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27/06/2008

Fortis, au pain sec et à l'eau

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

L’action Fortis, c’est un peu ce qu’était celle de la Société générale il y a vingt ans, avant que la vieille dame soit engloutie par le groupe Suez : le placement de bon père de famille par définition, celle qu’il fallait avoir dans son portefeuille de placement, celle qui rassurait. Pratiquement l’équivalent, en plus rentable, d’un carnet d’épargne.

 

On comprend mieux pourquoi la chute de l’action Fortis, hier, a suscité une telle émotion. Cette action, qui il y a un an à peine valait 35 euros se traîne à 10 euros aujourd’hui. Une vraie soupe à la grimace pour ceux qui avaient fait confiance au management de l’entreprise.

 

« C’est la faute à pas de chance » clament les dirigeants de Fortis. Pas pour le boss en tous cas qui s’est royalement alloué cette année une augmentation de 15 pc de son salaire à 3 millions 900.000 euros.

 

Ce que le marché reproche à Fortis c’est sa communication chaotique. Il y a un mois à peine la banque affirmait encore disposer d’une solvabilité solide et promettait monts et merveilles à ses actionnaires. Mais la question se pose aujourd’hui avec acuité : Fortis n’a-t-elle pas eu les yeux plus grand que le ventre en se lançant à l’assaut d’ABN-Amro, qui plus est dans un environnement économique devenu difficile ?

 

Poser la question, c’est y répondre : Fortis a du lancer hier un plan d’urgence drastique pour retrouver des capitaux frais. Et ce n’est là qu’un premier train de mesure.

 

Les actionnaires, mais aussi, sans doute le personnel, vont être mis au pain sec et à l’eau pour une très longue période.

 

Il faut espérer que les mesures prises permettront de stabiliser rapidement l’établissement financier. L’importance de Fortis à la bourse de Bruxelles est telle qu’elle a entraîné tout le marché à la baisse, pénalisant tous les investisseurs en actions belges, et fragilisant l’ensemble du secteur bancaire.

 

Certains des administrateurs de Fortis, présents au Conseil de Belgacom, reprochent à l’opérateur téléphonique de ne pas avoir développé une politique d’acquisition à l’étranger : ils ne sont peut-être pas si bien placés pour donner des leçons.

 

 

07:31 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Economie, banque, Fortis, bourse

Commentaires

Merci pour l'intelligence de votre article... Du journalisme de haute qualité ! Réflexion, regard critique et ouverture sur le futur ! Vous faites bien mieux que l'Écho qui se dit journal financier ! Bonnes vacances à vous aussi !

Écrit par : Jipi | 27/06/2008

Merci pour l'intelligence de votre article... Du journalisme de haute qualité ! Réflexion, regard critique et ouverture sur le futur ! Vous faites bien mieux que l'Écho qui se dit journal financier ! Bonnes vacances à vous aussi !

Écrit par : Jipi | 27/06/2008

Si je peux me permettre, l'augmentation de salaire de M. Votron est de 73% et non 15% comme vous l'écrivez.
(cfr l'Echo du 16/04/2008)
Cela dit, c'est beaucoup trop, alors que l'actionnaire est spolié

Écrit par : Campagnard | 27/06/2008

Tout à fait d'accord avec cet article. Moi-même j'ai voté contre l'acquisition d'ABN AMRO. Les dirigeants ont fait pression sur leurs amis pour arracher des voix. Il s'agissait non pas de défendre l'actionnaire mais les dirigeants, qui voulaient sauver leur jobs contre une éventuelle OPA. Leurs mensonges sur la qualité des résultats pour pouvoir justifier l'augmentation des rémunérations est de l'escroquerie. Gouverner c'est prévoir! Ne pas avoir vu cette crise annoncée depuis deux ans est de l'aveuglement ou de la dissimulation pour attirer des capitaux. Il devrait y avoir de la démission dans l'air et sans parachute!

Écrit par : Saint-Espoir | 27/06/2008

Les commentaires sont fermés.