pas vraiment en tant que leader du Kop des rouges et blancs - tout sympathique que soit le rôle - qu'Yves Leterme est attendu.

Il a voulu les habits de Premier ministre. Il les a. A lui de démontrer qu'il les mérite. Et l'actualité des prochains jours va lui en donner l'occasion. Sur son terrain de prédilection : le communautaire. Le parcours comporte trois obstacles : Bruxelles-Hal-Vilvorde, la nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie, l'inspection scolaire dans les écoles francophones de Flandre.

Prenons BHV. Le 30 avril prochain, la procédure de conflit d'intérêt engagée par la Communauté française cessera ses effets. La Chambre pourra alors inscrire, à nouveau, ce dossier à son ordre du jour et les Flamands voter le texte consacrant la scission de l'explosif arrondissement. C'est la première possibilité. Les francophones peuvent aussi gagner 120 nouveaux jours en introduisant une procédure identique à celle qui vient d'échouer en actionnant, cette fois, le Parlement wallon. C'est la deuxième possibilité. Ou encore, les francophones peuvent tirer la sonnette d'alarme qui renvoie la patate chaude sur la table du gouvernement qui a alors 30 jours pour trouver un compromis ou imploser. C'est la troisième hypothèse.

En reste une autre enfin : qu'Yves Leterme prenne les choses en main. Qu'il arrête le train fou des dossiers communautaires. Qu'il démontre que les partis de la majorité sont décidés à régler les contentieux par la négociation et non par le recours à la force numérique. En somme, il doit faire en sorte que ces trois dossiers soient gelés au Parlement et négociés d'ici le 20 juillet en même temps ou parallèlement au deuxième paquet de compétences à régionaliser.

C'est tout ce que l'on attend d'Yves Leterme. Ce n'est pas rien. Mais c'est à Yves Leterme qu'il appartient de démontrer qu'il jouit de la confiance des partis de la majorité, y compris et peut-être surtout côté flamand.

Jusqu'à présent il est resté muet. On attend qu'il parle !

23/04/2008

Congo, les exigences De Gucht

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Karel De Gucht, le bouillant ministre des Affaires étrangères a donné le la. Depuis qu’il est aux affaires, De Gucht a décidé de tenir aux autorités congolaises le langage de la vérité. Et il ne prend aucune précaution oratoire. Il a dit et redit, hier, les exigences de la Belgique – et de l’Europe - : il faut que le Congo progresse en matière de respect des droits de l’homme et de bonne gouvernance. Et il a dénoncé ceux qui s’enrichissent éhontément au détriment de la population.

 

Un discours qui n’a pas plu et qui a jeté un froid. Le Président Kabila, qui n’a pas manqué de manifester sa mauvaise humeur en faisant lanterner la délégation, a rappelé, lui, que son pays était un état souverain et qu’il entendait être respecté.

 

Une chose a changé ces dernières années. Les traditionnels soutiens occidentaux de Kabila ne sont plus seuls sur le terrain. Les pays émergents, qui connaissent une croissance économique forte,  sont devenus des acteurs majeurs. A travers leur politique de coopération, ils se placent sur le terrain de la géostratégie mondiale et se cherchent des sphères d’influence. Et le Congo qui regorge de matières premières est un pays qui retient toute leur attention.

 

Désormais des pays comme le Brésil, les Emirats arabes unis et  la Chine sont devenus des acteurs de premier rang. La Chine surtout qui vient de signer un contrat fabuleux de reconstruction des infrastructures contre des contrats miniers portant sur le cuivre, l’or et le cobalt.

 

Kabila se sent en position de force et fait monter les enchères d’autant que ces pays ne sont pas trop regardants sur les questions de bonne gestion de l’état ou de respect des droits de l’homme. La mondialisation a aussi des aspects politiques.

 

Au moment où les opinions publiques exigent de leurs responsables des pressions sur la Chine olympique, c’est tout à l’honneur de la Belgique de rappeler au Congo ses exigences dans un domaine, l’économie, ou la plupart des pays observent généralement un silence gêné.