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11/10/2008

Pour qui la richesse des nations ?

 Editorial

La lIBRE bELGIQUE

Par Michel Konen

Mis en ligne le 11/10/2008

Nul besoin de forcer le trait. Sur les tableaux noirs des bourses du monde entier, les courbes rouges plongent désespérément vers le bas. Le système bancaire implose, la récession mondiale est à nos portes, les Etats et les banques centrales interviennent massivement. Rien n'y fait, la confiance, comme l'argent, s'est évaporé. Sinistre ironie : hier, le discours du Président des Etats-Unis, qui voulait rassurer, a eu pour seul effet d'accélérer le cataclysme boursier.

Le capitalisme vit une de ces crises ravageuses que lui seul peut se payer. Les valeurs, les repères s'effondrent. Les chantres de la globalisation, de la mondialisation, ceux-là même qui ont imposé au monde de bannir toute régulation et tout contrôle sur la finance et l'économie voient aujourd'hui l'édifice se réduire en cendres. Avec un aplomb qui frise l'indécence - on ne renonce pas aux week-ends extravagants à Monaco - ils s'en remettent aux pouvoirs publics pour régler une addition qui donne le vertige. Les montants en jeu sont tels - des trillions de dollars et d'euros - qu'ils en deviennent abstraits !

Les politiques, qui hier encore, affirmaient que les marchés s'autorégulaient, sont à la barre. Et ils mettent en œuvre les recettes qu'ils dénonçaient. Les nationalismes et le chacun pour soi, illusoires bouées de sauvetage, sont revenus en force, y compris dans la maison Europe qui tremble sous les coups de boutoir.

C'est au politique qu'il revient d'innover, de proposer aux opinions démocratiques de nouvelles valeurs. On avait fini par se persuader que l'argent était la mesure de tout, oubliant que le capitalisme n'est qu'un moyen, un instrument et non une doctrine politique.

Le capitalisme est un levier puissant, sans équivalent, pour créer de la richesse. Encore faut-il définir à qui elle doit servir. Le libéralisme, qui est, lui, une doctrine politique, doit répondre sans ambiguïté à cette question s'il veut un avenir. Et l'impudeur affichée des nouveaux milliardaires ne laisse guère de place à l'interrogation.

Il faut espérer qu'il existe aujourd'hui parmi nos dirigeants un Roosevelt, un homme qui voit plus loin, plus juste. Un homme qui saisisse l'occasion de cette crise pour écrire l'histoire. Un homme qui donne à la construction européenne un nouvel élan, un nouvel espoir, une nouvelle force : une Europe faite pour des hommes.

 

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Écrit par : jama | 29/10/2008

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