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23/04/2008

Congo, les exigences De Gucht

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Karel De Gucht, le bouillant ministre des Affaires étrangères a donné le la. Depuis qu’il est aux affaires, De Gucht a décidé de tenir aux autorités congolaises le langage de la vérité. Et il ne prend aucune précaution oratoire. Il a dit et redit, hier, les exigences de la Belgique – et de l’Europe - : il faut que le Congo progresse en matière de respect des droits de l’homme et de bonne gouvernance. Et il a dénoncé ceux qui s’enrichissent éhontément au détriment de la population.

 

Un discours qui n’a pas plu et qui a jeté un froid. Le Président Kabila, qui n’a pas manqué de manifester sa mauvaise humeur en faisant lanterner la délégation, a rappelé, lui, que son pays était un état souverain et qu’il entendait être respecté.

 

Une chose a changé ces dernières années. Les traditionnels soutiens occidentaux de Kabila ne sont plus seuls sur le terrain. Les pays émergents, qui connaissent une croissance économique forte,  sont devenus des acteurs majeurs. A travers leur politique de coopération, ils se placent sur le terrain de la géostratégie mondiale et se cherchent des sphères d’influence. Et le Congo qui regorge de matières premières est un pays qui retient toute leur attention.

 

Désormais des pays comme le Brésil, les Emirats arabes unis et  la Chine sont devenus des acteurs de premier rang. La Chine surtout qui vient de signer un contrat fabuleux de reconstruction des infrastructures contre des contrats miniers portant sur le cuivre, l’or et le cobalt.

 

Kabila se sent en position de force et fait monter les enchères d’autant que ces pays ne sont pas trop regardants sur les questions de bonne gestion de l’état ou de respect des droits de l’homme. La mondialisation a aussi des aspects politiques.

 

Au moment où les opinions publiques exigent de leurs responsables des pressions sur la Chine olympique, c’est tout à l’honneur de la Belgique de rappeler au Congo ses exigences dans un domaine, l’économie, ou la plupart des pays observent généralement un silence gêné.

 

 

Commentaires

J'ai beaucoup apprécié l'édito de Michel Konen intitulé "Le Standard en appui du plan Marshall", car il invite les wallons à prendre conscience de la nécessité d'agir en équipe soudée et solidaire dans sa lutte de redressement. Cet éditorial fait écho à l'appel aux wallons lancé par le professeur Pirotte de l'UCL au récent congrès de Namur.

Écrit par : Barthélemy Jean | 23/04/2008

Alors soyons conséquents jusqu'au bout.
Sans amélioration, arrêt complet de l'aide financière à ce pays (ainsi qu'aux autres dans le même cas).
Il y a, me semble-t-il, d'autre pays, plus démocratique, plus respectueux qui ont aussi besoin d'aide...

Aaaah... mais juste.. ils n'ont pas de cobalt, de cuivre, d'uranium, de diamant...
Il n'y a pas que les 'dignitaires' du régime congolais qui profitent des mânes de l'aide financières... les pays "donateurs" sont tout aussi intéressé par le "Return On Investment" qu'ils peuvent en faire.

Alors soit, on joue le jeu jusqu'au bout et on applique des sanctions, on redirige l'aide... ou alors, ce n'est que poudre aux yeux et il ne s'agit pas d'aide mais de corruption d'un appareil d'Etat vu que l'argent serait donné en connaissance de cause...

Écrit par : Chaos Theory | 23/04/2008

Sur le même sujet, l'article du blog de PourquoiPas? me semble également pertinent : Il y a comme un paradoxe en ce qu'on dit et ce qu'on fait ; entre ce qu'on veux et ce qu'on peux... Bref, l'idéal est d'être logique avec soit même et d'en être "récompensé", hélas notre monde n'est pas fait de la sorte, si notre ministre des affaires étrangère dit à la chine ce qu'il pense "comme au congo", nous aurrions des soucis... Et si au Congo, il allait au bout de sa logique, là aussi nous aurrions des soucis, seul avantage, il peut aller plus loin avec le Congo... Mais pas encore assez. A part cela, hélas, le Congo est toujours à vendre... C'est pas un pays mais une mine à ciel ouvert avec de pauvre esclaves en option... Troisième millénaire??? Et ben... Pauvre Afrique, pauvres africains.

Écrit par : Politicus | 23/04/2008

Je suis plus mesuré que le commentaire ne le laisse croire... j'ai pris le temps de la nuance sur mon blog.
Néanmoins, il est vrai que l'on peut saluer le discours de De Gucht.
Concernant l'Affrique, j'ai l'impression que leurs soucis actuels sont moins du au né-colonialisme qu'à leurs dirigeants.

Je pense aussi qu'il faut cesser de croire que notre modèle est universel. J'espère pour eux que les Africains trouveront leur modèle pour une démocratie et leur développement. De notre côté, nous ferions mieux de travailler avec eux comme de vrais partenaires commerciaux plutot qu'en corrompant l'un ou l'autre pour avoir le marché...

enfin, moi ce qu ej 'en dis hein...

Écrit par : Chaos Theory | 23/04/2008

Je suis plus mesuré que le commentaire ne le laisse croire... j'ai pris le temps de la nuance sur mon blog.
Néanmoins, il est vrai que l'on peut saluer le discours de De Gucht.
Concernant l'Affrique, j'ai l'impression que leurs soucis actuels sont moins du au né-colonialisme qu'à leurs dirigeants.

Je pense aussi qu'il faut cesser de croire que notre modèle est universel. J'espère pour eux que les Africains trouveront leur modèle pour une démocratie et leur développement. De notre côté, nous ferions mieux de travailler avec eux comme de vrais partenaires commerciaux plutot qu'en corrompant l'un ou l'autre pour avoir le marché...

enfin, moi ce qu ej 'en dis hein...

Écrit par : Chaos Theory | 23/04/2008

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