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04/08/2008

Yves Leterme ou le Janus belge ?

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Mis en ligne le 04/08/2008

Le Premier ministre, Yves Leterme, a monopolisé l'actualité politique de ce week-end. Il a accordé de multiples interviews à de nombreux quotidiens du nord et du sud du pays.

Il est toujours intéressant de comparer les déclarations faites à deux opinions publiques différentes. L'une, néerlandophone, est celle de son électorat ; l'autre, francophone, est composée de citoyens avec lesquels il n'a pas de rendez-vous électoral.

Et la lecture des interviews accordées est en effet édifiante à cet égard. Dans les journaux flamands, on sent toujours, en filigrane, le candidat politique; dans les quotidiens francophones, c'est davantage un homme qui veut convaincre de l'urgence d'entamer une large et profonde réforme de l'Etat. Yves Leterme, comme Janus, le dieu romain, a deux faces.

A dire vrai, les entretiens accordés à la presse francophone sont banals et ne recèlent rien d'inattendu. Tout l'intérêt réside dans les propos tenus, à travers la presse néerlandophone, à ses électeurs. C'est dans ces propos-là qu'on peut lire en filigrane les vraies intentions d'Yves Leterme.

Un mot du dossier économique et social d'abord. Yves Leterme reconnaît implicitement que le budget 2008 est un budget pour rire. Pour 2009, l'effort budgétaire sera de 4 milliards d'euros, estime-t-il avant d'ajouter : "Et, cette fois, ce devra être 4 milliards sérieux". Tout est dit, ainsi, à propos du budget 2008.

De toute manière, déclare Yves Leterme, quelle que soit l'importance des dossiers socio-économiques, rien ne sera possible sans de profondes avancées institutionnelles. Le communautaire est un préalable absolu. À tel point qu'Yves Leterme prédit : "Si j'échoue, ça ira très mal pour la Belgique".

Il réaffirme, sans ambiguïté, sa fidélité au cartel CD&V/N-VA : "Je suis le père du cartel. Et un père n'abandonne pas son enfant". C'est dire la détermination de l'homme. Au point que l'on peut se demander si au cours des mois écoulés il n'a pas sciemment agi pour que les choses soient aujourd'hui ce qu'elles sont.

Yves Leterme adresse aussi un signal à son parti : il faut arrêter de s'enfermer dans des date- butoirs qui sont "contre-productives". Une manière de dire au cartel que tout cela prendra encore du temps, que la mi-septembre, voire le rendez-vous électoral de 2009 ne sont pas des échéances vitales pour ceux qui veulent vraiment changer le pays.

17:51 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : Politique, Leterme

Commentaires

Cela ne fait que confirmer ce que beaucoup de francophones pense de ce politicien passablement hypocrite. Ses propos "banals" (?) qu'a-t-il besoin d'en faire en période de vacances quand ses contradicteurs sont absents, c'est juste pour se faire valoir auprès de ses électeurs, là où il est en perte de vitesse dans les sondages.

Écrit par : marie-christine Libon | 04/08/2008

je vous écris en Néerlandais, ce qui ne vous pose pas de problèmes, vu le fait que vous êtes capable de lire les journaux Flamands ‘en filigrane’ .

Het verbaast mij telkens opnieuw in de franstalige pers dat er "in het Zuiden" kennelijk een andere soort journalistiek wordt bedreven dan "in het Noorden".
(inderdaad, bij Le Soir is het zo mogelijk nog erger!)
Daarbij stel ik me steeds de vraag of uw "lezers" beseffen dat uw bedoeling niet per se is hen te informeren, maar wel te "bewerken".
Uit de reactie van mevrouw Libon bijvoorbeeld "….de ce politicien passablement hypocrite…", blijkt duidelijk dat ze uw vorm van stemmingmakerij reeds perfect hebben geassimileerd.
Komt er ooit een dag dat journalisten objectiviteit als "norm" zullen hanteren?
Beseft u, mijnheer Konen, dat het uit elkaar groeien van de gemeenschappen in dit land mee een gevolg is van de dagelijkse "therapie" die u toepast?
Of is dat voor u allemaal ondergeschikt aan "les intérêts des FRANCOPHONES" ?

Écrit par : Van Lysebetten Marcel | 04/08/2008

Het verbaast mij telkens opnieuw in de franstalige pers dat er "in het Zuiden" kennelijk een andere soort journalistiek wordt bedreven dan "in het Noorden".
(inderdaad, bij Le Soir is het zo mogelijk nog erger!)
Daarbij stel ik me steeds de vraag of uw "lezers" beseffen dat uw bedoeling niet per se is hen te informeren, maar wel te "bewerken".
Uit de reactie van mevrouw Libon bijvoorbeeld "….de ce politicien passablement hypocrite…", blijkt duidelijk dat ze uw vorm van stemmingmakerij reeds perfect hebben geassimileerd.
Komt er ooit een dag dat journalisten objectiviteit als "norm" zullen hanteren?
Beseft u, mijnheer Konen, dat het uit elkaar groeien van de gemeenschappen in dit land mee een gevolg is van de dagelijkse "therapie" die u toepast?
Of is dat voor u allemaal ondergeschikt aan "les intérêts des FRANCOPHONES" ?

Rien compris...

Écrit par : Ø | 04/08/2008

Whoehaaaa !!!

"Rien compris..."
Dat is nu juist "het probleem !

Écrit par : stan | 04/08/2008

Le problème n'est pas (plus) la langue, le problème est économique, financier: on est loin du mouvement flamand demandant la reconnaissance de sa langue. Maintenant, c'est l'esprit revanchard d'un riche qui veut l'être encore plus.
Changer le pays? oui, le redessiner, certainement. Mais la Flandre n'a plus besoin de se justifier, elle a raison, elle a la vérité, elle a la solution. Croit-elle...
Si un politicien tient deux discours, il ne faut pas s'étonner que le fossé se creuse encore plus. On a atteint le degré de nullité avec ce premier ministre (son intervention à Libramont n'en est qu'un autre exemple). Plus besoin d'enfoncer le clou, lui s'en charge. Vivement 2009, qu'on en finisse.

Écrit par : horto | 05/08/2008

Ben je ne vais lire ni les sites ni les fora flamands. Et si d'aventure j'y arrive par hasard, je n'y poste pas en français rien pour emm...er les autres

Écrit par : Ø | 05/08/2008

"Si j'échoue, ça ira très mal pour la Belgique"

Il est plus que temps de nous demander si l'intérêt de la Belgique doit passer avant l'intérêt des francophones (nos voisins du nord ont répondu à cette question il y a bien longtemps déjà).
Je n'ai pas de convictions biens ancrées à ce sujet, je ne suis pas convaincu par les rattachistes ni les indépendantistes mais je me sens de moins en moins à l'aise dans cet Etat qui apparait simplement comme un outil permettant à la Flandre de nous imposer ses vues et ses dirigeants.
Un Etat francophone (avec du potentiel mais pas d'argent à gaspiller) aurait aussi l'avantage d'obliger ses citoyens à enfin se prendre en main, le relèvement des régions économiquement sinistrées comme le bassin carolo est peut être à ce prix mais les libéraux semblent bizarrement bien incapable de tenir ce genre de discours pourtant libéral, ils fustigent l'assistanat de certains wallons mais défendent la "solidarité fédérale".
A quand un vrai projet pour les francophones ?

Écrit par : eric | 05/08/2008

Cela fait de nombreuses années que la polarisation linguistique belge s'enracine dans les communautés. Ajoutez à cela les complexes et rancoeurs d'un passé révolu, l'amnésie de ce qui fut construit ensemble et la médiocrité de certains politiciens ... L'ordonnance mortelle de la Belgique fut signée il y a bien longtemps.
La séparation des régions flamande et francophone est inéluctable et les coups bas des uns et des autres ne font qu'envenimer la situation.
Pour ma part il est temps de faire les comptes des biens nationaux, telles que les grandes infrastructures portuaires, industrielles, aéroportuaires, ...payées par la Belgique et d'utiliser une clé de répartition logique. Tout comme pour un couple qui se sépare ou se confédéralise avec une "location" de l'outil. Il est aussi logique de désenclaver Bruxelles pour éviter, d'une manière douce ou brutale, l'étouffement de Bruxelles.
La mauvaise foi régionaliste actuelle va faire payer à l'ensemble de la population qui n'a rien demandé comme changement, la mauvaise gestion du patrimoine et de l'économie belge.
C'est un gâchis qui aurait été assimilé antérieurement à une trahison nationale.
Au nord comme au sud de la "cacahuète" belge, sommes nous devenus décérébrés à ce point que nous laissons la xénophobie envahir notre espace vital?
Les belges sont réputés pour leur bonhomie mais je crains qu'à continuer cette mauvaise gestion et d'exacerber les sensibilités et les vexations politiciennes, la rue ne prenne le pouvoir.
"Peu chers élus, arrêtez de jouer aux apprentis sorcier, votre préparation pourrait très bien vous exploser à la figure un de ces jours".

Écrit par : Casper | 06/08/2008

Leterne, comme De Wever? Quelle confiance leur accorder? Qu'avons-nous fait pour être gouverné de pareille façon? Ils veulent la fin de la Belgique, les frnacophones ne semble pas avoir pris consqcience de ce fait. Il serait temps de réfléchir: quoi pour nous? Pas la France, nos sommes Belges. Alors la Wallonie ne peut-elle vivre par elle-même?d'autres régions y arrivent pourquoi pas nous? Ou avec le Grand Duché, ils sont plus raisonablesDes hommes politiques Wallons savent-ils prendre leur responsabilité?

Écrit par : LAMBRET Louis | 09/08/2008

Leterne, comme De Wever? Quelle confiance leur accorder? Qu'avons-nous fait pour être gouverné de pareille façon? Ils veulent la fin de la Belgique, les frnacophones ne semble pas avoir pris consqcience de ce fait. Il serait temps de réfléchir: quoi pour nous? Pas la France, nos sommes Belges. Alors la Wallonie ne peut-elle vivre par elle-même?d'autres régions y arrivent pourquoi pas nous? Ou avec le Grand Duché, ils sont plus raisonablesDes hommes politiques Wallons savent-ils prendre leur responsabilité?

Écrit par : LAMBRET Louis | 09/08/2008

Pourquoi pas la France, nous parlons la même langue et le ch'ti ressemble furieusement au wallon !

Écrit par : GUYETTE Jean-Claude | 09/08/2008

Faudrait-il que la France veuille bien des wallons ?

Et de celà je n'en suis pas mais alors pas du tout certain !!!

Tintin

Écrit par : Tintin au Tibet | 13/08/2008

Le titre de l'édito parle d'un Janus, mais le contenu ne donne pas d'arguments pour l'accusation. Peut-être le contenu des interviews dans la presse néerlandophone et francophone n'est pas identique (ce qui est évident), mais cela ne veut pas dire qu'il y a des contradictions. D'ailleurs, je comprend très bien pourquoi Leterme reste plus vague dans les interviews avec la presse francophone. Il a l'expérience que tout ce qu'il dit sera employé contre lui par une presse manipulatrice et pleine de préjugés. L'éditorial lui-même est une illustration de ce genre de manipulations, qui empoisonne les esprits.

Écrit par : Karel | 18/08/2008

Mais cher Tintin au Tibet, le meilleur argument est celui que nvous citez :"Peut-être le contenu des interviews dans la presse néerlandophone et francophone n'est pas identique (ce qui est évident), mais cela ne veut pas dire qu'il y a des contradictions".

Écrit par : Konen | 18/08/2008

"Ne pas identique" ne veut pas dire "contradictoire". "Ne pas identique" peut être complémentaire, ou simplement plus vague. L'édito ne donne pas d'exemples de contradictions. Quand on accuse quelqu'un, il faut avoir des arguments solides.

Écrit par : Karel | 18/08/2008

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