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04/07/2008

Ingrid, quelle sacrée bonne femme !

Édito

La Libre Belgique

Mis en ligne le 04/07/2008

Par Michel Konen

Ce qui aura frappé les téléspectateurs restés accrochés à leur poste mercredi soir pour vivre, en direct, la libération de l'otage la plus célèbre du monde, c'est, d'abord, son physique.

On avait gardé d'elle l'image de cette jeune femme épuisée, amaigrie, assise seule et résignée, sur un pauvre banc au milieu de la jungle colombienne.

Et la voilà, sortant de l'ombre de la carlingue de l'avion qui la ramenait à la liberté, brillante comme un soleil. Forte et féminine sous son treillis militaire, un sourire grand comme une victoire et des yeux pétillants comme du champagne. Un corps, une attitude qui proclamait : "C'est moi qui les ai battus, ils ne pouvaient pas me vaincre."

Puis, sur le tarmac de cet aéroport militaire, elle est, tout de suite, la patronne. Pas la vedette : la patronne. Un self-control impressionnant. Pas une larme chez elle - quand les autres pleurent du bonheur de la retrouver - mais des gestes apaisants, quasi-rassurants.

S'il en est une qui a gardé sa liberté de penser, c'est bien elle. Elle emmène ses quatorze compagnons d'infortune autour d'elle face aux caméras et à nouveau étonne la planète entière.

Elle n'a rien perdu de sa faconde, en espagnol et en français elle remercie, pêle-mêle, tous ceux qui l'ont sortie de là. L'esprit vif et déterminé elle dit sa joie de la liberté retrouvée, et que la guerre n'est pas finie, qu'elle n'en a pas terminé avec son combat. Une conférence de presse de plus d'une heure, durant laquelle elle n'éludera aucune question. Celle-ci, notamment : "Regrettez-vous ce voyage, vivement déconseillé, à San Vincente de Caguan qui a permis aux Farc de vous capturer ?" Dix secondes de silence et cette réponse, ferme : "Non. C'était mon destin !"

A ceux qui ont tenté de la soumettre, de la briser, elle a opposé son intransigeance. S'il est une personne qui peut revendiquer le célèbre "ce qui ne me tue pas me rend plus fort" de Nietzsche, c'est Ingrid Betancourt.

Son combat n'est pas terminé. Il commence seulement. Plus que jamais elle veut que son pays, "sa" Colombie, comme elle dit, devienne démocratique.

Femme pressée aussi. Hier à Bogota, aujourd'hui à Paris, Ingrid Betancourt parcourt le monde pour porter son message. La petite-bourgeoise d'hier est devenue une icône planétaire. Sacrée bonne femme, cette Ingrid !

Commentaires

Monsieur Konen,
Guide-titulaire de la ville de Bruxelles , je lis ma LB les ciseaux à la main car je dois tout savoir!. J'ai une farde "Events" où je collerai vos deux excellents editos
"ingrid, quelle sacré bonne femme " et "Une rançon sans importance".
En l'espace d'une colonne, vous parvenez à réhausser les évenements , vous jugez rarement et vos conclusions sont positives. J'apprécie et vous remercie.B. Rogival

Écrit par : rogival brigite | 05/07/2008

"une rançon ..." cela fait du bien de lire une note objective et positive !
Ils sont libérés, c'est la fête, sauf pour les esprits chagrins ou comme Segolène, stupidement revancharde !
Que la LB et les journalistes sortent un peu de leur courte vue, cela fera du bien à tout le monde.

Écrit par : wibo | 05/07/2008

Les commentaires sont fermés.