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09/05/2008

Rupture

EDITORIAL

Ciel RADIO

Michel KONEN

 

Ce matin, sur le coup de deux heures trente, la majorité flamande a imposé la scission de BHV à l’agenda de la Chambre. Et les francophones, comme prévu, ont aussitôt mis en place les manœuvres de retardement.

 

Yves Leterme, lui, y allait de son commentaire : «  C'est un moment pénible pour le pays et pour les relations entre les deux grandes communautés. On va voir dans les jours qui viennent comment le surmonter et arriver à réunir à nouveau à une table de négociation ceux qui sont prêts à solutionner ce dossier ». Le Premier ministre semble décidément vivre dans une troisième dimension inaccessible au commun des mortels. Durant cette interminable journée il est, selon son habitude, resté totalement absent ne tentant, à aucun moment, de faire une proposition de compromis ou même de raisonner sa majorité.

 

La vaisselle est bien cassée, la confiance a volé en éclat. La première conséquence du vote est que l’agenda gouvernemental qui prévoyait la négociation de réformes institutionnelles pour le 15 juillet n’est plus d’actualité. Voilà qui ne va pas calmer les esprits.

 

Yves Leterme, comme si de rien n’était, se propose donc désormais de réunir autour de la table ceux qui sont prêts à solutionner le dossier BHV. Comme s’il n’avait pas pu le faire avant de laisser se produire l’irréparable. Cette rupture va changer les pratiques de la vie politique en Belgique. Dans n’importe quel pays normal le Premier ministre aurait déjà présenté sa démission. Mais la Belgique est-elle encore un pays normal ? La question devient Yves Leterme est-il vraiment le mieux placé pour  recoller la porcelaine, lui qui jusqu’à présent n’a fait preuve d’aucune initiative.

 

« L’imagination au pouvoir » écrivait-on sur les murs en mai 1968. Monsieur 800.00 voix, manifestement ne fait partie  de cette génération là.

 

 

Commentaires

Extrait du Vif du 09/05/2008:
Interview de Eric van Rompuy (le frère de "l'autre"):

le Vif: "A propos du dossier BHV, vous avez lancé à la tribune du Parlement flamand, et en français en prime : « nous allons gagner ! ». Le CD&V est donc si sûr de la victoire ?"

EVR: "En 88, Jean-Luc Dehaene a réalisé la plus grande réforme de l'Etat qu'ait connu le pays. Il l'a fait en appliquant presque le programme du CVP. José Happart n'a jamais été nommé bourgmestre à Fourons, le FDF n'a jamais réussi à réaliser son programme. Où sont les concessions ?"

Le Vif: "Les francophones vont donc encore devoir plier devant l'incontournable CD&V ?"

EVR: "Jusqu'à présent, on a joué le zéro-zéro, en appliquant le système du catenaccio (NDLR : système de jeu très défensif au football), avec un arbitre qui ne parvient pas à siffler la fin du match. Il faudra pourtant bien un moment marquer un but. Si la Belgique doit survivre, avec un gouvernement comprenant le CD&V, il faudra bien que tôt ou tard, les francophones négocient avec nous. Et croyez-moi, ce n'est pas un petit jeu."

Le Vif: "Pour qui ce jeu est-il finalement dangereux ?"

EVR: "En mettant le couteau sur la gorge de Leterme, les francophones ne réalisent pas à quel point ils mettent le couteau sur la gorge de la Belgique."


En disant cela, EVR (Eric van Rompuy) reconnaît ouvertement que depuis toutes ces années, les Francophones n'ont cessé de se faire rouler par les partis Flamands! Cela va-t-il encore durer longtemps?! Devrons nous encore céder au chantage?!

Les Flamands à coup de chantage sur la fin de la Belgique ont organisé et imposé aux Francophones une structure d'Etat Fédéral bancale dans laquelle les Francophones ont été sciamment sous-financés. Ensuite, en réclamant la mise en place d'une clef de répartition (60% Flandre, 12% Bxl, 28% Wallonie) et un système de "donnant-donnant", ils ont réussi à engraisser la Flandre sur le compte de l'Etat fédéral.

Ainsi, chaque fois que des institutions francophones, gravement sous-financées, étaient obligés de demander de l'argent pour bâtir ou rénover des infrastructures, aider à la reconversion économique de la région ou simplement éviter la faillite, les Francophones devaient payer ce (re)financement 2 fois!!!
Une première en devant concéder d'inévitables concessions permettant à la Flandre, contre l'obtention de la "rallonge", d'accélérer sa marche vers l'indépendance ou de parfaire la mise à mal systématique des droits des Francophones de Flandre et de Bruxelles.
Une seconde fois ensuite, car en raison de la fameuse clef de répartition, la Flandre empochait un pactole correspondant à 60% de la somme dont ce que les Francophones ont reçu représente 40%. Ainsi, quand les Francophones obtenaient 100 du pouvoir fédéral, la Flandre empochait 150. En effet, 100 représentait 40% et les 150 les 60%!
L'on comprend mieux pourquoi la Flandre peut à présent se targer d'être en boni et d'accuser les Francophones d'inefficacité et de mauvaise gestion!

Ce jeu de dupes doit-il durer encore longtemps?! Moi je dis que c'en est plus qu'ASSEZ!
J'en ai marre de cette Belgique où l'on se fait plumer et insulter par une clique de revanchards et où, en prime, il faudrait sourire et remercier la Flandre de ses "largesses", les fameux "transferts"!

Certes, la Bourgeoisie qui fit la Belgique après la révolution qui nous libéra du joug des Orange-Nassau, a par la suite injustement brimé les flamands dont les patois si divers que mutuellement incompatibles faisaient, à l'instar des parlers Wallons, tellement "paysan" que cela devait être éradiqué au profit d'une langue dite "civilisatrice".
Il faut cependant savoir que cette Bourgeoisie était autant Flamande que Wallonne; à l'époque, la langue de la Bourgeoisie était le Français! ce n'était d'ailleurs pas un particularisme propre à nos régions, mais bien un héritage des "lumières" que beaucoup de nations européennes partageaient. De plus, n'oublions pas qu'avant l'intermède Orange-Nassau de 1815 à 1830, la Belgique avait été annexée par la France (de 1792 à 1815) et largement francisée, en tout cas au niveau de ses élites (Noblesse, Bourgeoisie et administration).

Est-ce cependant une raison pour inverser les choses? Avons-nous à nous laisser ainsi faire? Faut-il à présent une nouvelle révolution pour nous libérer du flamingantisme?!
Car si je veux croire que tous les flamands ne souhaitent pas la fin du Pays, par leur vote, ils cautionnent cependant des partis dont l'objectif commun sur le long terme est de dominer et diriger au seul profit de leur communauté tout l'appareil de l'Etat, reléguant les francophones au second plan en les tenant éloignés de toute décision ou en usant de leur majorité "démocratique" pour faire malgré tout passer leurs décisions. Et si les francophones résistent, on utilise le chantage financier et quand cela devient un "peu sérieux", l'on menace de faire sauter la Belgique, ce qui dans l'état actuel des choses serait évidamment une catastrophe pour les Francophones.

Ceci dit, nous avons à présent à choisir entre vivre "pauvres"(*), mais dignes, ou à céder une fois de plus face aux "diktats" flamands, sachant que si nous cédons cette fois-ci, il sera alors impossible de revenir en arrière.

Céder maintenant sur BHV, c'est consacrer la victoire Flamande et accepter la flamandisation forcée des 1.200.000 Francophones de Bruxelles et de sa périphérie. c'est également laisser la Wallonie, coupée de son poumon économique (Bruxelles) étouffer lentement.
C'est accepter que 1.200.000 francophones perdent leur droit à s'exprimer dans leur langue, à voter pour des réprésantants politiques parlant leur langue ou être jugés dans leur langue. Accepter cela, c'est accepter de laisser la Wallonie partir à la dérive et faisant le jeu d'une infime minorité de "rattachistes" d'avoir à supplier la France de l'incorporer pour ne pas sombrer.
Est-ce cela le destin que vous Francophones voulez pour vous-mêmes ou pour vos voisins de Bruxelles et de sa périphérie?

Certes, d'aucuns diront que BHV est une broutille en comparaison de la misère du monde et des défis environnementaux, mais céder sur ces 3 lettres risque de nous coûter très cher! Sommes-nous prêts à en payer le prix?


(*) Relativisons tout de même un peu: cela n'aurait toutefois rien à voir avec ce que connaît un tiers de la population mondiale, qui vit avec 1$ ou moins par jour!

Écrit par : Soltan Griss | 12/05/2008

Si vous êtes convaincu que la Flandre empoche de l'argent qui devrait aller à la Wallonie, il faut demander la régionalisation complète de tous les impôts et la scission de la sécurité sociale. Comme ça, la Flandre ne pourra plus voler l'argent des Wallons, n'est-ce pas ?

D'ailleurs, vous avez apparemment écouté trop les chaînes Mille Collines francophones, qui nourrissent la haîne au lieu d'informer objectivement. L'idée que la Flandre voudrait francophoniser Bruxelles est simplement burlesque. Beaucoup de francophones sont dérivés tellement dans leur extrémisme anti-Flamand, qu'ils ne se réalisent plus que leurs idées sont de caricatures de la réalité. Si vous voulez vous informer correctement sur les idées des Flamands, il faut lire vous-même les journaux Flamands, au lieu de se fier aux interprétations politiques par les journalistes qui savent que la sensation se vend mieux que la réalité complexe.

Ce serait d'ailleurs une très bonne idée de reprendre systématiquement la traduction des articles dans les journaux francophones/néerlandophones. Comme ça, on pourrait apprendre à se connaître mieux.

Écrit par : K. Lemmens | 13/05/2008

à K. Lemmens:

Premièrement, je suis bilingue et lis quotidiennement la presse flamande comme francophone. Et je ne vois rien d'autre dans cette presse qui ne soit le pendant de ce que l'on trouve dans la presse francophone; à savoir tout est la faute de l'autre et de se présenter comme indemne de tout reproche, ce que je le concède est loin d'être le cas, des deux côtés.

Deuxièmemment, mon "post" n'est que le reflet de l'impression que donnent les politiciens flamands lorsque l'on compare leurs actions en regard de leur discours. Ils jouent en permanence un double jeu dont les francophones n'ont que trop longtemps (sciamment ou non) été les dindons de la farce. Et cela doit cesser.

Enfin, il est trop tard pour parler encore de compréhension mutuelle, d'avenir commun ou de régionalisation plus poussée: je suis convaincu que l'issue ne pourra plus être autre que la scission du pays: Bruxelles, les communes à facilités majoritairement francophones et la Wallonie d'un côté, la Flandre et les communes à majorité néérlandophone de l'autre.

Après cela, bon vent pour chacun des 2 camps.

Ceci dit, mon opinion est que l'attitude revancharde d'une certaine Flandre souffrant d'un pathologique complexe d'infériorité est et sera bien la cause majeure de tout ce gâchis.

L'instransigeance et la duplicité de la classe politique flamande accrochée à son droit du sol et à l'orthodoxie linguistique m'ont rendu hermétique à toute autre forme de compromis qu'une séparation selon les termes évoqués plus haut.

Il ne me reste qu'à espérer que cela se fera en bonne intelligence, à la Tchécoslovaque, plutôt qu'à la "médiévale", entendez, à la Yougoslave.

Écrit par : Soltan Griss | 13/05/2008

Les positions de la Flandre sont claires. Nous voulons plus d'autonomie économique et des frontières inviolables, dans le context Belge, avec une préférence pour une confédération. Il n'y a rien d'un double jeu dans ça, et cela n'a rien à voir avec un complexe. C'est seulement parce qu'on nous refuse ces droits élémentaires que le nombre de Flamands qui voient une solution dans l'indépendence augmente. Il ne faut donc pas invertir les choses et nous refuser ces droits soit disant parce que nous avons un agenda caché d'independence. La grande majorité des Flamands se realise que l'indépendence est un rêve irréalisable. On en parle beaucoup, comme thérapie soulangeante, mais je suis sûr que, si on pose aujourd'hui la question aux Flamands, la grande majorité serait contre, et je ne vois pas changer cela vite.
Votre proposition va d'ailleurs dans le sense d'une conféderation. On sépare un maximum les compétences et le territoire, et on regarde ce qu'on fait encore ensemble. La Flandre peut continuer à profiter du marque 'Belgium', Bruxelles peut profiter des investissements par la Flandre, et la Wallonie peut continuer à profiter des transferts, mais alors conditionels, comme on le fait dans d'autres pays. Comme ça, tout le monde gagne.

Écrit par : K. Lemmens | 13/05/2008

Non non.. pas confédération Karl... t'as mal lu...
SEPARATION, SPLITSING.
Et qu'après la Flandre se demerde pour ré-intégrer l'europe (ah... nouvel adhérent, nouveau traité... ptet qu'on dira non hein...). Intégrer l'Europe=ratifier la convention cadre des minorités.

C'est pour ça que vous ne voulez pas la séparation. Vous conserver les avantages et vous débarrassez de ce qui ne vous intéresse pas. Je fait partie, Karl, des gens qui pensent qu'on n'a pas besoin de l'argent flamand...
Alors pour moi, c'est good bye, so long farewell, cassez vous. Allez donc jusqu'au bout de vos "ambitions". On verra comment s'en sort la Flandre sans Bruxelles, sans la marque "Belgique", sans son premier partenaire commercial.

Tu me détestes parce que je parle français et me trouve oppressant? Ok, casse toi. Je te force pas à m'aimer.
Bizarrement, c'est quand même toujours sur les actes flamands que viennent enquêter les différentes inspections européennes...

Mai soit... t'es pas oppresseur, t'es victimes... ou i oui.. je sais, allez, j'suis pas dégueulasse, prends ta liberté, jen e veux même pas de ta pension alimentaire.
Je vous laisse entre "flamands"... ah oui... 'tention hein... faites le tri entre les "bons" flamands, les flamands de services, les flamands belgicain (oulah, grave ceux là, en camps de travail, faut les rééduquer)...

Ca vous semble extrémiste mon Lemmens? Pourtant, c'est exactement l'image que la Flandre donne. Y COMPRIS DANS LA PRESSE FLAMANDE.

Faut arrêter de dire qu'on ne comprend rien sous prétexte qu'on n'est pas flamand. On vous comprens, au pire, les traducteurs interprêtes sont la pour ça... le monde entier se trompe j'imagine?

Allez, so long farewell, la montée des océans vous fera peut etre revenir à de meilleurs sentiments.

Écrit par : ras le bol | 13/05/2008

à K. Lemmens:

Premièrement, une confédération est une association d'Etats Souverains ayant pour but de mettre en commun certaines compétences afin d'avoir plus de poids ensemble que si ces compétences à l'origine souveraines étaient exercées séparément.

C'est peu ou prou la définition en droit international de la confédération. C'est d'ailleurs un lien tellement relâché entre Etats, que bien souvent les confédérations ne peuvent durer. Soit elles finissent par se terminer, chacun reprenant à son compte l'exercice de ses droits souverains, soit les liens se resserrent et l'on va vers une fédération.

Quoi qu'il en soit, faire le choix de la confédération implique D'ABORD de passer par la case INDEPENDANCE.

Mais, je vous vois déjà objecter, comme bien des politiciens flamands, en particulier ceux du CD&V-NVA, les plus "ardents" promoteurs de la formule: "Oui, mais en fait, non, en fait de confédération, nous parlons simplement d'une autonomie maximale dans un contexte d'Etat Belge..."

En gros, vous voulez obtenir l'indépendance, tout en maintenant une Belgique de facade dont bien entendu en raison de votre supériorité numérique très démocratique vous auriez la maîtrise.
Sous le couvert du droit du sol et de la nécessité de maintenir des frontières "inviolables", vous voudriez flamandiser contre leur gré les francophones de Bruxelles et de la périphérie, en particulier ceux des 6 communes à facilités.
Bruxelles une fois enclavée et méthodiquement étouffée économiquement n'aura d'autre choix que de dépérir ou se laisser avaler par la Flandre, aux conditions de la Flandre, bien entendu.

Quant à la Wallonie, en l'état, elle n'a pas les moyens financiers d'assumer seule cette indépendance d'opérette, coupée qu'elle serait de Bruxelles et des autres francophones.
Elle aussi se verra contrainte soit:
** d'accepter un résidu d'Etat Belge sous tutelle Flamande avec en contrepartie les quelques miettes financières que la "généreuse Flandre" voudra bien lui laisser en échange de sa docilité.
** d'aller quémander l'assistance de l'Etranger, l'Union Européenne ou la France.

Bref, ce que la Flandre, enfin une certaine Flandre, projette, n'est ni plus ni moins qu'un hold-up sur la Belgique au détriment des francophones.

Vous m'excuserez donc de ne pas vouloir de ce futur là, ni pour moi-même, ni pour mes compatriotes francophones, même si cela devait permettre de maintenir une certaine solidarité, ou plutôt, selon vos termes, de pouvoir continuer à "profiter des transfers conditionnels".
Si le prix à payer pour le maintient de la Belgique et d'une certaine solidarité est celui que veut nous imposer cette Flandre là (CD&V-NVA, LDD, VL-Belang/Blok, etc.), alors qu'elles (la Belgique, la solidarité et la Flandre) aient toutes au diable!

Faire le choix de l'indépendance comporte des risques! Pour tous!
Alors assumez-les et n'essayez pas d'obtenir le beurre (l'indépendance), l'argent du beurre (Bruxelles et sa périphérie) et le sourire de la crèmière (les francophones). A ce propos, les termes d'Eric Van Rompuy dans mon "post" initial sont assez clairs sur l'état d'esprit du courant dominant dans la classe politique flamande, ainsi que sur son objectif réel.

Si vous voulez vraiment le confédéralisme, discutons d'abord de la scission de la Belgique et de ses modalités (en ce compris la répartition de la dette de l'Etat Belge). Ensuite, il ne sera pas trop tard pour discuter d'une éventuelle confédération, c. à d. de la remise en commun de certaines compétences. Mais très franchement, une fois les ponts rompus, je ne vous pas très bien lequel des 2 camps aura encore envie, ne serait-ce que de regarder l'autre.

Sachez cependant que les Francophones ne permettront jamais que près de 1.200.000 d'entre eux (Bruxelles et sa périphérie) se retrouvent dépourvus des droits les plus élémentaires dans une Flandre indépendante (ou non)!

Pour poursuivre avant de conclure ce "post", je ne cautionne pas les propos de "ras le bol", mais je les comprends. Ils traduisent un sentiment de plus en plus fort chez les Francophones, précisément: le Ras-le-bol!

Ras-le-bol de subir les Ukazes flamandes,
Ras-le-bol de se faire insulter et traiter de profiteurs,
Ras-le-bol de se faire rouler par des gens qui sitôt un accord conclu s'emploient à le remettre en cause,
Ras-le-bol de s'entendre dire à chaque négociation "ce qui est à moi est onbespreekbaar, ce qui est à toi est négociable",
Ras-le-bol de voir nos droits démocratiques foulés aux pieds,
Ras-le-bol d'avoir à subir votre complexe d'infériorité et votre paranoïa du complot francophone,
Ras-le-bol des vociférations du TAK et du Belang/Blok,
Ras-le-bol de voir le nom de la Belgique traîné dans la boue par des gens qui se rient de nos querelles communaitaires permanentes et par d'autres qui, bien contents d'utiliser la marque "Belgium", ne ratent jamais une occasion de menacer de tout faire sauter (institutionnellement parlant, heureusement... jusqu'à présent...) s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils EXIGENT.

Enfin pour conclure, sachez qu'aucune frontière n'est inviolable: elles changent de gré ou, malheureusement, trop souvent, de force avec les mouvements de population, en fonction des alliances qui se nouent et se dénouent, ou à cause des guerres.

Il n'y a qu'à compter le nombre de fois que les frontières de notre petit Royaume ont été violées depuis l'indépendance si chèrement acquise en 1830.

En 1939, les français derrière leur ligne Maginot croyaient eux-aussi que leurs frontières étaient inviolables... quelle déception ne fut pas la leur en juin 1940...

Cela devrait vous faire méditer.

Écrit par : Soltan Griss | 13/05/2008

Ouch... c'est animé...

Je pense que pas mal de choses ont été dites déjà... J'ai par ailleurs connu K. Lemmens plus modéré et même prêt à certaines concessions (voir le blog de Charles Bricman (http://blog.pickme.be/)).

Ma position de plutôt 'je m'en moque, c'est un détail' a évolué à la lecture du principe dit 'uti posseditis'. Bref, on ne peut pas s'autoriser la pose de frontière administrative homogène pouvant se transfomer en frontière d'état.

Alors, comme je le défends par ailleurs (http://moving-society.blogspot.com), pas de scission sans élargissement de Bruxelles. Idéalement à son hinterland économique, à minima aux communes de la périphérie.

Ceci permet une solution gagnante pour tout le monde, flamand y compris.
-justification de la sur-représentativité flamande à Bruxelles, voire représentation vraiment proportionnelle.
-plus de facilités car région automatiquement bilingue. Ce dans l'inérêt flamand comme francophone
-financement de Bruxelles facilité par les travailleurs navetteurs qui, eux aussi, profitent de Bruxelles.
etc etc.

Donc, pas de scission sans "compensation". Ou alors, exiger qu'on rediscute TOUTE la frontière linguistique en exigeant un référendum linguistique. Au choix. Mais la scission comme ça... ce serait une grossière erreur (même contre la nomination des bourgmestre... ça vaut tripette contre la création de leur Etat.)

Écrit par : Chaos Theory | 14/05/2008

J'ai l'impression que finalement, les francophones comment à se realiser qu'une grande réforme est inévitable. Il ne peut pas y avoir de tabous. Le confédéralisme et des frontières inviolables, en échange d'une dernière extension de Bruxelles et un corridor vers le Brabant Wallon doit être faisable. Après cette réforme, tous les privilèges linguistiques doivent être aboli et la colonisation de la Flandre doit être fini. On attend une augmentation de la population Belge avec 1.5 millions dans les prochain 50 ans, surtout à Bruxelles et au Wallonie. La pression sur les communes Flamandes sera énorme. Il nous faut absolument les instruments pour éviter que le Brabant-Flamand sera absorbé par Bruxelles et totalement francophonisé.

Écrit par : K. Lemmens | 14/05/2008

Monsieur Lemmens,

A la fois je comprends vos préoccupations, et en même temps j'ai du mal quand vous parlez de colonisation francophone.

Je trouve honnêtement dommage que l'on n'ai pu trouver de modus vivendi. Les flamands ne sont plus, selon moi, une population opprimée, dominée, sous pression. Regardez donc les réalisations de la Flandre ses 40-50 dernières années, ce fantastique bon en avant. La Flandre pour moi, c'est beaucoup de chose, mais surement pas un nation dominée ou opprimée. Vous devriez en parlez avec des Kurdes ou des Kosovars ou des Tchétchènes... vous verriez que c'est pas pareil.

Je vois la Flandre comme un belle région, forte, puissante, arrogante même, mais avec les moyens de son arrogance aussi. Dommage que vous ne constatiez pas cette puissance et que vous continuez à ressentir un oppression. Vous devriez plutot etre fier de votre place en Europe et dans le Monde. Au lieu de quoi, vous vous refermez sur vous même.

Enfin, quoiqu'il en soit, j'en arrive à la même conclusion que vous... nous ne parvenons pas à vivre ensemble. Alors oui, de fait, séparons nous, trouvons comment réussir notre divorce vu que notre mariage a foiré. Je pense aussi que des parents divorcés savent rester bons amis, partenaires d'une façon différente.

Vous comprendrez que vu la population francophone à Bruxelles et certaines communes périphériques, nous ne pouvons vous laisser cette zone. Vous êtes d'ailleurs semble-t-il ouvert à cette solution. Ne conviendrait-elle pas qu'il faudrait appliquer la théorie flamande sur l'auto-détermination et poser ouvertement la question à toute la population sur la Région Nation à laquelle ils veulent appartenir.

Suite à quoi, on réforme une fois pour toute. Chacun chez soi, échange de bon voisinage, commerce. Mais fi de nos querelles, avançons pour le bien de tous.

Écrit par : Chaos Theory | 14/05/2008

Je ne trouve pas que la Flandre est dominé. Cela n'est pas le problème. Mais il faut absolument régionaliser un maximum de compétences et en finir avec les querelles communautaires pour de bon, parce que le gouvernement fédéral est impotent et paralysé par les dissensions entre le nord et le sud. A cause de ça, nous avons p.e manqué de préparer le vieillissement. Tous les services fédérales sont dans un état catastrophique (finances, justice..). La Belgique est un exemple de mauvaise gestion.
Apart de ça, ce n'est pas parce qu l'économie Flamande est plus forte, que la colonisation de territoire doit être accepté. L'un n'a rien à voir avec l'autre.

Je pense d'ailleurs que les francophones ont besoin d'un ennemi externe pour cacher qu'ils ont peur d'eux même. Il y a quelques mois, il y a eu une enquête qui examinait le foi des Belges en leurs institutions. Les Flamands ont d'abord confiance aux institutions Flamandes, ensuite aux institutions Européennes, et comme dernier aux institutions Belges. Pour les francophones, l'ordre était: 1. institutions Belges, 2. Européens et 3.Wallonnes (Bruxelloises).
C'est une constatation très pénible, surtout pour la classe politique francophone.
S'il y a donc un peuple avec un complexe d'infériorité, se sont les francophones, pas les Flamands. Et si les politiciens francophones jouent des jeux communautares, c'est pour dériver l'attention de leur incompétence, qui est – selon l'enquête- bien ressentie par la population francophone. Pour changer cela, il faut d'abord accepter les faits. Sauf Destexhe, je ne connaît pas de francophones qui osent faire une analyse correcte.

Écrit par : K. Lemmens | 14/05/2008

Si les symptômes du mal Wallon que vous identifiez rejoignent les miens, je n'ai pour autant pas peur de moi m^me.

Je pense d'ailleurs que les Wallons n'ont pas peur d'eux même et n'ont nul besoin d'un ennemi extérieur; La tactique de l'ennemi extérieur, de celui qui plombe la croissance, est comme un sac de pierre au dos, etc etc.. c'est dans les discours politique du nord du pays que je l'entends.

Que l'on aie au sud du pays une classe politique nulle à souhait, incapable, nepotique, minée de baronnies et de querelle interne, je vous l'accorde. Ce n'est pas pour autant que j'ai peur de moi même et de mes congénères. Je n'ai d'ailleurs encore jamais entendu un wallon en traiter un autre de "Wallon de Service", "Mauvais Wallons ou Wallons Belgicain" comme j'ai pu le lire par ailleurs.

Clairement, je fais plus confiance à l'Europe ou au gouvernement fédéral. Allons donc, vous avez vu comme moi les affaires carolos et on "découvre" aujourd'hui que Van Cau est devenu consultant... Allons, tous les partis le savent depuis 2 ans, la ville de Charleroi (MR-CDh...) est au conseil d'administration de Voo et feint aujourd'hui de découvrir la chose. Ce ne serait pas aussi pathétique que j'en rigolerais.

Mais ce n'ets pas le propos, moi, pour ma part, je n'ai pas besoin d'un bouc émissaire flamand pour expliquer le sous développement de ma région. Les responsabilités à ce sujet sous majoritairement wallones bien sur... il n'empeche que je reste confiant dans l'avenir et que je pense que, oui, nous pouvons nous en sortir. C'est peut être bien l'électrochoc qui obligera notre classe politique à se renouveler et à avancer plutot profiter des acquis...

Écrit par : Chaos Theory | 14/05/2008

à K. Lemmens:

Monsieur, vous avez été mal informé: les francophones n'ont jamais été hermétiques à toute idée de discussion à propos d'une nouvelle réforme de l'Etat. Je dirais même que de nombreux Francophones dont je suis pensent que bien des demandes de réformes Flamandes dans le domaine socio-économiques sont non seulement légitimes, mais peuvent même s'avérer bénéfiques. Ceci malgré d'importantes divergences de vue, non reliées à la situation communautaire.

Cependant, la façon dont les partis Flamands comme le CD&V-NVA, poussés dans le dos par le Vl.Belang/Blok ou plus récemment la Lijst De Decker (LDD), exigent à coups d'ukazes et autres menaces que celles-ci aient lieu selon leurs conditions, décidant à l'avance s'il y aurait ou non des contreparties à donner, de même que l'exigence rabique de vouloir scinder BHV a rendu les Francophones extrêment peu enclins à discuter.

De la même façon que l'on attire pas les mouches avec du vinaigre, on n'attire pas les Francophones à la table des négociations en menaçant ou en annonçant d'emblée qu'en fait de négociation les Francophones feraient bien, pour le "bien et l'unité de la Belgique" de céder sur toutes les exigences flamandes.

Entreriez-vous dans une négociation si vous savez d'emblée que vous allez vous faire plumer?
Je ne le pense pas.

Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois et comme l'explique "Chaos Theory", pour les Francophones, scinder purement et simplement BHV, sans LOURDES compensations (cessions de territoires, au minimum les 6 communes à facilités de BHV, à la région de Bruxelles, ...), est tout simplement onbespreekbaar.
Je n'aborderai même plus le problème des bourgemestres non nommés, ce n'est une "crisette" qui ne fait qu'envenimer une problématique plus vaste.

Or précisément, le CD&V-NVA, globalement suivi par l'ensemble des partis Flamands, entend faire cela sans la moindre compensation pour les francophones. C'est pour nous un "casus belli", un événement de nature à déclencher une guerre. D'où le "non" systématique des Francophones à toute négociation institutionnelle.

En se rendant par 2 fois coupables de rupture du "pacte des Belges" en usant de leur majorité numérique pour voter unilatéralement la scission de BHV, les Flamands ont commis une grave erreur.
En premier lieu, ils ont durablement (sinon définitivement) ébranlé la confiance des Francophones en leurs compatriotes Flamands. En effet, ayant à présent eu en bouche "le goût du sang", tel un animal qui a mordu pour la première fois, comment raisonnablement croire à présent que les Flamands ne retenteront pas l'opération dès qu'un autre conflit, quelle qu'en soit la nature, viendra les opposer aux Francophones. Ce faisant ils ont renforcé l'idée que finalement toutes les concessions faites par les Francophones au fil des différentes réformes de l'Etat n'ont finalement été qu'un vaste jeu de dupes duquel seule la Flandre a profité et dont les Francophones ont pâti.
D'autre part, il renforce chez les Francophones l'idée que la Belgique ne peut plus être sauvée et que toute cohabiation est désormais impossible. En effet, pour reprendre l'image d'un couple qui se déchire, comment croire que le partenaire battu par son conjoint puisse encore envisager de sauver le couple?!

Il existe cependant des solutions alternatives à la scission pure et simple de BHV. Du coup, il ne serait ni nécessaire d'élargir Bruxelles, ni de toucher à la frontière linguistique.

Une de ces solutions, celle que je proposerais si je devais me trouver à la table des négociations, se développerait en plusieurs volets, et s'intégrerait par ailleurs dans un plan plus vaste qui à mon sens permettrait d'appaiser durablement les conflits linguistiques dans notre Pays:

En gros, il n'y aurait pas de scission de BHV, mais
1. Pas de retour à la situation ancienne,
2. Pas non plus de maintient de BHV en tant que tel.

L'on procéderait en substance à une refonte du système électoral selon les lignes directrices suivantes:
a. Les élections Communales et Régionnales devraient coïncider et, dans ce cas de figure, l'électeur ne peut (évidamment) ne voter que pour des candidats de sa commune ou sa Région, quelque soit son appartenance linguistique. Il n'est en effet que logique qu'il ne puisse en être ainsi aux échelons locaux. Ici on vote en respectant les frontières régionales: les Flamands (néérlandophones ou francophones) en Région Flamande, les Bruxellois en Région Bruxelloise et les Wallons en Région Wallonne.
b. Les élections Fédérales et Européennes devraient de leur côté également coïncider. Ici par contre, on élit les représentants de tous les Belges, pour la l'Etat fédéral et pour nous représenter auprès des institutions européennes. Il n'est donc que logique que n'importe quel Belge, quelque soit sont appartenance régionnale ou communautaire, puisse voter pour n'importe quel autre Belge, qu'il soit de sa région/communauté ou non. Dans ce cas là, le vote se ferait selon les circonscriptions électorales correspondant aux 9 provinces Belges (dans ce scénario là, le Brabant est unifié). A ce niveau électoral, tant les régions que les communautés DOIVENT s'effacer face au niveau Fédéral. Il est évidamment clair que chaque parti politique pourra se faire représenter et donc recueillir des voix dans tout le pays. Libre aux familles politiques qui le désirent de se mettre en cartel ou de faire des alliances électorales (trans-communautaires ou non) afin de mieux se faire entendre de l'électeur.
c. Les groupes d'élections (communales-régionnales et fédérales-européennes) ne devraient cependant pas coïncider. Il est important que le concept de fédéralisme imprègne les populations et ce ces dernières restent bien conscientes du fait Régionnal/Communautaire et du fait Fédéral/transnational (Européen).
Tout faire coïncider ne peut que conduire à l'amalgame et ne sert aucun des 2 niveaux (National/Local) étant donné que les thématiques et les problématiques sont par essence différentes.

Ceci concerant uniquement BHV, voici mes propositions visant à appaiser durablement les tensions communautaires/linguistiques et refonder durablement un nouveau "pacte des Belges":
a. Premièrement, il apparaît nécessaire au gouvernement Belge d'effectuer un travail de mémoire public afin de mettre un peu de beaume sur les frustrations flamandes. Ce faisant, une déclaration sollennelle reconnaissant les injustices subies par le passé par les Flamands lorsque la Bourgeoisie (tant Flamande que Wallonne) de la jeune Belgique a, au cours du 19è siècle et jusqu'à la première guerre mondiale, tenté de bâtir un Etat unilingue francophone. Cette déclaration doit venir du gouvernement, à l'instar de ce qui fut fait lors de la reconnaissance des tors subis par les juifs de Belgique durant la seconde guerre mondiale, car il s'agit à l'origine d'une responsabilité des gouvernements de l'époque et non d'une volonté populaire (rappellons au passage que le suffrage universel n'existe que depuis 1919!) et encore moins de celle d'une communauté contre l'autre. En tant que francophone (et originaire de Linkebeek), je ne vois pas l'intérêt d'une déclaration similaire vis à vis des francophones étant donné que le tracasseries et vexations actuelles et passées n'ont pas (encore) atteint l'ampleur de ce qu'eurent à subir les flamands.
b. Deuxièmement, il y a lieu non seulement de réaffirmer l'égalité de nos langues nationales que sont le néérlandais (NL), le français (FR) et l'allemand (GR), mais aussi la nécessité que l'emploi de ces langues soit favorisé à tous les niveaux et en particulier dans l'enseignement.
c. Troisièmmement, bien que l'enseignement relève de la compétences des Communautés, il est vital pour l'avenir du pays et la compréhension mutuelle des différentes communautés que les programmes d'enseignement rendent obligatoire l'apprentissage d'au moins 2 des trois langues nationales: FR-NL, FR-GR, NL-GR. Idéalement, l'enseignement devrait se faire dès le plus jeune âge et devait se faire dans les 3 langues, à l'instar de ce qui se passe au Grand-Duché de Luxembourg, où le système éducatif vise à produire des jeunes gens trilingues: luxembourgeois-français-allemand. En somme, les écoles en immersion deviendraient la règle plutôt que l'exception. En dehors de cette contrainte linguistique, chaque communauté continue à organiser l'enseignement comme elle l'entend.
d. Quatrièmmement, réforme du système parlementaire (à ce niveau, je laisserais des portes ouvertes, mais à mon sens on pourrait se contenter de ce qui suit): mise en place d'un système monocaméral (suppression donc du Sénat) où la population reste représentée selon l'importance démographique de ses communautés, mais où les lois seraient votées selon la règle de la "double majorité". Ainsi, une loi ne passe que si la majorité est atteinte dans chaque groupe linguistique. Ce scénario s'applique également aux lois soumises à des votes à majorités spéciales (2/3, avec ou sans quorum). (Une alternative serait un système bicaméral avec un sénat où les communautés sont représentées à égalité de poids).
De cette façon, l'on rend indispensable la négociation et l'on empêche qu'un groupe linguistique ne puisse s'imposer sur les autres par la seule force du nombre. Le gouvernement reste paritaire, mais le poste de premier ministre irait obligatoirement, à tour de rôle, à un élu de l'une des 3 communautés du pays. Dans ce scénario, il faudrait réserver au moins une place de ministre à un élu germanophone au gouvernement (exemple: 5 ministres NL, 5 FR et 1 GR, + Le premier-ministre, tour à tour NL/FR/GR).
La rotation du premier ministre peut soit se faire soit par législature, soit pendant une législature (exemple: 6 ans avec une rotation tous les 2 ans). Quoi qu'il en soit, la rotation devra avoir lieu, même dans l'éventualité où une même coalition politique est reconduite durant une ou plusieurs législatures.
e. Suppression du concept de facilités au profit d'un système plus juste vis à vis de la population. Celui-ci se base de 2 constatations: 1. une administration est au service du citoyen et non (plus) l'inverse; 2. le vocabulaire administratif est suffisamment opaque dans sa langue maternelle pour s'épargner d'avoir à le subir dans une autre langue qu'on maîtrise probablement moins bien que la langue maternelle. En conséquence, on rétablit un "rôle linguistique". Ce dernier est attribué à la majorité légale en fonction du choix de l'intéressé et peut être changé à sa demande (pour éviter les "girouettes" linguistiques, on peut limiter cela à par exemple 1x tous les 5 ans et/ou moyennement certains frais administratifs). En fonction de ce rôle linguistique, l'intéressé communique dans sa langue avec l'administration, quelque soit son lieu de résidence.
f. En contrepartie, il me paraît normal de considérer que pour prétendre à un poste fédéral, en particulier au sein du gouvernement, un élu, quelque soit son origine se doit de maîtriser de façon satisfaisante au moins deux des langues nationales.
g. Au niveau culturel, il me parait important que tous les médias bénéficient de la même visibilité sur tout le territoire (toutes les chaines néérlandophones en Francophonie et vice versa; idem pour les médias germanophones). De plus, dans le but de rendre ces programmes accessibles à tous le sous-titrage dans les langues nationales serait obligatoire: une émission de la VRT en NL serait sous-titrée en FR et GR et de la même façon, le JT de la RTBF (par exemple) serait sous-titré en NL et GR! Les films étrangers en VO seraient sous-titrés dans les 3 langues! S'ils sont traduits dans l'une des langues nationales, ils seront obligatoirement sous-titrés dans les 2 autres.

L'idée sous-jacente est de diluer le fait communautaire/identitaire tout en le préservant, sans porter atteinte au fait régionnal, ni fédéral.

Pour ce qui est des autres réformes, concernant le socio-économique, cela n'a pas la place dans ce forum et peut-être discuté ailleurs.

Pour conclure, je dirais que je suis malgré tout assez pessimiste quant aux chances de voir accepté par toutes les parties de telles propositions, tant le fossé actuel entre les communautés me paraît profond.

Écrit par : Soltan Griss | 15/05/2008

L'intégrité du territoire est un problème majeur pour tout état

Puisque c'est le futur état flamand qui veut son autonomie, c'est à ce futur état de prouver que les communes belges qu'il revendique sont peuplées de personnes qui se revendiquent de son projet. Dès lors, si le futur état flamand est un projet démocratique,il doit pour asseoir sa légitimité réaliser une consultation populaire dans chaque commune qu'il revendique. Dans le cas contraire, ce futur état flamand n'aura vécu que quelques semaines.
BHV c'est capital, le reste c'est du secondaire.
Celui qui laissera les Francophones à la merci de la haine d'Eric Van Rompuy sera un criminel.

Écrit par : François Giga | 15/05/2008

Quand le racisme francophone va-t-il cesser en Belgique?
Wallophone, né en 1960, enseignant en NL, ALL, ENG, LUX, je suis le témoin de l'intolérance quotidienne envers les communautés wallophone, néerlandophone, germanophone de Belgique par les "fransquillons" et les francophiles.
Quand des francophones s'installent en un endroit, ils essaient toujours d'abord d'imposer leur langue: c'est le droit du SOL bien français!
Le problème de BHV n'est que le résultat du racisme des "fransquillons" de BXL.
Débarrassons-nous de ces chantres de l'unilinguisme, une tare en ce XXIe siècle!
Que tous les francophones prennent d'abord conscience que le français est une langue bien plus pauvre et bien plus absurde que toutes les langues citées ci-dessus!
Pas convaincus? Cf les 115 blogs dans:
http://justitia-veritas.skynetblogs.be

Johan Viroux
UCL 1982 (Université créée à cause du racisme francophone (le dégoût)) - RUU 1983 (Utrecht, Université tolérante)
Belge wallophone, donc pas dupe

ABC.Service.Langues@skynet.be

Écrit par : Johan Viroux | 17/05/2008

Tout-à-fait d'accord avec les propositions de Soltan Gries (mais, je garderais le sénat, comme "Conseil de sages").

Écrit par : Je sais | 18/05/2008

« L’imagination au pouvoir » écrivait-on sur les murs en mai 1968. Monsieur 800.00 voix, manifestement ne fait partie de cette génération là.

En êtes-vous certain ?

La flandre ne quittera jamais la belgique puisqu'elle y est
majoritaire et qu'elle la contrôle.
Les Francophones pensent que le projet de la fandre est son indépendance. C'est une grosse erreur d'appréciation.
La flandre va tout faire pour exaspérer les Wallons. Ou les Wallons plient ou ils devront quitter la belgique.
L'acte anticonstitutionnel ne viendra pas de la flandre. Et si elle devait en poser un il consistera à mettre la Wallonie hors de belgique.
C'est novateur, c'est surréaliste, ce serait unique au monde, mais voilà, c'est en cela que nous sommes belges !
Les flamands s'amusent avec cynisme de la réaction des Francophones.
C'est assez étrange qu'une minorité pense que la majorité va quitter un état qu'elle contrôle.

La porte de sortie n'est pas nécessairement celle que vous croyez.
A devoir poser un acte anticonstitutionnel - l'indépendance - les flamands pourrait en faire un de nature moins dommageable pour eux. Il leurs suffira de renommer la belgique sans la Walonie : la flandre.
La majorité flamande en juin 2009 pourrait être celle que vous attendez mais elle pourrait ne pas poser l'acte que vous croyez. Elle n'est pas totalement folle la guêpe !
Magnanime, elle pourrait même s'engager à aider les Wallons à devenir un nouvel état européen ou à rejoindre la France.
Selon son désir démocratique !

Vous croyez toujours que Monsieur 800.000 voix ne fait pas partie de la génération qui chantait « L’imagination au pouvoir » ?

Leterme n'est pas conforme à nos attentes !
Mais il est en parfaite accord avec ses attentes à lui, à celles de son parti, de son cartel, de son vrai peuple, de la flandre.

Écrit par : François Giga | 20/05/2008

Il y a certainement de bons éléments dans les proposition de Soltan Griss, mais je crains qu'il est un peu trop optimiste sur la nature de l'homme. Une idée importante est de promouvoir la connaissance des langues. Je suis tout à fait d'accord. L'idée de formation de langues obligée est bonne. La suggestion pour le VRT et RTBf est une bonne idée. J'ajouterais que la presse écrite doit aussi reprendre systématiquement la traduction d'articles. Comme ça, on connaîtra mieux les idées des autres et on peut prévenir des perspectives unilatérales qui tentent à démoniser l'autre. Il faut même comparer le contenu des leçons d'histoire données dans les écoles, parce que j'ai déjà remarqué qu'il y a souvent même un désaccord sur les simples faits historiques.

Mais il y a le rêve et la réalité. Même si on fait tout pour améliorer la connaissance des langues, il y aura toujours beaucoup de gens qui ne résussiront pas à maîtriser une deuxième langue. Et même ceux qui parlent une autre langue, s'expriment toujours encore mieux en leur propre langue (moi aussi, j'écris ce texte avec un dictionnaire) . Par toutes les subtilités de notre société, le fait de devoir parler une autre langue restera toujours une source de discrimination et de friction. C’est exactement pour cette raison que je ne crois pas que l'idée de zones bilingues officielles est la meilleure solution. C'est un idéal impossible, et donc un idéal dangereux. C'est une solution pis-aller, qu'on peut utiliser quand il n'y a pas d'autres solutions, mais le territoire monolingue est une meilleure solution pour prévenir la discrimination et la paix durable. Dans cette dernière situation, chaque individu a la liberté de vivre dans la région de sa préférence, mais il doit accepter la dominance de la langue de la région. Comme ça, un Wallon ne sera jamais obligé à parler néerlandais s'il reste en Wallonie, et de même pour les Flamands. Quand par contre les francophones (ou Flamands) vont vivre en Flandre (Wallonie) et continuent à parler français (néerlandais), ils obligent en pratique les autres à connaître leur langue, et ça ouver la porte à la discrimination. Un Flamand qui vit à Kraainem n'a pas le choix. S'il veut acheter un simple pain, il doit parler français. S'il n'est pas capable, il devra déménager. Par ces subtilités très réelles, il est donc simplement expulsée par la majorité démocratique. Et s'il veut faire carrière dans une firme avec 80% de francophones à Kraainem, il devra parler français très bien. S'il n'est pas capable, il n'aura jamais les mêmes chances et il sera discriminé.
Le choix de vivre dans une situation où il faut connaître le langue de l'autre doit donc être un choix libre. Cela implique des régions monolingues et des frontières linguistiques inviolables.
Dans ces régions, la connaissance des langues doit être promu, pour permettre aux individus qui le souhaitent d'aller vivre dans la région de l'autre et de fonctionner dans un monde internationalisé.
Le fait que le mélange forcé des cultures est dangereux a été démonstré de façon monstrueux au Yougoslavie. En 1985, personne ne pouvait penser qu'n 1995 il y aurait des massacres entre les peuples Yougoslaves. Une politique sage mise donc sur une intégration maximale des immigrés (francophones en Flandre, Flamands en Wallonie, Marocains, etc….) . Une politique qui veut par contre confirmer aux maximum l'identité des immigrés va vers la confrontation inévitable. Pour cette raison, il faut aussi désapprouver les facilités.

Écrit par : K. Lemmens | 20/05/2008

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