Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

29/04/2008

Yves Leterme, enfin !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

 

 Le Premier ministre, dos au mur, a fini par bouger. Hier soir, en conseil des ministres restreint il a, pour la première fois, proposé un plan pour sortir de l’impasse dans laquelle le précipitait le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

 

Une proposition évidente, la seule possible : joindre le dossier BHV au deuxième paquet de compétences à négocier d’ici le 15 juillet. Rien d’autre que le respect de l’accord de gouvernement. Rien d’autre que ce qu’avait prévu le groupe des sages qu’Yves Leterme va réunir dans les prochaines heures et qui comprend des représentants de l’ensemble des partis démocratiques.

 

On ne sait pourquoi Yves Leterme a voulu attendre d’être acculé pour formuler sa proposition. A moins que le Premier ministre soit aujourd’hui totalement isolé au sein de sa propre famille politique tenue en laisse par son encombrant allié de cartel, la NV.A. Car , du côté des séparatistes flamands on s’étrangle à l’idée de respecter l’accord conclu.

 

Il est vrai qu’en négociant l’avenir de BHV en même temps que les nouvelles compétences à régionaliser la Flandre est ébranlée dans ses certitudes d’une scission pure et simple de cet arrondissement explosif.

 

Il aura fallu, pour que le Premier ministre sorte de l’atonie, que les francophones se montrent intransigeants sur le respect des accords, quitte à mettre en jeu la survie de Leterme Ier. Le Front des francophones, conduit par Didier Reynders , vient de démontrer toute son utilité. Voilà donc un instrument qu’il faut consolider et qu’il convient de pérenniser en réformant pour les rendre plus efficaces les institutions régionales et communautaires francophones.

 

Les heures qui viennent diront si cette majorité de Leterme à un avenir ou si une crise d’état pointe à l’horizon.

 

 

28/04/2008

Le pire est à venir

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Le citoyen a, il faut bien le dire, quelques difficultés à comprendre la stratégie du Premier ministre. Depuis le 7 novembre 2007 Yves Leterme sait que le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde reviendra, d’une manière ou d’une autre au centre des préoccupations politiques aussi sûrement que le muguet en mai.

 

Il sait aussi que le dossier est chargé symboliquement car il incarne ce que l’on pourrait nommer « l’abus de majorité linguistique » : la Flandre majoritaire contre les francophones minoritaires. Il touche donc à l’essence même du mode de vie d’un état composé de communautés différentes.

 

Leterme en est même tellement persuadé qu’il a inscrit en toutes lettres à deux reprises la volonté d’éviter le passage en force : dans le groupe des sages d’abord, qui regroupe l’ensemble des partis démocratiques du nord et du sud ; dans l’accord de gouvernement ensuite.

 

Et pourtant, depuis le 7 novembre, Yves Leterme est resté inactif. Il n’a pas pris la moindre initiative. Il n’a proposé ni pistes de compromis ni même de méthode pour aborder ce dossier.

 

En refusant aujourd’hui de recourir à une procédure de conflit d’intérêt qui renverrait l’examen de BHV au mois de septembre, les francophones ne font rien d’autre que demander au Premier ministre de mettre en œuvre l’accord de gouvernement. C’est-à-dire d’entamer la négociation prévue. Le Parlement est maître de son agenda, explique Yves Leterme. Certes. Et la majorité est maître de l’agenda. Obsédé par les séparatistes flamands, le CD&V est tétanisé par son encombrant allié de cartel de la NV.A. Les sociaux-chrétiens flamands n’osent plus assumer leurs choix et sont prêts à renier leur signature. Et Yves Leterme, leader incontestable de son parti il y a un an à peine, se comporte comme s’il avait perdu tout son crédit au sein de sa propre famille.

 

L’atonie d’Yves Leterme augure mal du futur. Le pire est à venir.

 

 

25/04/2008

Attendre et voir venir

Édito

La Libre Belgique 

Par Michel Konen

Nous sommes dans une position de vigilance positive !"

Les francophones, réunis hier à l'invitation de Didier Reynders ont, sans surprise, décidé d'attendre et de voir venir.

 

C'est avec une sérénité quelque peu affectée qu'ils ont accueilli la fin de la période de gel de l'explosif dossier de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Certes, la procédure du conflit d'intérêt initiée par le Parlement de la Communauté française n'a pas permis de trouver une solution négociée. Pas plus que la réunion du Comité de concertation qui met face à face ministres régionaux et ministres fédéraux. Et il est vrai que dès le 30 avril, peut-être, dès le 8 mai sûrement, la proposition de loi adoptée à l'unanimité des voix flamandes en commission de l'Intérieur en novembre 2007 pourra reprendre son parcours parlementaire normal.

Les parlementaires flamands de l'opposition, Vlaams Belang en tête, réclament déjà qu'il en soit ainsi et bouillent d'impatience. C'est normal. Que certains parlementaires flamands de la majorité, ceux de la NV.A, évidemment, mais aussi du CD & V - parti du Premier ministre - trépignent eux aussi à l'idée de croiser à nouveau le fer communautaire est, en revanche, plus inquiétant.

Il suffirait aux francophones de relancer une procédure de conflit d'intérêt en activant le Parlement wallon pour gagner 120 jours. Leterme Ier peut-il dès lors dormir sur ses deux oreilles ? Que nenni !

A raison, les francophones ont décidé de tester la solidité de la coalition. Et la capacité d'Yves Leterme de faire respecter les accords. Car le Premier ministre ne pourra, cette fois, rester au balcon. En effet, Les présidents de partis francophones ont notamment rappelé que la recherche d'une solution négociée sur BHV d'ici mi-juillet faisait partie de l'accord sur le premier paquet de réformes institutionnelles.

Par conséquent l'inscription à l'agenda de la Chambre de l'examen de la proposition de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde serait un casus belli. "Toute tentative de passage en force de la proposition de loi flamande, ouvrirait non pas une crise politique mais une crise d'Etat", a prévenu Joëlle Milquet.

Yves Leterme, qui n'a rien proposé encore, ferait bien d'entendre ce sombre avertissement.