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17/07/2008

La Belgique, toile de Pénélope

Édito

Mis en ligne le 17/07/2008

Par Michel Konen

La Libre Belgique

La Belgique de papa à vécu."

En 1970, Gaston Eyskens, Premier ministre, enterrait ainsi, et la formule allait faire fortune, 140 années d'état unitaire.

 

Ce 14 juillet 2008, jour de la fête nationale française, restera dans les mémoires belges comme celui de l'évaporation du concept de Belgique pays du "fédéralisme d'union", si cher à Wilfried Martens. Il fallut près de 20 ans pour le mettre en oeuvre. Il n'aura pas eu l'occasion de fêter ses 20 printemps.

Le temps, décidément, accélère sa course. Et les produits modernes s'usent plus rapidement que les fabrications d'antan, en tout cas en matière de plomberie institutionnelle.

Il n'est plus temps de ravauder le coutil belge. Il faut remettre l'ouvrage sur le métier. La Belgique est comme la toile de Pénélope : on y travaille sans cesse mais on ne la termine jamais.

Les mots à la mode aujourd'hui ? Fédéralisme abouti, confédéralisme, séparatisme,... En vérité la Belgique invente des concepts originaux sans équivalent dans le monde. Ce que l'on sait aujourd'hui avec certitude c'est que le modèle politique actuel a donné tout ce qu'il pouvait et qu'il ne permet plus la pratique du bien vivre ensemble.

La Flandre veut gérer son propre destin. Dans une Belgique croupion si c'est possible, sans la Belgique si nécessaire. A tort ou à raison, elle croit qu'elle volera plus haut et plus vite. Elle veut tout et tout de suite.

Depuis plus d'un an, cette volonté a rendu l'architecture institutionnelle caduque : le pays n'est plus gouverné, la Belgique n'est plus gouvernable.

Les francophones doivent se faire une raison : il faut aller à la table des négociations. Avec détermination et sans peur. Les discussions seront longues et âpres. Mais elles peuvent être fertiles aussi dès lors que naîtra la volonté de se bâtir un avenir.

Pour l'heure le premier enjeu, stratégique, sera de savoir qui parlera avec qui.

Les Flamands, qui n'ont jamais mis en oeuvre la Région flamande, veulent un dialogue à deux, de communauté à communauté. Avec une Région bruxelloise vassalisée.

Les Wallons et les Bruxellois, les francophones donc, veulent que les trois régions soient autour de la table, à égalité de droits.

Pour dresser la table il faudra d'abord connaître le nombre de convives.

Commentaires

Le fédéralisme belge a prévu des mécanismes de protection de la minorité francophone au niveau de l'état fédéral (vote à majorité spécial et parité gouvernementale) qui dispose de beaucoup de pouvoirs. Aujourd'hui la Flandre veut prendre davantage de compétences en charge puisqu'elle estime qu'au niveau fédéral les Francophones bloquent. Ce faisant, ils veulent que le centre de gravité de la Belgique se situe au niveau des entités fédérées plutôt qu'au niveau fédéral. Ce faisant les Flamands réduisent de facto les protections des Francophones puisque celles-ci ne porteront plus sur grand chose. Il est donc logique que si les régions deviennent les piliers de la Belgique ce soit bien à leur niveau que les mécanismes de protection des minorités soient à l'oeuvre. Celles au niveau fédéral devenant inutiles. Donc, je pense qu'il est temps pour la Flandre d'accepter une Belgique basée sur trois régions égales en droit et ayant la même autonomie constitutive (elle décide elle-même leur organisation). L'état fédéral gère les compétences déléguées de commun accord par les régions et reçoit de celles-ci les moyens pour se faire. Chaque région adopte la convention cadre pour la protection des minorités et met en place un conseil communautaire qui gère les matières culturelles et d'enseignement de sa minorité. La Wallonie installe donc un conseil germanophone, la Flandre un conseil francophone et Bruxelles un conseil néerlandophone. Chacun de ces conseils reçoit de sa région respective des moyens déterminés par une loi fédérale. Après l'installation des conseils communautaires dans chaque région, la parité au gouvernement fédéral et au gouvernement bruxellois est supprimée.

Écrit par : FrançoisGiga | 17/07/2008

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