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23/12/2008

Martens dans la jungle du CD&V

Edito

Michel Konen

Mis en ligne le 23/12/2008

Donc, il faut à nouveau faire appel à un explorateur. Et quand fait-on appel à un explorateur ? Quand on ne sait pas dans quoi on va mettre les pieds !

Une fois de plus la terre inconnue est celle qu’occupent les sociaux-chrétiens flamands. Ils viennent de sacrifier deux hommes importants – Leterme et Vandeurzen – et ne savent plus très bien quelle tactique adopter. Par leur maladresse, ils ont mis le pays à l’arrêt. C’est d’eux que doit venir la solution. Et, justement, de solution ils n’en ont pas.

Tout le monde en convient : il faut sortir au plus vite de l’immobilisme gouvernemental. Mais, comme tout est bloqué, le Palais a donc fait sienne la célèbre maxime : “quand les événements vous échappent, feignez de les avoir organisés”. Wilfried Martens, 72 ans, est donc chargé d’occuper l’avant-scène pendant les fêtes de fin d’année. Le choix de l’ancien Premier ministre peut surprendre. Car si le jeune époux est certes plein d’allant, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’un pari sur les générations montantes. L’homme est habile négociateur mais il est rangé de la politique belge depuis belle lurette. C’est d’ailleurs le drame actuel du CD&V d’être en manque de leaders de rechange rompus à la politique fédérale.

Le retour de Wilfried Martens en est le signe et, plus encore, celui de Jean-Luc Dehaene comme favori au remplacement d’Yves Leterme.

Wilfried Martens pourra toujours profiter de sa mission pour expliquer aux jeunes de son parti ce qu’il entendait par “fédéralisme d’union”, expression paradoxale, dont il fut le père, à la fin des années 80.

La véritable négociation, elle, aura lieu dans la coulisse, loin des projecteurs. Entre les présidents des partis francophones et néerlandophones.

La cartographie politique s’est singulièrement complexifiée ces dernières heures. Le changement d’attitude des socialistes flamands – ils ne disent plus non à l’idée d’embarquer dans un gouvernement mais posent des conditions inacceptables – a compliqué la donne.

Pour l’instant chacun fait mouvement et essaye de se positionner en vue d’une négociation qu’on souhaite courte mais qui sera sans doute très brutale.

Un atout paradoxal : la gravité de la crise économique n’autorise pas les atermoiements

12:05 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, martens, leterme

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