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07/05/2008

Henri Conscience et l'étape BHV

Édito

L Libre Belgique

Par Michel Konen

"La Belgique se trouve dans une situation artificielle qui, sans aucun doute, constitue une menace pour l'existence même de la patrie"

 

Jamais ce texte n'a autant été d'actualité. On le croirait écrit par un éditorialiste d'aujourd'hui à propos du débat animé autour de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Il n'en est rien !

 

Cette phrase est celle qui ouvre le "Manifeste du mouvement flamand". Elle date du 6 novembre 1847. Elle est prémonitoire.

Plus loin, après avoir décrit les menaces qui pèsent sur la culture flamande le "Manifeste" poursuit : "... avec l'espoir qu'un jour, la haute administration sera suffisamment équitable et courageuse pour détruire toutes les raisons justifiées de haine et de discorde qui séparent nos deux peuples".

Inspiré par Henri Conscience, l'homme qui révéla la Flandre à elle-même, ce texte n'a cessé d'être la pierre angulaire du Mouvement flamand tout au long de son histoire. Un texte fort qui dénonce avec véhémence - et avec raison à l'époque - les humiliations que devaient subir les habitants d'une Flandre dominée et méprisée par les francophones.

161 ans ont passé. Et le temps ne semble toujours pas venu "pour que nous (les flamands) puissions vivre dans la concorde et avec des sentiments d'amitié et de fraternité affectueuse envers nos compatriotes wallons; car ce n'est qu'à partir de ce moment-là que le pays des Belges sera établi sur des bases solides".

Faut-il en dire plus ? Ce texte contient toutes les clefs qui expliquent pourquoi les parlementaires, tous partis confondus, voteront le texte qui organise la scission de l'arrondissement de BHV.

La Flandre, aujourd'hui sûre d'elle-même et dominatrice, n'a pas encore réglé ses comptes avec le passé. Elle craint toujours de perdre son identité, malgré son incroyable réussite économique et culturelle. Elle vit encore comme si, demain, la menace francophone pouvait surgir à nouveau et enclencher une infernale machine à remonter le temps.

La frange des nationalistes flamands a fait son choix. Pour elle le moment où "le pays des Belges sera établi sur des bases solides" n'existera plus jamais.

Le débat actuel sur BHV, les bourgmestres de la périphérie, la régionalisation accrue des compétences et des moyens ne sont qu'une étape sur le chemin de l'indépendance.

Commentaires

Dès sa création, le Mouvement flamand partait sur des bases biaisées. Si en 1847 on pouvait effectivement considèrer que le peuple flamand était privé de son identité, le problème n'était pas "les wallons" que ce manifeste pointe du doigt, mais les élites francophones. Ces élites étaient tout autant celles de Namur, Liège, Bruxelles, que celles de Gand, Anvers ou Courtrai. L'ironie est que, si on se concentre sur ces dernières, l'élite francophone de Flandre du XIX° siècle, et que l'on cherche la génération actuelle, on trouvera sans doute pas mal de ceux qui vocifèrent aujourd'hui avec le plus de véhémence. Dans les faits, il faut à la Flandre un ennemi, et celui-ci est tout désigné : le wallon, le francophone etc... Et cela sert plus les projets individuels de ceux qui utilisent cette rhétorique ce ceux de la collectivité. Il est temps d'en finir avec cette farce, et vite. Après tout, que la Flandre soit indépendante. Mais qu'elle accepte que cette indépendance va de pair avec des avantages et des désavantages ( notamment de devoir trouver une solution équitable et négociée pour Bruxelles et sa périphérie, de respecter les minorités, d'assumer les obligations en matière de respect de la propriété privée, de circulation des personnes,...). Elle peut même choisir, si ça lui chante, de devenir le beau petit paradis du nationaliste enragé vers lequel leurs politiques semblent vouloir aller. Après tout, c'est leur problème.

Écrit par : Philippe | 07/05/2008

Excellent édito (bien meilleur qu'un confrère).
Il est temps de se préparer et de préparer l'opinion à un meilleur avenir. Où les valeurs démocratiques, citoyennes, les valeurs universelles des Droits de l'Homme reprennent leur place.
Au delà des langues, des rancoeurs, des esprits de rentiers radins, créons une nouvelle Belgique tolérante, culturellement tournée sur le monde. L'espace (l'état) Bruxelles-Wallonie peut rayonner: le potentiel humain est là.

Écrit par : hortegat | 07/05/2008

De la scission de BHV.

Je suis frappé. Tout le monde parle de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde mais personne ne nous en indique les enjeux (ou si peu).

En gros, on sait que les Flamands, dans leur grande majorité, souhaitent la scission. Les Francophones, quant à eux, ne la désirent pas. Pourquoi ? Pourquoi nos voisins Flamands souhaitent-ils la scission ? Qu'est-elle censée leur apporter ? Et nous, Francophones, que nous retire-t-elle ?

On sait que BHV est un arrondissement judiciaire et une circonscription électorale. L'arrondissement réunit ainsi les 19 communes de la région de Bruxelles-Capitale et les cantons de Asse, Zaventem, Lennik, Meise et, bien sûr, Hal et Vilvorde.

Il appert que cet arrondissement permet à ses habitants de converser avec la justice dans la langue de leur choix, les Néerlandophones en flamand, les Francophones en français. J'y vois donc une situation d'équilibre qui respecte tant l'une et l'autre communauté. C'est bien. Voilà pour l'arrondissement judiciaire. Qu'en est-il maintenant pour la circonscription électorale ?

Là aussi je vois une situation d'équilibre puisque les Néerlandophones peuvent voter pour leurs représentants lors des élections législatives ou européennes. Pour sûr, les Francophones bénéficient eux aussi de la même "facilité".

Alors ... cette scission ? De quoi s'agit-il au juste ?

Il semble au simple citoyen que je suis - qui, pour la petite histoire, s'en est allé vivre en Wallonie, fatigué des querelles communautaires - que la proposition de nos amis Flamands vise à séparer Bruxelles et Hal-Vilvorde. Dans ce cas, Hal-Vilvorde serait rattaché à l'arrondissement de Louvain tandis que Bruxelles deviendrait en quelque sorte sa propre circonscription.

Dnas ce scénario, les Francophones de la périphérie de Bruxelles ne pourraient plus se défendre en justice dans leur langue et ils ne pourraient plus voter pour leurs représentants lors des élections législatives et européennes.

Si telles sont effectivement les conséquences, elles me semblent à coup sûr inacceptables pour les Francophones de la périphérie qui sont la grande majorité des communes de Kraainem (76%), Wezembeek (75%), Drogenbos (75%), Linkebeek (80%), Rhode St-Genese (56%). C'est finalement nier le droit de plus ou moins 150000 Francophones à pouvoir se défendre dans leur langue et à voter pour des représentants francophones aux législatives (et européennes).

Voilà ce que signifie cette scission. Je trouve donc que la propotion flamande vise le déséquilibre là où une situation de stabilité existe, qu'elle vise à la discordance là où l'équanimité siège.

Qu'en pensent donc nos amis Flamands, les véritables citoyens qui sont aujourd'hui oblitérés derrière des représentants politiques pour le moins énervants ?

Et que signifie cet acharnement à obtenir cette scission là, sur l'instant, dans la précipitation ? Moi, francophone d'origine flamande, mais aussi anglophone dans mon métier, je ne saisis pas bien l'importance de ce dossier dans la stratégie flamande, si loin semble-t-il des préoccupations économiques et sociales du moment qui nous agitent tous.

Écrit par : Patrick Boens | 07/05/2008

"La Flandre, aujourd'hui sûre d'elle-même et dominatrice, n'a pas encore réglé ses comptes avec le passé. Elle craint toujours de perdre son identité, malgré son incroyable réussite économique et culturelle. Elle vit encore comme si, demain, la menace francophone pouvait surgir à nouveau et enclencher une infernale machine à remonter le temps."

BHV et la machine infernale à remonter le temps. Bruxelles Région Capitale l'est aussi.

Pourquoi les Francophones dans la péripherie, en FLANDRE, ne veulent pas accepter les conséquences de leur choix de venir vivre en Flandre? A cause de la Région Capitale. La Région Capitale elle se situe où géographiquement envers la frontière linguistique? Au Nord, du coté flamand. Donc vous avez une région dominé par des Francophones, officielement bilingue mais où l'on ne respecte pas le lois linguistiques, en plein territoire flamande (géographiquement). De plus BHV est une entité qui relie la zone de Halle - Vilvoorde qui appartient à la Flandre - officielement administration unilingue- à la Région de Bruxelles Capitale dont le bilinguisme administrative se propage en territoire officielement unilingue (arrondissement judicaire & électoral). Quels était les contre demandes des Francophones? Elargissement de Bruxelles (Région Capitale) pour defoncer le 'carcan' flamand autour de Bruxelles.

Surtout continuez a modire les flamands...

Écrit par : Louis XIV | 07/05/2008

Je ne vois qu'une possibilité pour un compromis. La Flandre sacrifie quelques communes à facilités où le nombre de francophones était déjà très important en 1962, quand on a établi les frontières linguistiques. Ces communes deviendront une partie de Bruxelles, donc en théorie bilingue (mais en réalité francophone). Le problème des bourgmestres sera alors résolu, et le sentiment d'injustice qui vit parmi les francophones dans ces communes pourra disparaître.

En échange, les francophones donnent des garanties durs que c'est vraiment la dernière fois qu'ils annexent une partie du territoire Flamand. Cela veut dire qu'on met fin aux facilités dans toutes les autres communes (Flamandes et Wallonnes), on met dans la constitution Belge que les francophones et néerlandophones qui vivent dans la région de l'autre ne sont pas de minorités culturelles, ne peuvent revendiquer aucun privilège linguistique ou communautaire, que chaque région a le droit d'imposer des règles pour protéger le charactère (néerlandophone ou franchophone) de la région, que des interventions de l'autre communauté sont illégales (comme le financement d'enseignement, bibliothèques, le support de partis politiques ou organisations actifs dans l'autre région et qui militent pour le changement du statut communautaire…). En bref, un francophone qui vient vivre en Flandre aura les même droits communautaires/linguistiques qu'un Chinois qui vient vivre en Flandre (et qu'un Flamand qui vient vivre au Wallonie).

Même si les partis politiques ne seront pas d'accord sur ce projet, je pense que la population en Flandre serait bien d'accord (par un référendum). Si les francophones ne veulent pas donner ces garanties, c'est parce qu'ils veulent garder la liberté d'annexer autant de territoire Flamand que possible. C'est une attitude d'hostilité profonde. Dans ces conditions, il ne faut pas être surpris que les Flamands trouvent qu'il n'y a pas de bases solides pour une Belgique en harmonie.

Écrit par : K. Lemmens | 07/05/2008

Et ben Monsieur Lemmens,
C'est bizarre mais cette fois ci vos paroles me semblent sâges!!! Ce que vous demandez me semble logique et pourrait régler un très grand nombre de problèmes, mais comme vous dites et les politiciens eux??? Et puis, pensez vous qu'une majorité de flamands sont ok avec ça? Ceux qui habitent Krainem, Wezembeek, linkebeek et autres Rode ste J...?

Écrit par : politicus | 07/05/2008

Si on est d'accord sur le principe, il faudra négocier des garanties absolutes et des communes qui seront transférés. Si on peut limiter ce nombre, je crois que la majorité des Flamands sera d'accord. Il faudra chercher un équilibre. Il y aura beaucoup de résistence de la part des francophones qui vivent dans toutes les autres communes Flamandes, et qui devront se résigner au status 100% néerlandophone definitif et absolu de leur communes. Les Bruxellois devront accepter que les frontières de Bruxelles resteront définitivement fixés. Les francophones devront accepter le 'ius soli', et déclarer qu'ils ne sont pas une minorité culturelle dans les communes Flamandes, ce qui est une rupture complète avec le passé.

Je pense qu'il n'y a pas d'alternatif. Même si la Flandre serait indépendant, la majorité de francophones dans ces communes resterait un problème sans fin. Le problème serait peut-être pire que maintenant. C'est pourquoi qu'il faut aller vers une situation sans la moindre ambiguité, avec des régions (officiellement) 100 % néerlandophone, 100% francophone, ou 100% bilingue (Bruxelles). Toute dérivation de ces règles simples doit être interdit.
En tout cas, il est clair que la démocratie particratique (je ne dis pas démocratique) ne peut pas résoudre le problème. Je pense qu'il il faudra une iniative civique pour résoudre le problème, avec un referendum où il faut une majorité dans les deux communautés. Vous pensez que ce projet aurait une chance ?

Écrit par : K. Lemmens | 07/05/2008

Tout-à-fait d’accord avec cet excellent edito de même qu’avec celui dans la même veine du 2 mai. Tout a commencé dans la première moitié du XIXème siècle à l’époque d’Henri Conscience. On peut résumer le drame fondamental des Flamands comme suit. Il y a d’abord eu la Grande Peur (dont il reste toujours des traces) : la domination du français. Il en est résulté la Grande Volonté (pour diminuer la Grande Peur) : tout ce qui est francisable ne doit absolument plus être francisé. La Grande Volonté a été transformée par le mouvement flamand en son complément en miroir, sous la forme d’une Grande Action (citée dans votre edito du 2 mai) : tout ce qui est flamandisable doit être flamandisé. Ce programme, cette Grande Action est à l’oeuvre depuis lors et une grande majorité de Flamands, si pas la totalité, y participent plus ou moins à des degrés divers depuis le politicien le plus brillant jusqu’au Flamand « lambda ». Dès lors, depuis plus de 150 ans, les exemples pullulent et BHV n’est que le dernier avatar. Je ne sais pas si le but final est l’indépendance de la Flandre. Je dirais plutôt, dans la même logique, que les Flamands se sentiront vraiment rassérénés (et auront le sentiment que leur Grande Peur n’est plus qu’un mauvais souvenir) quand soit la Belgique unie sera entièrement sous leur botte, soit la Flandre sera indépendante.

En ce qui concerne les exemples de flamandisation de ce qui est flamandisable, voici ceux qui me viennent à l’esprit, mais chacun pourra en trouver des quantités d’autres (dans les faits publics, comme dans sa vie quotidienne) :

- Dans « De leeuw van Vlaanderen » (H. Conscience), les « mauvais » nobles sont désignés par leurs noms en français (Monsieur de Chatillon, de Saint-Pol, ...) tandis que les noms des « bons » nobles sont traduits en flamand. C’est ainsi que le comte de Flandre Gui de Dampierre esr appelé « Graaf Gwijde », son fils aîné Robert de Béthune (le fameux « Leeuw van Vlaanderen ») est désigné par « Robrecht van Bethune » et le frère cadet de ce dernier par « Willem », alors que l’histoire l’a retenu sous le nom de Guillaume de Namur (car il était comte de Namur). Or, à cette époque féodale, il est probable que les distinctions ne se faisaient pas sur base de la langue des populations environnantes, mais plutôt en fonction des liens de vassalité vis-à-vis du suzerain.

- Dans la même oeuvre, à propos d’un Flamand à qui Mr de Chatillon demande le chemin, H. Conscience écrit : « De Vlaming .... deed alsof hij de Franse taal niet verstond ... » (= le Flamand fit comme s’il ne comprenait pas la langue française). Combien de fois, n’ai-je pas été confronté à la même réaction, puis, étant passé au flamand, j’ai vu mon interlocuteur se calmer et, finalement, me parler en français.

- Concernant les événements publics, on pourrait, avant février 1968 et le « Walen Buiten » mettant les étudiants francophones à la porte de Louvain, citer : la flamandisation de l’université de Gand en 1928, la flamandisation de Bruxelles sur le plan judiciaire (loi votée le 31 mai 1934), les velléités de flamandisation du Congo Belge au début des années 1950, notamment, la parution de la revue « Band », première revue de langue flamande.

- J’ai eu vent d’au moins un cas de décès d’un malade dans un hôpital du Congo Belge parce que l’infirmier noir de la nuit n’avait pas pu comprendre le billet rédigé en flamand par l’infirmier blanc de la journée concernant les soins à prodiguer.

- Sur le mode plus anodin, je me souviens m’être arrêté dans un resto-route près de Mons, au retour de Paris, et d’avoir vu une personne se lever et tourner le bouton de la télévision pour avoir un poste flamand. Dans le brouhaha général personne ne réagit, mais le resto-route était ainsi devenu soudain un peu flamand le temps de passage d’un quidam qui l’avait voulu.

- Je me souviens aussi être revenu avec un directeur flamand d’une réunion à l’étranger. Nous avions discuté en français pendant tout le trajet. Je le reconduis de l’aéroport à son domicile et il me propose de boire un verre. J’accepte, mais au moment de franchir la porte de sa maison, il me dit : « Hier spreekt me Nederlands ». Et, dans ce territoire flamand, j’ai donc parlé flamand.

- Il faut parfois écouter l’une ou l’autre radio flamande le matin quand les journalistes font des plaisanteries sur les membres de la famille royale, qu’ils appellent par leur prénom, riant de leur difficulté à parler flamand.

- Mon médecin flamand, avec lequel je m’entend très bien et parle français, m’a un jour déclaré : « Au fond, vous êtes un Flamand qui parle français à domicile » (j’habite une commune à facilités).

J’arrête ici, les exemples étant légions. Mais, d’accord avec votre éditorial : quel dommage que les Flamands ne parviennent pas à guérir de ce mal séculaire qu’ils se sont mis dans la tête et se transmettent de génération en génération, ce mal qui fait que la moindre volonté francophone est interprétée comme un envahissement ou une violation du « corps sacré flamand ».

Écrit par : Je sais | 07/05/2008

Tout ce débat sur les francophones qui ne veulent pas apprendre le flamand, sur le territoire flamand menacé par une invasion francophone, sur les flamands opprimés dans le passé par les francophones (la plupart du temps par leur propre bourgeoisie flamande), ... est ridicule. Combien de francophones ne mettent pas leurs enfants dans des écoles flamandes pour qu'ils deviennent bilingues? Pourquoi les Flamands rechignent à s'installer à Bruxelles alors qu'ils peuvent s'y exprimer dans leur propre langue? Les mineurs et les métallurgistes wallons parlant français (et selon l'époque parfois plus wallon que français) opprimaient-ils les flamands ou faisaient-ils marcher l'économie belge? Si les flamands et les francophones avaient eu des religions différentes, cela aurait sûrement servi d'argument pour alimenter une haine entre les deux peuples et favoriser la séparation. Il ne faut pas se tromper, le nerf de la guerre, c'est l'argent et les politiques ne font ici que nous monter les uns contre les autres en nous manipulant et en ne nous montrant que la réalité qui les arrange. Et je dois dire qu'ils se débrouillent très bien...

Écrit par : Henri | 07/05/2008

L'existence de BHV (ainsi que du régime de facilités dans certaines communes) sont des concessions flamandes en compensation de l'obtention du tracé (injuste) de la fameuse frontière linguistique de 1963.

Pourquoi injuste? Car ce tracé ne suivait pas les proportions flamands/francophones. C'est ainsi que des territoires peuplés majoritairement de Francophones se sont retrouvés en région unilingue néérlandophone alors qu'ils auraient dû être rattachés soit à la Wallonie, soit à Bruxelles. Ceci pour tordre au passage le cou à ceux qui prétendent que les Francophones ont CHOISI de vivre en Flandre et en conséquence doivent en assumer la responsabilité et les conséquences. Quand ils ont fait le choix en question, la Belgique était officiellement UNITAIRE ET TRILINGUE (français, néérlandais et allemand) et les documents administratifs étaient envoyés dans la langue demandée par le citoyen selon son rôle linguistique établi par recensement décennal... ce que les Flamands ont refusé de faire depuis 1947!

Remettre maintenant en cause l'existence de BHV revient à remettre en cause l'accord de 1963 sur la frontière linguistique!

Donc, si l'on scinde BHV, on rediscute du tracé de la frontière linguistique!
C'est aussi simple que cela!!!

Quoi qu'il en soit tout ce foutoir démontre bien une chose: il n'est plus possible pour les flamands, comme pour les Francophones, de vivre ensemble dans un même pays!

La seule solution est la scission pure et simple du pays. La Wallonie, Bruxelles et toutes les communes majoritairement peuplées de Francophones formant ensemble une "Belgique Romande" séparée et indépendante de la Flande; pareil pour cette dernière.

Ensuite, ce sera bon vent pour chacun...

Quant aux Francophones, céder sur BHV, cela signifie soit:
a. Finir sous la botte Flamande comme citoyens de seconde zone dans un pays où ils n'auront (pratiquement) plus rien à dire, car à chaque fois que la Flandre le désirera elle n'aura qu'à utiliser sa très démocratique majorité numérique.
b. Se retrouver divisés entre une Wallonie très appauvrie et coupée de Bruxelles et des communes majoritairement francophones de la périphérie, soit plus de 1,2 million de Francophones condamnés à la flamandisation forcée.

Certes tout ceci n'est pas aussi important que l'inflation, la pauvreté, l'environnement, etc. mais réfléchissez-y bien! De la façon dont se résoudra BHV dépendra également votre avenir, que vous habitiez Bruxelles, Linkebeek (ou toute autre commune dite à facilités) ou Arlon. Réfléchissez-y surtout à deux fois avant de vous dire non concernés par ce "problème".

Écrit par : Soltan Griss | 08/05/2008

Je me permets de répondre à Monsieur Lemmens, dont les propositions paraissent "sages". Et plutôt que de présenter des opinions, je vais vous présenter des faits. Simples, durs dans leur réalité, mesurables, observables.

Soyez sûr, Monsieur Lemmens, que beaucoup de francophones -- je pense d'ailleurs povoir dire "l'énorme majorité" -- n'a absolument aucune volonté d'annexer des territoires qui appartiennent à la communauté flamande du pays. FAIT: L'annexion de territoires flamands ne figure nullement dans aucun programme de parti démocratique francophone. FAITS: le parlement flamand a créé son projet de constitution dès le mois de mars 2006 si ma mémoire est bonne; la scission de BHV figurait en bonne place dans nombre de programmes politiques dont celui du CD&V (et bien entendu du NVA).

Il ne s'agit ici que du souhait de pouvoir parler "sa langue" : les Flamands en néerlandais, les Francophones en français.

Pouvoir parler sa langue en justice me semble un droit fondamental; pouvoir voter pour des représentants de sa propre communauté me semble tout aussi capital. Ce sont là aussi des FAITS que les Francophones de la périphérie souhaitent applicables aux Flamands et aux Francophones.

Quant à votre proposition de rattacher les communes à facilité à Bruxelles, je ne pense pas effectivement que les Francophones soient contre. Mais ce n'est pas ce qu'ils demandent. Là aussi c'est un FAIT. Ce qu'ils souhaitent ... c'est pouvoir s'exprimer dans leur langue.

J'ajoute même que les Francophones de la périphérie souhaitent que les Flamands qui habitent dans des communes à facilité à majorité francophone puissent, en vertu du même droit fondamental, bénéficier de la même maïeutique. En quelque sorte, "respect pour tous". Je range ce paragraphe dans les OPINIONS.

Je relève dans votre réponse une brève allusion à la nomination des Bourgmestres francophones, désavoués pour avoir envoyé les convocations électorales en français. Monsieur Lemmens ... ce n'est pas ce que ces Bourgmestres ont fait : ils ont envoyé les convocations électorale dans la langue de l'électeur, en néerlandais pour les Flamands, en français pour les Francophones. C'est un FAIT. En cela, ils ont respecté les deux communautés, les mettant sur un strict pied d'égalité. C'est ce qu'il ressort d'entretiens avec Arnold d'Oreye de Lantremange, bourgmestre de Kraainem.

Vous parlez également du financement de l'enseignement et vous laissez entendre que la région flamande subsidie l'enseignement francophone sur une partie de son territoire. Permettez-moi de vous rappeler, Monsieur Lemmens, que ces écoles sont financées par une dotation spécifique de l'Etat fédéral, donc avec contribution tant flamande que francophone. Cette dotation est allouée à la Communauté flamande qui la redistribue. La Communauté flamande ne contribue donc PAS au financement général de ces écoles : l'argent vient du Fédéral. C'est un autre FAIT.

Par ailleurs, Monsieur Di Rupo a proposé de démarrer une initiative pour que l'enseignement soit distillé, dans les deux régions principales du pays, tant en flamand qu'en français. C'est un FAIT (et je me demande d'ailleurs comment il se fait qu'il faut attendre près 50 ans pour que soit formulé au niveau politique ce que beaucoup de simples citoyens envisagent depuis si longtemps car si l'enseignement en Belgique était dispensé dans les deux langues des communautés les plus importantes nous ne connaitrions plus de querelles linguistiques). La proposition de Monsieur Di Rupo, bien que saluée du côté flamand, a été qualifiée de "non réalisable". C'est un FAIT.

Quant au financement des bibliothèques, Monsieur Lemmens, là également il y a maldonne : les bibliothèques francophones des communes de la périphérie ne sont PAS financées par la région flamande. C'est un FAIT. Elles tirent leur financement de dons des membres, font appel à du bénévolat, et bénéficient de quelques subsides communaux (peu élevés). Ces seuls subsides communaux sont donc de source largement francophone (cfr. situation de la Bibliothèque de Kraainem où habitent 76% de Francophones).

D'où tenez-vous, Monsieur Lemmens, que la région flamande finance "le support de partis politiques ou organisations actifs dans l'autre région et qui militent pour le changement du statut communautaire" ? C'est une étrange OPINION ... car les FAITS veulent que le financement des partis politiques est reglémenté par la Loi du 4 juillet 1989 et amendé en 1999 avec l'article 15ter qui visait les privations de dotation. C'est donc là également une compétence fédérale.

Je vous le répète, Monsieur Lemmens, nous, les Francophones ne souhaitons pas annexer de territoire. Nous souhaitons nous entendre avec tous. Je conclus par une OPINION et ose espérer une réponse ponctuée de FAITS.

Écrit par : Patrick Boens | 08/05/2008

FAIT: Brussel et les communes autour qui étaient jadis majoritairement ou presque totalement néerlandophones sont aujourd'hui majoritairement ou presque totalement francophone. C'est une annexation culturelle complète qui n'aurait pas été plus efficace si on avait utilisé des armes, et les majorités francophones dans les communes francophonisées en Flandre ne cachent pas qu'ils désirent de compléter leur travail avec une annexation institutionel (par Brussel). En total le territoire d'origine néerlandophone mais francophonisé entretemps doit être plus ou moins la moitié du Brabant. Aujourd'hui ça continue dans les communes plus loin de Brussel (Vilvoorde, Zaventem….) où des groupes de militants francophones luttent activement pour obtenir des privilèges linguistiques. Alors, si les francophones disent qu'ils n'ont pas l'intention d'annexer, c'est crédible comme Fourniret qui dit à ces victimes qu'il n'est pas méchant. Ce n'est pas parce que les partis francophones n'a pas mis sur papier l'intention explicite d'annexation, que l'idée implicite n'est pas là. Bien au contraire. Les faits démontrent l'opposé.

FAIT: Par contre, je ne connais aucune commune, probablement même aucun quartier dans le pays, où il y avait jadis une grande majorité de francophones, mais aujourd'hui une grande majorité de néerlandophones. L'idée de la Flandre culturellement impérialiste n'a pas la moindre base. Les faits démontrent l'opposé.

FAIT: Aucun projet politique Flamand a l'intention de défendre les gens de parler français en Flandre. Cet interprétation témoigne de préjudice ou de mauvaise foi. Les francophones pourront toujours parler français entr'eux. On demande seulement que tous les résidents en Flandre essaient au moins d'apprendre aussi le néerlandais pourqu'ils puissent s'intégrer (en général, les étrangers (même les Français) n'ont pas de problèmes avec ce règle évident; seulement les francophones Belges voient ça comme une menace).

FAIT: Les dixaines de milliers de Flamands qui vivent dans la partie francophone ne demandent pas de voter pour des représentants de leur propre communauté, et ils n'ont dailleurs pas le droit non plus. Dans chaque maison communale Wallonne, la loi préscrit : "néerlandais interdit pour des actes officielles", mais pour les néerlandaphones que vivent là, cela ne pose aucun problème. Seulement les francophones immigrés en Flandre demandent des privilèges. (tiens, pourquoi est-ce que les néerlandophones tellement bornés n'ont pas de problèmes à s'adapter, pendant que les francophones avec leur culture mondiale ne le peuvent pas ?)
Si tous les francophones seraient aussi flexibles que les Flamands, il n'y aurait aucun problème linguistique.


Pour les aspects enseigement etc, je ne parlais pas de la situation actuelle, mais de la situation idéale. Pour la proposition de Di Rupo, je crois bien qu'elle n'est effectivement pas réalisable. Le ministre Vandenbroucke a permis quand-même des essais dans une sélection (19) d'écoles Flamandes, entr'autre dans l'école de mon fils, qui y suit une ou deux heures par semaine de 'français appliqué'. Je constate que ce n'est effectivement pas réalisable. C'est une façon d'enseignement qui est peu productive. Les leçons traditionnelles sont meilleures. L'idée de Di Rupo semble bonne, mais elle ne l'est pas, certainement pas en Flandre, où la qualité de l'enseignement du français est déjà très bonne. Peut-être la manque de flexibilité culturelle/linguistisque des françophones est due à la pauvre qualité de l'enseignement des langues dans la plupart des écoles francophones (FAIT) , mais ceci n'est pas une excuse. Le résultat c'est que celui qui fait l'effort d'apprendre la langue de l'autre et puni parce qu'il doit s'adapter à l'autre, et que celui qui ne fait pas l'effort est récompensé. C'est d'ailleurs un méchanisme qui revient encore dans d'autres domaines dans les relations entre Flamands et francophones.

Voilà, j'ai répondu en detail, et je crois qu'il ne reste plus beaucoup de vos arguments.
Ce qui n'évite pas qu'il faudra trouver un compromis.
Je suis toujours prêt à continuer une discussion civilisée.

Écrit par : K. Lemmens | 08/05/2008

Monsieur Lemmens. Je ne souhaite pas entrer dans une polémique. Je souhaite entrer dans un débat, de Francophone ouvert (et pratiquant le néerlandais et l'anglais) à Néerlandophone ouvert. Comme vous ponctuiez votre intervention par "je suis toujours prêt à continuer une discussion civilisée", puis-je dès lors vous demander quelques précisions ?

"FAIT: Brussel et les communes autour qui étaient jadis majoritairement ou presque totalement néerlandophones sont aujourd'hui majoritairement ou presque totalement francophone."

[Question :] de quand à quand Bruxelles a-t-il été majoritairement flamand ?

"C'est une annexation culturelle complète qui n'aurait pas été plus efficace si on avait utilisé des armes, et les majorités francophones dans les communes francophonisées en Flandre ne cachent pas qu'ils désirent de compléter leur travail avec une annexation institutionel (par Brussel)."

[Question :] ne s'agit-il pas là d'une opinion, qui plus est singulièrement belliqueuse ? Lorsque je parle de faits, je souhaiterais que nous souscrivions ensemble à l'observation de faits spécifiques (précision) et mesurables (durée, date, quantité, degré de qualité, pourcentage, mesure, ...).

"En total le territoire d'origine néerlandophone mais francophonisé entretemps doit être plus ou moins la moitié du Brabant."

[Question :] Pourriez-vous me citer les communes qui ont été francophonisées ? Qu'entendez-vous par "francophonisation" ? Est-ce l'arrivée de francophones dans les communes entourant Bruxelles, des Francophones qui viennent donc "enrichir" la Flandre ?

"Aujourd'hui ça continue dans les communes plus loin de Brussel (Vilvoorde, Zaventem….) où des groupes de militants francophones luttent activement pour obtenir des privilèges linguistiques."

[Question :] quels groupes de militants ? Pourriez-vous donner des noms de groupes ? Des dates précises des actions qu'ils auraient menées ?

"Alors, si les francophones disent qu'ils n'ont pas l'intention d'annexer, c'est crédible comme Fourniret qui dit à ces victimes qu'il n'est pas méchant."

[Question :] Pourriez-vous vous affranchir de comparaisons inadéquates et rester dans un ton qui sied à la courtoisie ? Je ne pense pas que cela plaise aux Francophones d'être comparés à Michel Fourniret. Merci beaucoup.

"Ce n'est pas parce que les partis francophones n'a pas mis sur papier l'intention explicite d'annexation, que l'idée implicite n'est pas là. Bien au contraire. Les faits démontrent l'opposé."

[Question :] je demande justement à ce que vous citiez les faits, car jusqu'ici, votre réponse ne contient que des opinions. "If you can't put it in figures, it's no science ... it's an opnion".

"FAIT: Par contre, je ne connais aucune commune, probablement même aucun quartier dans le pays, où il y avait jadis une grande majorité de francophones, mais aujourd'hui une grande majorité de néerlandophones."

[Question :] ... Et cela démontre quoi ? Que les Flamands s'adaptent très bien ? Que les Wallons accueillent très bien ?

"L'idée de la Flandre culturellement impérialiste n'a pas la moindre base. Les faits démontrent l'opposé."

[Question :] où sont les faits, Monsieur Lemmens ? Attention, je n'ai pas déclaré que la Flandre était "impérialiste".

"FAIT: Aucun projet politique Flamand a l'intention de défendre les gens de parler français en Flandre."

[Précision :] Si ! Mais cela se fait différemment. Je vous renvoie à une déclaration de Monsieur Luk Van Biesen (Open VLD) qui déclarait en 2007 que "bientôt, le seul endroit où il sera permis de parler français ce sera à la maison". Il ne s'agit dès lors pas d'interdire le français mais d'en circonscrire les lieux où on peut le parler.

"On demande seulement que tous les résidents en Flandre essaient au moins d'apprendre aussi le néerlandais pourqu'ils puissent s'intégrer (en général, les étrangers (même les Français) n'ont pas de problèmes avec ce règle évident; seulement les francophones Belges voient ça comme une menace)."

[Précision :] Je suis d'accord avec vous sur le fait que les Wallons devraient davantage apprendre à parler le Néerlandais. Quant aux gens de la périphérie de Bruxelles, ils sont souvent bilingues, voire trilingues. Et pas mal d'entre eux ont mis leurs enfants dans des écoles flamandes pour deux raisons : (1) la qualité de l'enseignement (2) leur permettre de communiquer dans la langue de l'autre communauté. Au final, cela leur conféfère, sur le marché du travail, un énorme avantage.

"FAIT: Les dizaines de milliers de Flamands qui vivent dans la partie francophone ne demandent pas de voter pour des représentants de leur propre communauté, et ils n'ont dailleurs pas le droit non plus."

[Question :] Ne connaissant qu'une seule localisation à cheval sur deux régions, BHV précisément, je ne vois pas où les Flamands pourraient souhaiter voter pour des représentants de leur communauté linguistique, hormis BHV naturellement. Pourriez-vous me dire où votre raisonnement s'applique ?

"Dans chaque maison communale Wallonne, la loi préscrit : "néerlandais interdit pour des actes officielles", mais pour les néerlandaphones que vivent là, cela ne pose aucun problème."

[Question :] N'est-ce pas la même chose en Flandre, hormis BHV naturellement ? Je suis néanmoins intéressé que vous me montriez dans quel texte officiel il est indiqué que le "Néerlandais est interdit". De mon côté, je vais tenter l'expérience du côté Wallon (Fosses-la-Ville) en m'adressant à la commune en flamand et en prenant note de leur réaction. Je ne manquerai pas de vous en faire part.

"Seulement les francophones immigrés en Flandre demandent des privilèges. (tiens, pourquoi est-ce que les néerlandophones tellement bornés n'ont pas de problèmes à s'adapter, pendant que les francophones avec leur culture mondiale ne le peuvent pas ?)"

[Demande :] pourriez-vous demeurer courtois, s'il vous plaît ? Je ne pense pas avoir été agressif. Je demande de simples précisions. Merci beaucoup.


"Si tous les francophones seraient aussi flexibles que les Flamands, il n'y aurait aucun problème linguistique.

Pour les aspects enseigement etc, je ne parlais pas de la situation actuelle, mais de la situation idéale."

[Précision :] vous avez parlé de financement de l'enseignement francophone par les autorités flamandes. Vous devez admettre que ce n'est donc pas le cas puisqu'il s'agit bel et bien d'une dotation de l'Etat Fédéral.

"Pour la proposition de Di Rupo, je crois bien qu'elle n'est effectivement pas réalisable. Le ministre Vandenbroucke a permis quand-même des essais dans une sélection (19) d'écoles Flamandes, entr'autre dans l'école de mon fils, qui y suit une ou deux heures par semaine de 'français appliqué'. Je constate que ce n'est effectivement pas réalisable. C'est une façon d'enseignement qui est peu productive. Les leçons traditionnelles sont meilleures."

[Remarque :] vous niez le succès des écoles internationales où l'enseignement est parfois prodigué en 3 ou 4 langues différentes à proportions quasi égales. Les élèves y apprennent ainsi l'anglais, l'allemand, le français qu'ils se mettent à parler comme des natifs.

"L'idée de Di Rupo semble bonne, mais elle ne l'est pas, certainement pas en Flandre, où la qualité de l'enseignement du français est déjà très bonne."

[Remarque :] l'idée ne provient pas de Monsieur Di Rupo ... elle flotte depuis de très nombreuses années dans l'esprit des citoyens, la plupart du temps, déjà bilingues. Elle est "crevante" de simplicité. Si on veut la propager à l'ensemble de la Belgique, il suffit d'octroyer des primes à des Francophones qui s'installeraient en Flandre pour y enseigner le français et de faire l'inverse avec des professeurs flamands. L'enseignement serait prodigué pour moitié en Néerlandais et pour moitié en Français. Néanmoins, je vous suis lorsque vous écrivez que "la qualité de l'enseignement du français est déjà très bonne (en Flandre)". Je me base sur mon expérience de parent avec deux fils qui ont fréquenté les établissements néerlandophones.

"Peut-être la manque de flexibilité culturelle/linguistisque des françophones est due à la pauvre qualité de l'enseignement des langues dans la plupart des écoles francophones (FAIT)"

[Question :] j'ai tendance à vous suivre dans votre remarque mais pourriez-vous relater l'étude qui vous propulse à porter ce jugement ?

"Voilà, j'ai répondu en detail, et je crois qu'il ne reste plus beaucoup de vos arguments"

[Remarque :] non, Monsieur Lemmens, vous m'avez présenté de nombreuses opinions, dont certaines me semblent être dignes d'intérêt mais aucun fait que je pourrais retenir dans une démarche scientifique. Je suis désolé.

"Ce qui n'évite pas qu'il faudra trouver un compromis."

[Réponse :] oui, cela me semble important pour le respect de nos deux communautés.

"Je suis toujours prêt à continuer une discussion civilisée"

[Réponse :] Je suis votre obligé, cher Monsieur.

Écrit par : Patrick Boens | 08/05/2008

Vous êtes sans doute une personne aimable, mais après avoir lu votre dernière réaction, je ne pense pas que la discussion a encore beaucoup de sense. C'est comme vous me demandez de prouver que 1+1=2. J'ai l'impression que nous venons d'une autre planète. La constatation est triste, m&is notre petite discussion est la réflexion parfaite de la Belgique. Ma conclusion: Il faudra complètement réinventer la Belgique et discuter de vraiment tout. Si on ne fait pas comme ça, ça va finir mal, très mal. Moi, j'ai deux fils. Quand ils seront grands, je vais les conseiller d'émigrer. Je ne crois pas que ce pays a encore une future.

Écrit par : K. Lemmens | 09/05/2008

Monsieur Lemmens, je constate que vous abandonnez une discussion basée sur des faits tangibles, observables, mesurables ... et indiscutables.

Vous ne devez pas nous prouver que 1 + 1 font bien 2. Il s'agit de mettre vos "révélations" en perspectives et de les prouver. Manifestement, lorsqu'on vous demande de prouver les choses -- et nous de les entendre -- vous établissez le silence radio. Tenez, lorsque vous parlez de "groupuscules qui militent à Zaventem ou Vivorde" je ne cherche qu'à savoir comment ils s'appellent, et quelles furent leurs actions. Nous, les Francophones de la périphérie, cela ne nous poserait aucun problème de parler du TAK et de ces actions. Nous pourrions vous donner des dates, des photos, ... Voilà des faits, Monsieur Lemmens.

Et, hélas oui, vous nous donnez une image bien triste de ce que peuvent être les préjugés flamands, les idées reçues, les rumeurs, les échos, les racontars, ... la clabauderie.

Il faudrait que vous en finissiez avec cette attitude pour que vous puissiez enfin vous targuer du succès économique si étonnant de la Flandre ... quand 150000 francophones de la périphérie contribuent aujourd'hui à cette merveille économique, soit comparé à la population de la Flandre, environ 2.5%.

Savez-vous, Monsieur Lemmens, que la Flandre contribue pour 65% à la richesse du pays et que sa population représente 60% du pays. Vous, Flamands, contribuez donc à raison de 5% de plus que ce qui est attendu. Renversez les 2.5% de Francophones de la périphérie et donnez-les à Bruxelles ou à la Wallonie, et nous obtenons une situation d'équilibre, Monsieur Lemmens. Mais c'est vrai, avec 60% de Flamands et 40% de Francophones et Germanophones.

Écrit par : Patrick Boens | 10/05/2008

Intéressante et instructive discussion entre MM. Lemmens et Boens. Bien dans la ligne de l'Edito : on retrouve chez Mr Boens l'attitude typique empreinte de romantisme et de subjectivité véhiculée par un certain nombre de citoyens et medias du nord du pays depuis Henri Conscience (le seul fait francophone est ressenti comme une agression) et chez Mr Lemmens la recherche francophone d'un terrain réaliste et objectif sur lequel on puisse construire quelque-chose, mais que Mr Boens fuit car cela le force à sortir de la dialectique flamande ("Ne pas suivre aveuglément le point de vue flamand c'est ne pas reconnaître les Flamands" : mais comment se réconcilier avec quelqu'un qui n'accepte pas d'être contredit ?).

Écrit par : Je sais | 12/05/2008

A la relecture de mon texte, je m'aperçois qu'à la place de "Mr Lemmens" il faut lire "Mr Boens" et inversément. Maladroite inversion due à la présentation des commentaires où, en fait, le nom de l'auteur se trouve après la barre en dessous du texte et non avant la barre au-dessus du texte. Toutes mes excuses au lecteur qui aura fait la correction...:=))

Écrit par : Je sais | 12/05/2008

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