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14/10/2008

Budget, un équilibre très virtuel

Édito

Mis en ligne le 14/10/2008

Par Michel Konen

Il faut le leur reconnaître : Yves Leterme et Didier Reynders ont brillamment dirigé la manœuvre pendant la tempête boursière. Sans doute tout n'est pas parfait et il se trouve des actionnaires - de Fortis - pour se plaindre, peut-être à bon droit, du traitement qui leur a été réservé. Les tribunaux trancheront là-dessus. En attendant, même si le pays se trouve dépouillé de centres de décisions importants, l'essentiel paraît avoir été préservé : le système bancaire belge ne s'est pas écroulé. Le gouvernement a agi avec rapidité, imagination et détermination.

Les grandes manœuvres financières internationales laissent désormais un peu de temps à nos ministres pour s'occuper des gros sous de l'Etat. On pouvait espérer que nos gouvernants feraient montre des mêmes qualités dans l'élaboration du budget 2009 que de celles déployées dans le sauvetage des banques. Il faut déchanter.

Les milliards trouvés pour aider les institutions financières ont, fallait-il en douter ?, réveiller les appétits et les discours limite populistes. Du genre : si l'on a trouvé des sous pour les "riches" on en trouvera bien pour les plus démunis. Entendez allons-y pour un déficit budgétaire qui soutiendra la consommation et maintiendra le pouvoir d'achat.

Deux rappels sont nécessaires.

Un : le but de l'intervention du gouvernement dans le dossier bancaire est de préserver les petits épargnants, avant les actionnaires. La catastrophe, si elle avait eu lieu, aurait évaporé le pouvoir d'achat de centaines de milliers de Belges de condition modeste.

Deux : faut-il que nous ayons la mémoire courte pour oublier ce à quoi une politique de déficit budgétaire censée soutenir la consommation et l'emploi a conduit au début des années '70 et '80 ? A un déficit abyssal des finances publiques, que nous payons très chèrement toujours aujourd'hui. Plaider pour un déficit relève de l'irresponsabilité politique. Et la proximité des élections - huit mois à peine - n'incite pas au courage, hélas !

A l'heure d'écrire ces lignes, le gouvernement retient une croissance économique de 1,2 pc, dont chacun sait qu'elle est illusoire. Il se prépare à présenter un budget que l'on peut d'ores et déjà qualifier de virtuel. Comme la bulle financière qui vient d'éclater.

Le laxisme budgétaire est celui qui pénalise le plus durement et le plus longtemps les revenus les plus faibles. Comme les sinistres "subprimes".

08:01 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, budget

Commentaires

Quelqu'un pourrait-il expliquer à notre cher REYNDERS (GRAND PERDANT DES ELECTIONS 2009) que personne ne lui reproche la chute qu'a connue Fortis depuis plusieurs mois mais sa perte de valeur due au démantellement du groupe? Et tant qu'on y est, pourrait-on lui demander comment une société BENEFICIAIRE le vendredi soir est au bord de la faillite le samedi matin? Merci

REYNDERS LOOSER

Écrit par : Raoul | 15/10/2008

Et ING? Et Lehman& Brothers? Et KBC? ET Kaupthing? C'est aussi de sa faute, sans doute? Bon ou pas bon, la tourmente dans laquelle se trouve le système financier (et qui risque d'entrainer le système économique) dépasse de loin les possibilités d'actions de tout homme politique, de gauche ou de droite.

Écrit par : horto | 20/10/2008

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