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10/04/2008

Développement : le devoir et l'intérêt de l'Europe

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Du Pérou à Häiti, du Burkina Fasso à l’Ethiopie, de L’Inde aux Philippines, et même en Australie, en tout une trentaine de pays sur tous les continents, hors l’Europe et l’Amérique du Nord,  connaissent, ces dernières semaines, des émeutes liées à la hausse des prix de l’alimentation et à la réduction de l’offre alimentaire. Particulièrement touchés, les produits de base que sont le riz et le blé.

 

Louis Michel , le Commissaire européen du développement, ne craint pas de parler de Tsunami humanitaire. Les grandes agences des Nations Unies lancent des appels au secours : leurs programmes actuels ne suffiront pas pour faire face aux famines qui s’annoncent. Déjà on parle des émeutes de la faim. Déjà elles ont fait des morts. Des pays hier exportateurs de riz comme l’Inde ou la Chine se muent en importateurs de produits alimentaires. Ailleurs, c’est l’armée qui garde les rizières ou les entrepôts de stockage.

 

En cause, le profond déséquilibre qui s’et installé dans les pays pauvres de la planète. Il y a l’exode des paysans vers les bidonvilles : les productions agricoles hier si mal payées, ont conduit les agriculteurs à tenter leurs chances dans les mégapoles de la pauvreté. L ’agriculture du sud manque de bras. Et aussi le commerce mondial globalisé qui pousse les pays pauvres à se spécialiser dans la production de produits destinés aux pays riches du nord au détriment de la production locale de cultures vivrières.

 

Il convient de revoir les modèles de développement économique et alimentaire des pays du sud. Le Président de la Commission européenne, Juan-Manuel Barroso, vient d’adresser un sévère rappel à l’ordre aux pays membres, les pressant de remplir leurs engagements de consacrer 0,7 pour cents de leur PIB à l’aide au développement. Pour l’instant on en est loin. Les moyens consacrés à l’aide au développement sont même en recul.

 

Développer le sud est une urgence. Pas seulement parce que permettre à chaque homme de se nourrir correctement est le premier des droits de l’homme mais aussi, pour ceux que cet argument ne suffirait pas convaincre, parce que il y va de nos propres intérêts. Nous sommes face à une bombe à retardement qui risque de déstabiliser une grande partie du monde et de rendre ingérable les flux migratoires. Il est du devoir ET de l’intérêt des pays riches d’aider le sud à trouver la voie d’un développement cohérent.

 

 

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