Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

14/07/2008

Yves Leterme sur la planche à savon

Édito

La Libre Belgique

Mis en ligne le 14/07/2008

Par Michel Konen

Alors qu'on sait Yves Leterme à la peine sur le dossier communautaire depuis plus d'un an déjà, voilà que deux seaux d'essence pure viennent d'être versés sur le brasier linguistique.

Il y a d'abord cette chambre flamande du Conseil d'Etat qui vient de juger que les circulaires Peeters sont les seules à prendre en compte pour interpréter correctement la législation linguistique dans les communes à facilités de la périphérie bruxelloise. Résultat : les Flamands les plus pointus triomphent. Les francophones les plus exigeants voient dans cet arrêt la justification de leur combat pour un élargissement de la Région bruxelloise.

Il y a ensuite, et l'on ne quitte pas la périphérie, cette volonté des bourgmestres non-nommés de subordonner le passage de la manifestation politico-sportive flamande sur le territoire de leurs communes - le Gordel - à l'interdiction d'arborer des signes politiques. Résultat : les Flamands les plus pointus s'étranglent. Eric Van Rompuy, le bouillant député CD&V, enfourche son destrier de combat et s'en va sabre au clair prêt à décapiter sur le champ - à commencer par Yves Leterme - tout qui ose encore refuser la scission pure et simple de BHV.

Et Leterme, précisément ? Il navigue entre le doute et l'espoir.

Le doute porte sur le volet communautaire. Le Premier ministre passe son temps en vains va-et-vient entre francophones et Flamands. D'un côté, il entend élargissement de la Région Bruxelloise et, de l'autre, scission de BHV sans concessions. Pas l'ombre d'un espace d'un compromis.

L'espoir, c'est le volet socio-économique. Il en aura fallu du temps pour que ce gouvernement négocie enfin un programme digne de ce nom. Mais enfin, mieux vaut tard que jamais. Leterme Ier vient d'accoucher d'un budget, à l'équilibre un peu factice il est vrai (pour y arriver, il a fallu jeter aux orties le financement du fond de vieillissement), et d'un programme qui prend en compte les problèmes de pouvoir d'achat rencontrés par les moins bien nantis de notre société.

Parce que les défis sociaux et économiques qui attendent les citoyens dans les mois qui viennent requièrent la plus grande attention du gouvernement, celui-ci doit - on le dit sans enthousiasme - poursuivre son travail.

Sur la planche savonnée de la politique belge, Yves Leterme trouvera-t-il l'équilibre ?

Commentaires

Amis francophones Wallons et Bruxellois, n'ayez pas peur des menaces flamandes concernant l'éclatement du pays. Que cela soit un problème pour les Francophones, c'est du bluff. En cas d'éclatement, la Flandre ne pourra partir qu'avec l'accord explicite (consultation populaire) des communes qui voudront partager son projet. Dès lors, la Flandre sait qu'elle perdra définitivement Bruxelles et sa proche périphérie. Donc, au pire, laissons les appliquer leurs menaces. Nous aurons, sans rien avoir à faire, une Belgique francophone résiduelle (sans la Flandre) qui aura à coeur de choyer ses deux minorités : les Germanophones dans les Cantons de l'Est et les Néerlandophones en région Bruxelloise. En somme, ne rien faire pour nous, serait encore la meilleure tactique. Ils n'est pas impossible d'ailleurs que c'est ce qui est à l'oeuvre.

Écrit par : FrançoisGiga | 15/07/2008

Du vrai fédéralisme.
Aujourd'hui le fédéralisme belge se base principalement sur 2 grandes communautés aux territoires qui se chevauchent. Une Communauté ne joue pas le jeu et le système se cabre. Nous proposons une Belgique basée sur trois régions égales en droit et ayant la même autonomie constitutive. Pourquoi ? Chaque région étant libre de contracter avec chacune des deux autres régions des accords bilatéraux, une région qui n'est pas d'accord ne pourra pas empêcher les deux autres d'avancer dans un esprit de plus de fédéralisme. Le fédéralisme régional permet plus de dynamisme fédérateur. Dès que deux régions s'accordent sur une collaboration elles peuvent immédiatement la mettre en place. Evidemment, cela n'empêche pas l'existence d'accords trilatéraux (le premier d'entre eux portant sur la sécurité sociale et la mise en application de l'article 35 de la constitution). Un autre accord trilatéral concernera aussi la communauté urbaine élargie bruxelloise (bien qu'à mon sens toute la Belgique est concernée vue l'étroitesse de notre pays). La proposition de Fédération Wallonie-Bruxelles s'inscrit dans cette dynamique. Elle est le premier accord bilatéral à conclure entre nos deux régions. Evidemment, rien n'empêche la Flandre et Bruxelles ou la Wallonie et la Flandre de conclure des accords bilatéraux similaires.

Écrit par : Amaury de Bergijk | 15/07/2008

Les commentaires sont fermés.