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09/06/2008

Un an déjà, bonjour tristesse !

édito

Par Michel Konen

Nous voici donc 366 jours plus tard. Une année que nous avons voté. Et le rabiot d’une journée supplémentaire due à 2008 année bissextile n’aura été d’aucun secours. L’impression d’un long surplace hante les esprits.

On a connu six mois sans gouvernement. On a connu six mois avec un gouvernement. On n’a pas vu la différence : toujours ce sentiment de vacuité absolue.

Ils en font pourtant des efforts pour nous convaincre – pour se convaincre eux-mêmes ? – de ce qu’ils voudraient s’occuper “des problèmes qui intéressent les gens”. Rien n’y fait ! L’image d’une équipe qui tire à hue et à dia et celle d’un chef d’équipe amorphe sont trop prégnantes. Ce gouvernement fait de bric et de broc rassemble tout et son contraire. Divisé Nord-Sud sur les questions linguistico-communautaires, il l’est aussi sur l’axe droite-gauche en matières socio-économiques. Et pour couronner le tout, comme si ça ne suffisait pas, une échéance électorale. De quoi les rendre tous dingues !

Un an déjà et cette impression qu’un fossé, un gouffre s’est creusé entre les communautés. Comme une espèce de petite mais puissante dérive des continents qui s’acharnerait sur le confetti belge. On ne se parle plus, on ne se comprend plus. Les géologues politiques observent, médusés, les effets dévastateurs de la tectonique des plaques.

Pays longtemps réputé pour la qualité de ses plombiers, la Belgique ne peut, aujourd’hui que constater les dégâts : les tuyaux se rompent les uns après les autres et certains, même, s’emploient à miner ceux qui résistent encore.

Un an déjà ! Et toujours Bruxelles-Hal-Vilvorde, les bourgmestres de la périphérie, les nouvelles compétences à régionaliser. A quoi viennent s’ajouter l’inflation, le prix du pétrole, le pouvoir d’achat. Un an déjà que tous ces problèmes rongent le pays, tourmentent l’esprit des citoyens, radicalisent les positions des uns et des autres.

Un an déjà ! Et il reste un mois seulement à Yves Leterme pour démontrer que son apparente apathie n’était pas une stratégie du pourrissement, un agenda caché pour faire sauter la Belgique.

Un an déjà ! La vieille Dame de 178 ans ne méritait pas tous ces coups. Bonjour tristesse !

Commentaires

Comme je l'ai écrit au MCC (lire http://www.lemcc.be/point-de-vue/point1.asp), il serait irresponsable de laisser pourrir la situation communautaire et institutionnelle du pays, les uns pour servir leur cause, les autres parce que l’immobilisme leur convient mieux.

Le seule et dernière lueur de responsabilité : Le comité des sages ! Espoir prudemment écarté par...

N'est-ce pas maintenant que nous avons besoin d'un démineur ?

Écrit par : Xav | 10/06/2008

Pour ceux qui comprennent le néerlandais, il est intéressant de lire aussi le Commentaire du 10 juin dans le Standaard, qui donne un bon sommaire de la situation. Les Flamands ne veulent pas la fin de la Belgique, mais ils veulent une Belgique avec moins de pouvoir fédérale et plus de pouvoir pour les régions. Les francophones préfèrent essentiellement de garder la situation existante, mais il est clair pour tout le monde que la structure Belge actuelle ne fontionne plus du tout. La crise d'un an est la preuve incontestable que le niveau fédérale n'est plus capable de prendre les décisions dont notre pays a besoin. Si le statu quo institutionelle n'est pas possible, les francophones semblent curieusement préférer la fin de la Belgique, plutôt que la Belgique amaigri. Il y a donc seulement deux possibilités: la Belgique amaigri ou la fin du pays. Pour moi, c'est clair que ce sont les francophones qui devront décider du futur du pays. La Flandre choisit pour la Belgique. Et les francophones ?

Écrit par : K. Lemmens | 10/06/2008

A K. Lemmens,

Il y a surtout le fait selon plusieurs journalistes flamands comme francophones que les négociateurs flamands au fédéral n'osent même plus avancer quoi que ce soit sur la table de peur d'avoir une réaction du parlement flamand. Ce ne sont donc plus les négociateurs flamands au fédéral qui ont la main mais le parlement flamand. D'ailleurs donc dans les faits, ce ne sont plus les francophones qui décideront de l'avenir du pays mais uniquement le parlement flamand qui a voté des résolutions pour lesquelles aucune concession n'est possible puisque après ses résolutions il y a le confédéralisme de Kris Peeters : seules la monnaie et l'armée encore au commun au fédéral. Donc pratiquement, je ne crois plus que les francophones n'aient le moindre mot à dire dans l'avenir du pays. Le choix est donc le suivant : l'acceptation pleine et entière d'accepter tout ce que revendique la Flandre ou la scission du pays. C'est le seul et unique choix des francophones. Si on peut appeler ça un choix.

Je ne suis même pas sûr que la Flandre laissera les bruxellois décider de leur destin.

Écrit par : Guillaume | 10/06/2008

Cela n'a pas de sense de nier la réalité. Dans cette sense, les francophones, ni les Flamands ont la choix.
Cette realité est que le pouvoir effectif réside déjà chez les régions, comme le niveau fédéral est paralysé par les conflits éternels. Kris Peeters et Rudy Demotte par contre s'accordent bien et réussissent à conclure des accords positifs pour les deux partis. Il ne faut pas dire que c'est la faute de la Flandre. C'était une évolution inévitable, comme les différences économiques et sociales dans le nord et le sud du pays sont devenu tellement énormes que des conflits permanents au sein du gouverment fédéral sont devenu inévitables. C'est donc plutôt la faute des politiciens francophones qui ont perdu 40 ans pour convertir l'économie Wallonne. Si la Wallonie avait progressé comme la Flandre, il n'y aurait pas besoin de régionalisation maintenant. Maintenant, les choses sont ce qu'elles sont, et même la Flandre n'a plus le choix de continuer le système fédéral existant, parce que ce systeme implique l'immobilisme et le déclin économique et sociale inévitable. Il est temps d'arrêter à regarder en arrière et de construire à force unie la nouvelle Belgique. Si on collabore dans cet esprit, on trouvera aussi des solutions pour Bruxelles.

Écrit par : K. Lemmens | 10/06/2008

"On trouvera des solutions pour Bruxelles": la wallonie et la Flandre sans doute?
La Flandre ne cesse de provoquer, et il faudrait leur demander pardon. La spirale infernale dans laquelle ils se sont enfermés les oblige à rejeter cette Belgique qu'il répugne (belgïe Barst, c'est flamand ça). Depuis 40 ans la Flandre n'a cessé de se servir de la Belgique (clés de répartition, frontière linguistique inique, financement des communautés, ...), pour mettre la Wallonie à genoux.
Et maintenant, alors que la Flandre a pu prospérer dans un cadre fédéral, terminé, ce serait un système confédéral où on régionalise ce qui arrange les Flamands. Si les francophones ont été stupides pendant 40 ans, ne comptez plus sur eux pour vos fantasmes.

Écrit par : horto | 10/06/2008

A K. Lemmens,

Les politiciens francophones ont fait des erreurs mais il faut dire une chose au moment où la Wallonie s'est enfoncé, la Flandre l'y a aidé en n'aidant que la Flandre alors qu'on n'était même pas encore dans un système fédéral. Les flamands étaient aux postes ministériels économiques et les financiers francophones ont abandonné la Wallonie pour la Flandre et l'état a fait pareil d'où la revendication de gestion de l'économie lors de la fédéralisation. Ceux qui avaient fait la gloire de l'économie wallonne ont laissé les wallons en plan et sont partis en Flandre. Après il y a eu des bourdes mais ce sont les deux associés qui ont fait vivre un enfer à la Wallonie. Par comparaison, le département des Ardennes est dans un état pire que celui de la Wallonie mais Paris subsidie toujours. Si je raisonnais comme la Flandre, bah Paris devrait être indépendante car elle donne beaucoup d'argent aux anciennes régions charbonnières. Et pour le Nord en France, seul Lille est redressé ainsi que Roubaix et en partie Valenciennes mais le reste du département est toujours en proie à la pauvreté.

C'est un peu facile de rejeter l'unique faute sur les politiques francophones, il y a eu un certain sentiment de revanche côté flamand et il existe encore aujourd'hui puisque le fédéral a décidé de réduire drastiquement les aides pour les entreprises wallonnes qui fabriquent des composants Airbus pour les attribuer à des entreprises flamandes toutes récentes qui ont pour but de remplacer les entreprises wallonnes. Encore une volonté de couler les wallons. C'est un fait.

Écrit par : Guillaume | 10/06/2008

Quelques points:
- Il y a une tradition en Wallonie de dire que leurs problèmes sont la faute de tout le monde sauf des Wallons. Cela cadre parfaitement dans la politique de la gauche. Ce rejet de responabilité a été néfaste pour la région. Je crois quand-même que ça commence à changer maintenant chez les intellectuels, mais la grand masse est encore impregnée de cet idée.
- L'idée que la croissance de l'économie Flamande s'est produit sur le dos de l'économie Wallonne est économiquement incorrecte. C'est le contraire. Une économie florissante agit comme un levier sur les économies entourantes. La croissance de l'économie Flamande n'était d'ailleurs pas due aux investisseurs de l'ancienne industrie Wallonne, mais à l'attraction d'investisseurs étrangers (chimie, auto-assemblage etc.)
- L'économie de la France est dans un état lamentable. Il ne faut pas prendre Paris comme un example. Les subventions de régions sont néfastes si elles ne sont pas accompagnés de reformes structurelles. Il faut entre autre absolumment que la région qui profite des subventions soit punie quand l'argent n'est pas bien utilisé, et rémunérée quand l'argent est bien utilisé. Cela veut dire: plus d'autonomie financière.
- la grande majorité de la Flandre ne veut pas arrêter l'aide à la Wallonie, mais la Wallonie (et Bruxelles) doit accepter des reformes structurelles (institutionelles) pour garantir que l'argent sera enfin bien utilisé. Ce n'est pas une expression d'égoisme. C'est le bon sens qui est essentiel pour une économie en bonne santé.

Écrit par : K. Lemmens | 11/06/2008

- Je ne rejette pas la faute entièrement aux flamands, c'est partagé. Je pense que la majorité des politiciens francophones depuis le fédéralisme étaient des incompétents notoires et ce quelque soit le parti politique et c'est sûrement encore le cas aujourd'hui. Ils ont été incapables de gérer eux-mêmes ce qu'ils ont réclamé lors du fédéralisme.

- Pour les investisseurs, si c'est prouvé, la Banque de Belgique n'a plus soutenu de projet wallon et les ministres flamands ne vantaient que leur région (ça n'a pas changé depuis, je fais le même reproche aux francophones dans des postes équivalents) et il n'y a eu au moment encore de l'état unitaire aucun soucis dans la reconversion des gens qui allaient perdre leur emploi. A ce moment-là, toute la Belgique était responsable et c'est ce qui a créé la force éphémère mouvement wallon par la suite.

- Pour en France, quand ça marche, c'est grâce à un homme politique fédérateur. Pour Lille, ce fut Pierre Mauroy. Sans ces hommes ou femmes-là, il est extrêmement difficile de faire des réformes. La France s'est décentralisée bien plus et ce sont les régions et départements qui ont un peu plus de pouvoir qu'avant pas autant que chez nous néanmoins mais ça n'a pas empêcher Lille de s'en sortir.

- La majorité de la Flandre, je veux bien le croire mais je ne suis pas convaincu en ce qui concerne la majorité des élus flamands ce qui est une autre histoire. J'entends souvent la volonté de lâcher la Wallonie, de débrancher le respirateur comme on dit pour donner un électrochoc de la bouche d'élus flamands qui vont parfois sur des plateaux télé étrangers.

- Pour l'attirance économique que procure la Flandre à la Wallonie, j'ai des doutes surtout pour l'avenir. Si l'autonomie fiscale est réalisée, je ne donne pas cher ni de Bruxelles ni de la Wallonie en terme de concurrence fiscale puisque la Flandre politique veut transformer sa région en paradis fiscal pour investisseur. Ce que la Wallonie ne peut financer sauf à supprimer le système social évidemment.

Écrit par : Guillaume | 11/06/2008

La flandre doit cesser de rêver !
Si la région flamande veut imposer sa loi à la région de Bruxelles, elle va droit au clash. Les Bruxellois ne veulent pas de la main mise des autres régions sur la leur. Chaque habitant de ce pays doit avoir les mêmes droits sur sa région. Oui à une Belgique basée sur trois régions sur le même pied. Tobback et aucun flamand ne peuvent vouloir contrôler 1.100.000 personnes. Les Bruxellois ne seront pas des citoyens de seconde zone. Sinon, les Francophones préfèrent que les Flamands quittent le pays.
Il n'y a qu'un seul problème à Bruxelles, c'est le chômage. Mais comparez ces chiffres : 75.000 chômeurs bruxellois, 250.000 navetteurs flamands à Bruxelles, 19.000 navetteurs Bruxellois en région flamande ! (Pour info : il y a 90.000 fonctionnaires fédéraux dans tout le pays).
Les Flamands crient, vocifèrent mais ne peuvent rien sans l'accord des Francophones !
Pourquoi y-a-t-il toujours 286.795 chômeurs complets indemnisés en Flandre qui n'acceptent pas les emplois que proposent les élus flamands aux Francophones ? Cfr. http://www.geocities.com/francoisgiga

Écrit par : François Giga | 11/06/2008

Aussi concernant le chômage, il est important que chaque région soit rémunérée si elle fait bien. Maintenant, les régions sont responsable pour l'activation, mais les allocations des chômeurs sont payées par la caisse fédérale. Les politiciens régionals ne risquent pas de prendre des mesures d'activation impopulaires parce que l'avantage est pour la caisse fédérale. Au contraire, si le chômage reste haute, la région a droit à des revenus supplémentaires du pot fédéral. A cause de ce système pervers, les politiciens Flamands n'ont pas envie d'être sévère pour les nombreux prépensionnés, et les politiciens francophones n'ont pas envie d'être sévères pour leurs chômeurs. Le fait qu'on n'a pas encore régionalisé cette compétence est donc une importante cause du taux d'activité trop bas partout en Belgique. Ceci fait par exemple que nos pensions sont parmi les plus bas de l'Europe occidentale. La manque de responsabilité régionale fait donc que tout le monde appauvrit. Les Flamands sont prêts à accepter cette responsabilité. Et les les francophones ?

Écrit par : K. Lemmens | 12/06/2008

A K. Lemmens,

Vous voulez l'indépendance de toute manière. Vous parlez de confédéralisme mais en fait c'est l'indépendance. Moi ça ne me dérange guère, au point où on est traité tous les jours comme des incapables, ça évitera de perdre du temps et de se concentrer sur nos problèmes. Pour moi scinder tout en compétences y compris les budgets revient à une indépendance de facto. Pour les prépensionnés, faut arrêter, la Flandre ne fera rien ... Tout le monde sait, même Leterme qui l'a dit un jour en Flandre, que les chiffres du chômage en Flandre exclus ses personnes des stats ce qui donnerait 11% de moyenne en chômage en Flandre c'est certes beaucoup mieux qu'à Bruxelles et en Wallonie mais ça reste du marketing politique.

N'espérez aucune coopération après la scission du pays qui se fera tôt ou tard bien que je ne le souhaite guère. Mais je n'ai aucun soucis avec ça parce que c'est déjà le cas aujourd'hui, on est vu comme de la merde en Flandre et coopérer c'est toujours imposer son point de vue alors ... Maintenant faites attention, la Wallonie est le premier client de la Flandre si elle va mal faudra pas se plaindre. Et pour le vieillissement et la main d'oeuvre la Flandre devra se débrouiller seule.

Écrit par : Guillaume | 13/06/2008

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