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24/06/2008

Carrousel judiciaire au Pays noir

Édito

La Libre Belgique

Mis en ligne le 24/06/2008

Par Michel Konen

A Charleroi, le manège judiciaire n'en finit pas de tourner. Depuis trois ans maintenant - trois longues années qui ont dû paraître interminables à la population toute entière - Charleroi est stigmatisée mois après mois. Plus que jamais la capitale du Pays noir fait figure de symbole de la mal-gouvernance, de société gangrenée par le mariage incestueux de la politique et du monde des affaires.

Cette fois, ce n'est pas seulement l'administration ou les cabinets politiques qui sont visés par la justice. C'est la police elle-même qui est dans le collimateur. Et au plus haut niveau puisque c'est rien moins que la tête du bras armé du pouvoir judiciaire qui se retrouve sous les feux de l'actualité. La commissaire en chef de la zone de police de Charleroi a été inculpée de corruption passive dans l'affaire de la reconstruction du commissariat de Marcinelle.

Politiques, affairistes, policiers soupçonnés : jamais Charleroi n'a autant mérité la comparaison avec le Chicago des années trente. C'est toute une société sur laquelle pèse la suspicion de corruption.

Aux côtés de l'entrepreneur Vandenzande, inculpé, lui, de corruption active et déjà épinglé dans le dossier du centre sportif de Jumet, on voit réapparaître des personnages qui ont défrayé la chronique au cours des années passées et notamment celui de Claude Despiegeleer. Ceux que l'on retrouve dans ce nouveau scandale sont les anciens de la bande à Jean-Claude Van Cauwenberghe, toujours ignoré de la justice à l'heure actuelle.

Aujourd'hui, la nouvelle majorité ne sait où donner de la tête pour redresser l'image de la ville. On hésite, à Charleroi, à ouvrir un tiroir tant on craint d'y découvrir de nouvelles turpitudes. Tout, absolument tout, doit être remis sur le métier. Il faut changer les mentalités dans l'administration, revoir les procédures de nomination et celles d'attribution des marchés publics pour assurer une totale transparence, réinventer une éthique de la politique. En somme il s'agit de nettoyer en profondeur les écuries d'Augias. Car ceux qui suivent de près ces affaires assurent que le travail de la Justice n'est pas terminé et que d'autres dossiers vont apparaître dans les mois à venir.

Il faut espérer que la Justice agira dans la sérénité indispensable mais avec célérité. Car chaque nouvelle affaire remet sous l'eau la tête d'une ville qui veut revivre.

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